
The Temperance Movement
New Promise Land Incorporated
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Ce serait mentir de dire que le retour de The Temperance Movement aux affaires fût une surprise. Pour tout avouer, quand le groupe avait annoncé sa séparation, ma déception avait été grande mais j’étais persuadé qu’une reformation interviendrait plus rapidement que ne le fit celle des Black Crowes (dont la parenté esthétique est évoquée sur cet album avec le groovy "Always Been Love"). Plusieurs années auront néanmoins été nécessaires pour se remettre des cicatrices laissées par les comportements bien peu tempérants de Phil Campbell, le charismatique chanteur ayant un peu trop vite et profondément adopté les vices des rock stars (entre boisson et drogues dures). Son départ en 2020, puis son court intermède au sein de The Byson Family, ont été suivis d’une mise en silence du groupe jusqu’à ce qu’advienne sa lente résurrection. Des archives sont publiées dès 2021, suivies par un retour sur les planches dont le succès devait déboucher sur une conclusion évidente : il fallait officialiser définitivement le retour de The Temperance Movement en gagnant les studios.
C’est ainsi que New Promise Land Incorporated arrive dans les bacs pour succéder, plus de huit ans plus tard, au très moyen troisième album du groupe, A Deeper Cut (2018) dont la mièvrerie avait englouti l’excellence de son blues-rock sublimé sur les deux premiers opus (The Temperance Movement, 2013 et White Bear, 2016). Il fait cependant plus que lui succéder : il le dépasse largement pour renouer avec l’esthétique propre au combo, celle qui leur avait permis de se faire un nom au sein de la scène revival des années 2010.
Pour ceux qui l’ignoreraient, The Temperance Movement fait partie de cette catégorie de groupes grands-bretons (en l’occurrence, écossais) qui sonnent comme s’ils venaient du Michigan, de New York ou de Floride – une voie qui avait été dessinée par Bad Company, Nazareth et Foghat dans les 70s. Ces sonorités américaines hantent toujours le rock du combo, d’"Eat You Alive", aussi roots que saisissant par ses mélodies évidentes et terriblement incarnées, à "Silverlight Blues", dont le blues lumineux évoque les southern states jusque dans ses variations instrumentales assez bien vues. Le titre d’ouverture, "Shadows", rappelle Aerosmith, celui des 70s, par son alliance hypnotisante entre des traits de guitare heavy et un ambiance psychédélique. Seul "Love Kicks" s’avère profondément britannique, même si finalement, il revisite la musique populaire étatsunienne sous la forme d’un pub rock dansant.
Sur une bonne moitié d’album, The Temperance Movement se montre fort… tempéré. À mi-chemin, il inaugure un intermède langoureux avec "Scars", dont la douceur ne suffit pas à le confiner au statut de simple slow du fait de guitares saturées. Il évite donc les écueils d’A Deeper Cut, tout comme "Mongrels" qui le suit sur une note blues-folk, puis "Hometown Kings & Queens", qui donne certes un peu plus dans la guimauve. Le final est l’occasion d’une nouvelle phase apaisée, soit complétement folk avec "Saving Grace", soit plus électrique avec "Let It All Out".
Quel beau comeback que celui de The Temperance Movement ! Il devrait satisfaire les orphelins du groupe voire même, selon l’efficacité de sa médiatisation, élargir son public en quête d’une nouvelle terre (musicale) promise.
À écouter : "Shadows", "Eat You Alive", "Always Been Love", "Silverlight Blues"


















