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Critique d'album

7 Weeks


Going Back Home


(18/09/2026 - F2m Planet - Stoner rock/Metal - Genre : Rock)
Produit par Adrian Bushby

1- Shape Me / 2- Going Back Home / 3- Void / 4- Gone To Waste / 5- The Ring (Of Fallen Dreams) / 6- The Pale One
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Dieus gart la vila e sent Marsals la gent... "
Daniel, le 23/10/2026
( mots)

20 ans sur scène et (toujours) la rage…

Depuis 2006, 7 Weeks propose un rock puissant qui mixe le stoner, le grunge et le metal (le tout étant parfois parfumé d’encens psychédéliques).

Les principales influences du groupe vont de Queens Of The Stone Age à Soundgarden, en passant par Foo Fighters et Kyuss.

Pour célébrer quelques vingt années d’existence qui n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille, le trio de Limoges – Gérald Gimenez (guitares), Jeremy Cantin-Gaucher (batterie) et Julien Bernard (basse et chant) – s’en revient exploser nos enceintes hi-fi avec un extended-play six titres, plutôt sombre mais définitivement détonnant (19 trop courtes minutes au compteur), qui bouscule les esprits en vrillant efficacement les tympans (au risque de détruire toute la porcelaine emblématique de sa ville natale).

Le style de rock pratiqué par les Limougeauds est évidemment lié à une époque (que d’aucuns regrettent probablement à raison) ; mais 7 Weeks s’affranchit de tout concept revival et propose une formule (sur)vitaminée qui colle finalement bien à notre temps. 

Enregistré en septembre et octobre 2025, Going Back Home n’inspire a priori pas la joie ; le groupe pose un regard plutôt pessimiste (voir désabusé) sur notre monde. Ceci dit, on ne peut pas toujours célébrer la lumière quand on sait que la nuit occupe la moitié de nos vies. 

A contrario, la thématique principale de l’opus est l’envie d’en revenir à sa quintessence et ses fondements sans pour autant regarder le passé avec nostalgie. 

Un grand écart philosophique...

Que trouverai-je au bout du chemin
Sinon les pierres usées du gué
Je déposerai mon fardeau
Mais la rivière est si profonde… (1) 

ou encore

Pourrons-nous encore nous relever 
Quitte à choir à nouveau
Dans l’arène des rêves déchus ? (2) 

Le songwriting est extrêmement efficace, pour peu que l’on apprécie ce style musical qui opère essentiellement dans la raucité et la fureur. La basse qui bastonne, les guitares qui cisaillent et le drumming qui bétonne le spectre sonore forment un mur de son qui soutient la voix aux accents volontairement éraillés de Julien Bernard dont l’expression anglaise, à l’écrit comme à l’oral, ne manque ni de justesse ni de culot. 

Efficace et classieux, l’artwork (3) de Gilles Estines (un habitué du groupe) matérialise joliment le temps qui file tandis que le livret s’enrichit d’un cliché de la photographe espagnole (mais bordelaise d’adoption) Jessica Calvo (4).

Production anglaise

Et c’est évidemment une très jolie surprise de voir que la production est confiée à Adrian Bushby qui assure un boulot cinq étoiles. Régulièrement célébré par l’industrie de la musique, l’Anglais a déjà mixé ou produit rien de moins que Muse, Foo Fighters, Skunk Anansie, Jamiroquai ou The Darkness. Excusez du peu !

Il est à noter qu’avant d’accueillir le power trio dans son studio en Albion, l’homme est "descendu" sur Limoges pour cerner l’ambiance et découvrir 7 Weeks dans son "milieu naturel".

L’équilibre sonique est simplement parfait et rend hommage à chaque instrument tout en renforçant l’impression de cohésion que dégage le groupe.

Les amateurs (peut-être un peu nostalgiques) du style y trouveront amplement leur content et profiteront à l’envi de l’excellente vidéo qui traduit remarquablement en images la plage titulaire. 

Les autres regretteront peut-être que le format, par nature réduit, de l’EP ne permette pas l’inclusion d’un titre plus soft (ou plus apaisé) où le groupe pourrait explorer d’autres contrées et jouer plus avant sur les nuances et contrastes de son inspiration. 7 Weeks a démontré par le passé qu’il pouvait aborder également la musique folk, les ballades ou les ambiances progressives... 

F2m Planet

Pour assurer la promotion et la distribution de ses albums, 7 Weeks a créé en 2007 son propre label indépendant, F2m Planet, qui lui permet d’auto-gérer les principaux aspects de sa carrière (maison de disques, organisation des tournées, contacts avec la presse, …).

Le jeu en vaut d’autant plus la chandelle que le label accueille également d’autres groupes qui, sans ce support, auraient probablement de la peine à se faire entendre.

On Tour !

7 Weeks assure la promotion de son EP dans le cadre du Going Back Home Tour, une tournée française qui fourmille de dates (en partie avec The Inspector Cluzo) et qui, après un passage "obligé" à Limoges (back home...), culminera à Paris (à La Maroquinerie) en janvier 2027. 

Sélection express

Les petits rockers pressés écouteront prioritairement l’excellente plage titulaire et "Shape Me" (avec son intro vraiment spectaculaire).


(1) Extrait de "Going Back Home".

(2) Extrait de "The Ring Of Fallen Dreams".

(3) Le CD contient un booklet illustré qui, outre les informations générales et les remerciements d’usage, reprend les textes des six titres.

(4) Jessica Calvo est par ailleurs auteure d’une photographie emblématique d’un Christophe vieillissant qui s’observe pensivement dans un miroir. J’adore ce cliché.

Cette chronique AlbumRock est garantie 100 % post-grunge.

Elle est dédiée à mes frères (et sœur) d’arme de gUsgUsgUs qui me rappellent, semaine après semaine, combien la vie peut être agréable malgré les injustices, la violence et la misère.

Je remercie sincèrement les adorables lecteurs et lectrices qui corrigent mes textes et, tout particulièrement, la femme qui partage ma vie et mon chien Gupette dont le regard canin et  bienveillant me réconforte quand j’ai (rarement) le cafard...


 

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