
Vardis
The World's Insane
Produit par
1- Power Under Foot / 2- Money Grabber / 3- The World's Insane / 4- Blue Rock (I Miss You) / 5- Silver Machine / 6- Police Patrol / 7- All You'll Ever Need / 8- Curse The Gods / 9- Love Is Dead / 10- Steamin' Along


Le bon chroniqueur doit savoir déjouer les pièges et débusquer les ruses de l’histoire du rock.
Par exemple, même si Vardis s’affiche en pleine performance live sur la pochette de The World’s Insane, ce dernier est techniquement parlant, le premier album studio du groupe. Or, il est impossible de le considérer comme le premier opus du trio puisqu’en 1980, celui-ci avait inauguré son entrée dans les bacs avec un album live, 100 M.P.H., qui dévoilait toute l’énergie et le savoir-faire de cette jeune pousse de la New Wave of British Heavy Metal. Porté par la puissance du chant et du jeu de guitare de Steve Zodiac, le combo tentait de faire son chemin au sein de la nouvelle vague en proposant un Metal encore très marqué par le hard-rock des 70s, et notamment par Status Quo et Rory Gallagher. Et 100 M.P.H. avait permis de présenter une collection de compositions plutôt accrocheuses, si bien que Vardis s’était vu programmer aux côtés d’autres formations émergeantes (Saxon) ou de grands noms plus établis (Motörhead, Hawkwind).
Ce prime succès ouvrait également la porte des studios où le power-trio se rend pour mettre au monde son premier album enregistré dans ces conditions, The World’s Insane, publié en 1981.
Sur le plan musical, ce dernier est un prolongement de 100 M.P.H. : même influence venue de Gallagher sur "Power Underfoot" (renforcée par des similitudes au chant de Zodiac) combinée à celle de Status Quo sur la chevauchée de "Money Grabber" (rehaussé d’une harmonica), "Love Is Dead" (aux très beaux plans de guitares) ou sur "Curse The Gods". Le patronage de Status Quo est désormais absolu puisqu’Andy Brown en personne est invité à jouer les lignes de piano sur "Blue Rock (I Miss You)".
En outre, le blues-rock continue d’être une racine solidement ancrée dans le sol esthétique du combo (voir le midtempo "The World's Insane"), de même que le rock’n’roll ("Steamin' Along"), et le Glam-rock sur "All You'll Ever Need" et "Blue Rock (I Miss You)". Ce sous-genre est une inspiration assumée par Vardis si bien que ces titres préfigurent une future tournée avec Slade. Et si l’on peut reprocher au groupe de manquer d’originalité, le trio surprend par une reprise boogie-rock de "Silver Machine" d’Hawkwind et par l’ajout de cornemuse sur "Police Patrol" rendant le titre mémorable.
Tout le monde convient qu’au sein de la NWOBHM, Vardis demeure un groupe trop ancré dans les années 1970 pour vraiment marquer la nouvelle ère en train de se dessiner. De même, The World’s Insane ressemble trop à son prédécesseur pour prétendre à la première place de sa discographie, d’autant plus qu’il n’atteint jamais la fougue de 100 M.P.H.. Cependant, passés ces éléments contextuels qui sont autant de bémols, cet opus aura le mérite de faire passer un très bon moment à de nombreux auditeurs – ce qui était sûrement sa mission initiale.
À écouter : "Police Patrol", "Power Underfoot", "Money Grabber"

















