↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Lunatic Soul


The World Under Unsun


(31/10/2025 - Inside Out - Ambient- électro-world prog - Genre : Autres)
Produit par Mariusz Duda

1- The World Under Unsun / 2- Loop of Fate / 3- Good Memories Don’t Want to Die / 4- Monsters / 5- The Prophecy / 6- Mind Obscured, Heart Eclipsed / 7- Torn in Two / 1- Hands Made of Lead / 2- Ardour / 3- Game Called Life / 4- Confession / 5- Parallels / 6- Self in Distorted Glass / 7- The New End
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (1 vote)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.0/5 pour cet album
"Le double album de Mariusz Duda rate le sublime... à un titre près"
Nicolas, le 06/10/2026
( mots)

Presqu’un an que ce double album du projet solo / basse de Mariusz Duda est sorti, et depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. On a appris au printemps dernier la mise à mort de Riverside après le départ de l’intéressé qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain bassiste égotique, Duda ayant été jusqu’à déclarer, à l’instar de Roger Waters vis-à-vis de Pink Floyd, que Riverside ne pourrait pas survivre sans lui. Remarquez, dans le cas qui nous occupe, on est tout disposé à lui donner raison tant le polonais représente le cœur et l’âme de ce groupe culte, son chanteur, son compositeur et son parolier emblématiques. Officiellement, Riverside n’est pas mort, mais entre nous, c’est tout comme. Dans le même temps, et nous l’avons d’ailleurs annoncé sur Albumrock, Lunatic Soul s’éloigne d’un simple projet solo avec l’intégration d’un line-up de musiciens à temps plein : Michal “Fox” Król aux claviers, Mateusz Owczarek à la guitare et Michal "Malina" Malinski à la batterie. Album et tournée au printemps. Une bien bonne nouvelle, surtout quand on a goûté à la qualité de ce disque-ci.


Presqu’un an depuis la sortie de The World Under Unsun, and so what? Pourquoi ne pas l’avoir chroniqué plus tôt ? Mea maxima culpa, la faute en revient à l’auteur de ces lignes qui a dû bien malgré lui se tenir à distance de la rédaction pendant… bien trop longtemps. De là à dire que mes petits camarades auraient pu prendre la relève, il n’y a qu’un pas que je pourrais être tenté de franchir tant ce disque regorge de qualités. Bien qu’un poil en retrait de son remarquable grand frère (Through Shaded Woods, que l’on vous recommande toujours aussi chaudement), TWUU ne démérite pas. On pourrait simplement lui reprocher un poil de longueur inutile, comme on le voit bien souvent dans la plupart des doubles albums. Car il s’agit bien d’une double galette : quatorze titres (sept plus sept), quasiment quatre-vingt-dix minutes de grande musique… un bien beau programme nous est ici proposé. Et quand on regarde l’invraisemblable qualité de la disco de Lunatic Soul, par bien des aspects meilleure que celle de Riverside (du moins amha), on ne peut que constater que The World Under Unsun est à placer dans le haut du panier de ce projet si atypique mariant pop, électro, basse, ambient, heavy metal et folk d’Europe centrale avec une grande, une très grande réussite.


Avec une entame absolument somptueuse : arpèges de basse en octaves cristallins, petites trouées synthétiques poignantes, ode pop en mode tonale d’une grande pureté, “The World Under Unsun” place la barre au dessus de l’Everest, et dès lors on frémit à l’idée que Through Shaded Woods se voie dépassé, un espoir longtemps maintenu au fil d’une écoute passionnante, alternant longues pièces progressivo-futuristes et courtes balades d’une troublante luminosité. Cette alternance en apparence un peu artificielle fonctionne très bien sur le rythme d’un double album, les brèves respirations ménageant une écoute qui pourrait sinon s’avérer un rien fatigante au vu des digressions retrouvées. Globalement le début du disque ne souffre d’aucune critique : que ce soit dans l’électro ambient tripant çà et là assombri de giclées de quatre cordes inquiétantes (“Loop of Fate”) ou dans la danse futuriste qui vrille dans le psychédélisme spatial (“Monsters”, addictif), la machine Lunatic Soul fonctionne à plein régime, apaisée par l‘enivrante pause “Good Memories Don’t Want To Die” avec sa basse utilisée comme une harpe et ses nappes soyeuses de violoncelle : su-blime. On confirme ici une ambiance moins terrienne, moins “roots” et folk que celle de Through Shaded Woods, mais nous invitant non moins au voyage. 


La plus belle pièce du lot est sans doute “”Mind Obscured, Heart Eclipsed”, quasi instrumentale du début à la fin (avec un puissant interlude chanté à mi-parcours), articulée autour d’une ligne de basse maligne (comme souvent avec les trouvailles musicales de Duda), et que dire si ce n’est que c’est encore du très grand art, entre harmonies savantes, décalages rythmiques et canons enchevêtrés, et le petit solo de sax qui va bien - avec même un petit clin d’œil à Pink Floyd quand le maître des lieux chante “My mind is obscured by clouds”. Le prog avec un grand P, une véritable leçon de genre à déguster sans modération. Et quand on sait que ce point culminant est encadré par deux superbes bijoux alanguis, le mélancolique “The Prophecy” - il s’agit de la pièce douce la plus prégnante de l’album - et l’incroyable piano voix “Torn In Two”, très Wilsonnien dans l’âme (mais on sait que Mariusz Duda et Steven Wilson sont en réalité des frères jumeaux séparés à la naissance), on a de quoi se pâmer de bonheur.


Ne tournons pas autour du pot, le second disque est un tout petit cran en dessous. Rien d’indigent, notez. “”Hands Made of Lead” et son metal prog traversé de nappes piano / synthés, bringuebalé, retourné, renversé en tous sens, c’est du grand art, tour à tour cogné, planant, inquiétant et rassérénant. “Ardour”, c’est du même tonneau, avec cette espèce d’ode martiale aux lourdes percussions guerrières que cisaillent les mélodies instrumentales telluriques de l’animal maître à bord. Ici, on est presque raccord avec l’ambiance de Through Shaded Woods, preuve que le présent n’a pas tout à fait cédé sa place au futur. Idem pour l’ambiance presque shamanique de “Game Called Life”, très Dead Can Dance dans l’esprit - l’influence du duo anglo-australien est une constante chez Lunatic Soul, bien que l’on sente déjà une petite baisse en termes de cohérence globale. Mais rien de méchant, on reste conquis. Le souci est que les digressions se poursuivent, avec un “Parallels” qu’on jurerait sorti de “Transition II”, le morceau caché de Through Shaded Woods, qui ici colle (un peu) moins bien à l’ensemble. Et puis, et puis le seul “faux pas” (et c’est un bien grand mot) survient bien tardivement avec le longuet “Self In Distorded Glass”, un peu balourd, un peu plan plan côté mélodique, qui se tient heureusement un peu mieux dans ses digressions arabisantes mais le titre peine à rivaliser avec ce qui précède… Et c’est dommage parce qu’on frisait le sans faute. D’autant qu’avant et après, on a encore droit à deux perles, “Confession”, balade initialement semi-acoustique aussi simple dans ses atours initiaux qu’ouvragée avec minutie dans ses ultimes notes, et “The New End”, pour le coup un simple piano-voix harmonisé particulièrement émouvant. D’ailleurs, laissez le mode repeat all, et hop, les arpèges octaviennes de “The World Under Unsun” se rappellent à nous. Quelle pureté,quel trip ! Les poils, comme on dit.


Génial, donc, à un titre près. Mais ne nous faites pas dire ce que nous n’avons pas dit : The World Under Unsun est une production de très, très haut niveau qui, par certains côtés surpasse son somptueux prédécesseur mais peine aussi, et encore une fois on peut le pardonner sur un double album, à se montrer rigoureusement constant dans la qualité. Gageons tout de même qu’il saura trouver une place de choix dans vos écoutes. Au pire, zappez un ou deux titres plus faibles, et tant pis pour l’équilibre du disque. Quant à savoir si on se frotte d’avance les mains dans l’attente de son successeur maintenant que Riverside est sur la touche… bon, je pense que vous connaissez la réponse.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Critique d'album

Lunatic Soul


Fractured


Album de la semaine
À lire également