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Critique d'album

Accept


Russian Roulette


(21/04/1986 - Portrait / BMG - Heavy / Power / Speed - Genre : Hard / Métal)
Produit par Accept

Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Back in the rUSSian Roulette"
François, le 15/08/2026
( mots)

Durant la Guerre Froide, plusieurs alternatives s’offraient aux groupes allemands de la RFA pour traiter la situation de leur pays et du monde. Comme Scorpions, il était possible de tomber dans la célébration émue (voire mièvre) d’un changement salutaire : ce sera "Wind of Change" en 1989. Comme Accept, on pouvait se servir de la sensibilité du contexte pour tomber dans la provocation, en se grimant en officiers russes par exemple, tout en signant un manifeste antimilitariste à souhait – et pas uniquement en direction de la seule URSS (qui n’est jamais directement concernée par les paroles d’ailleurs). Ce choix n’est pas sans conséquence, puisqu’à la sortie de Russian Roulette en 1986, Accept passait pour une cinquième colonne soviétique déguisée en groupe de Metal allemand aux États-Unis … Et pour des trublions moqueurs de la splendeur du communisme à l’Est.


Accept était un danger d’autant plus grand qu’après Metal Heart, celui-ci était devenue l’une des formations metalliques les plus vue du globe. Pourtant, le succès et la beauté de cet opus avait laissé un sentiment paradoxal au groupe qui souhaitait retrouver la rudesse de Balls to the Wall (1983). C’est pourquoi les musiciens décident de se séparer de Dieter Dierks pour diriger eux-mêmes (avec l’aide de leur ancien acolyte Michael Wagener) l’ensemble du processus, d’une façon longue et pointilleuse.


Le retour vers Balls to the Wall se fait particulièrement ressentir sur "Russian Roulette" avec son introduction AC/DC-ienne, son refrain époustouflant et son solo mélodique impeccable. Plus encore, le long "Heaven Is Hell" fait un clin d’œil à "Balls to the Wall" et se place à la limite du pastiche, si ce n’est le très long pont cinématographique en fin de morceau. La plupart des titres est un concentré du savoir-faire du groupe – à savoir l’association de riffs dantesques, de lignes de guitares mélodiques et virtuoses, de refrains mémorables aux chœurs bombastiques. Citons le très bon "Monsterman", le véloce "T.V. War", le plus anecdotique "Walking in the Shadow", et final imparable "Stand Tight". Accept renoue même avec ses racines priest-iennes sur "Another Second to Be" qui propose de magnifiques soli et témoigne d’un bel effort sur les chœurs.


Le combo réalise beaucoup moins de détours FM, à l’exception de "It's Hard to Find a Way", qui mérite de l’attention pour son chorus, ou du refrain de "Man Enough to Cry", un titre par ailleurs moins inspiré. Enfin, l’excellent "Aiming High" articule parfaitement ce retour vers le passé avec les acquis de Metal Heart, au point d’être un parangon de l’identité sonore d’Accept par son ambition synthétique.


Il est possible que pour le lecteur, Russian Roulette jouisse d’une triste réputation, puisqu’il s’agit du dernier opus avec Udo Dirkshneider. Contrairement aux autres membres du groupe désormais basés aux États-Unis, ce dernier ne souhaite pas adopter les codes esthétiques de cette patrie d’adoption et préfère conserver l’identité d’Accept au sein de son propres combo U.D.O.. Il est alors remplacé par David Reece qui donnera la voix, et la direction FM, à Eat the Heat en 1989 - le successeur étonnant de Russian Roulette qui selon nous, est peut-être le meilleur album du groupe.


À écouter : "T.V. War", "Aiming High","Russian Roulette", "Stand Tight"

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