
Persian Risk
Rise Up
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Les années 1970 avaient mis à mal l’unité du Royaume dans ses périphéries celtiques : l’Irlande du Nord s’enfonçait dans les Troubles sanglants, tandis que le Scottish National Party et le Plaid Cymru montaient dans les urnes au point d’espérer une dévolution, finalement mise en échec en 1979. Cette dynamique politique s’accompagnait d’un renouveau culturel intéressé aux langues, aux traditions et aux musiques anciennes de ces territoires.
Il restait néanmoins un domaine culturel pour rassembler le Royaume-Uni, notamment sa jeunesse désœuvrée en ces temps de crise économique : le rock. Cela est vrai pour les années 1970, mais également pour la décennie suivante, bien que nous ayons tendance à oublier que la New Wave Of British Heavy Metal concerne un espace plus large que la seule Angleterre. En effet, plusieurs combos ont participé à cette dynamique en Ecosse, au Pays de Galles et même en Irlande du Nord (au-delà donc, de la Grande-Bretagne).
Parmi ceux-ci, se trouve l’une des formations les plus prometteuses de la scène selon les témoignages de ses contemporains : Persian Risk. Pourtant, le groupe de Cardiff est complétement tombé dans l’oubli, si ce n’est par la présence de Phil Campbell à la guitare, un membre fondateur qui finira par jeter l’éponge pour rejoindre Motörhead dès 1984. Pourquoi cette oblitération et ce manque de succès ? Rien de plus que le couplet habituel : Persian Risk s’est simplement incliné face à l’immense difficulté à laquelle la plupart des formations de la NWOBHM se confrontaient pour trouver un écosystème prêt à les soutenir. Et en situation périphérique, dans un Pays de Galles industriel particulièrement touché par la crise, l’ampleur de cette difficulté se trouvait d’autant plus accentuée.
Pourtant, le groupe s’est montré opiniâtre. Formé en 1979, Persian Risk se fait un nom sur scène et trouve des labels (Heavy Metal Records, Neat Records – évidemment) prêts à lui offrir l’opportunité de publier des singles ou d’apparaître dans des compilations – soit le parcours classique de la nouvelle vague metallique. Mais entre la frilosité des labels et l’instabilité de la formation, le combo peine à sortir un album complet qui ne verra finalement le jour qu’en 1986, alors même que Persian Risk est déjà au bord de la séparation.
Hélas, Rise Up ne laisse pas complétement entrevoir la fougue du groupe en concert, bien qu’il demeure un album de très bonne facture au sein de la queue de comète de la NWOBHM. Cette publication tardive explique les intonations FM, parfois légères (sur les midtempo "Hold the Line" et "Break Free"), parfois plus affirmées sur "Jane" ou sur le slow "Sky's Falling Down". En définitive, Persian Risk tient un peu du Def Leppard des premiers temps ou des débuts du Glam Metal, non sans talent comme en témoigne l’irrésistible "Brave New World". De fait, Carl Sentance s’avère être un très bon chanteur, tout à fait compétent dans ce registre, mais il se montre tout aussi puissant quand le groupe décide de bander un peu plus les muscles : on notera sa prestation sur l’hymne "Rise Up" au chorus jouissif ou sur "Don't Turn Around", un Heavy Speed dans la lignée d’Iron Maiden.
L’aspect généralement easy-listening de l’opus n’empêche pas de trouver de bonnes idées pour enrichir les compositions : "Women and Rock" dispose de belles fioritures derrière son riff de prime abord simpliste, "Dark Tower" bâtit un pont solide en guise de transition vers le solo – seul "Rip It Up" mise sur une démonstration de force directe et sans anicroche.
Sorti trop tard pour espérer le moindre succès, Rise Up est le témoignage émouvant d’un groupe doué dont le destin était déjà scellé au moment de sa parution : son matériau composite, issu de plusieurs années d’activité, illustre également les évolutions de la NWOBHM, passant de l’intransigeance Heavy vers des horizons plus FM.
À écouter : "Women and Rock", "Rise Up", "Brave New World"
















