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Critique d'album

Tank


Honour & Blood


(00/12/1984 - - NWOBHM - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 4.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Tank roule désormais au pétrole raffiné"
François, le 09/08/2026
( mots)

Après avoir incarné l’ardeur de la NWOBHM en empruntant les sentiers intransigeants de Motörhead, Tank avait décidé de recruter un deuxième guitariste Mick Tucker pour densifier un peu ses compositions. Le résultat de cette évolution commençait à peine à se faire sentir sur This Means War (1983), leur troisième album, pour enfin s’épanouir sur Honour & Blood, au prix d’un remaniement d’ampleur.


En effet, les frères Peter et Mark Brabbs, membres historiques du combo, n’avaient pas accepté la nouvelle direction plus alambiquée et mélodique que souhaitaient imposer Algy Ward et Mick Tucker, si bien que ceux-là durent être remplacés par Cliff Evans à la guitare et Graeme Crallan à la batterie. Celui-ci avait été approché par Mick Tucker qu’il connaissait bien pour avoir joué à ses côtés dans la formation Heavy prog’ des débuts de la NWOBHM, White Spirit.


L’ambition du combo se fait tout de suite ressentir sur le titre d’ouverture épique "The War Drags Ever On". L’introduction se veut cinématographique avec ses synthétiseurs et ses murmures se mêlant à un riff militaire. Certes, Tank conserve la rudesse de la NWOBHM mais glisse lentement vers le Power Metal, jusqu’à se permettre d’ajouter des chœurs sur les pré-refrains. Sans se transformer en panzer, Tank croise l’esthétique d’Accept, notamment sur certaines lignes de guitare. Ce parallèle avec le groupe allemand se confirme sur "When All Hell Freezes Over", à travers les chœurs et le martellement du riff, ou sur les soli enlevés du très bon "Honour and Blood", un petit hymne en puissance. Si plusieurs morceaux jouissent d’une belle longueur (deux d’entre eux dépassent les huit minutes), c’est avant tout pour laisser le maximum de place aux longs soli virtuoses ou aux ponts instrumentaux – "Kill" est particulièrement caractéristique de cette dimension. 


L’album n’est pas sans défaut : le mixage est un peu confus et le chant d’Algy Ward, plus grave qu’à l’habitude, perd un peu de sa jouvence fougueuse tellement imparable sur les opus précédents, pour ressembler à celle de Charles F. Turner (Bachman-Turner Overdrive) ou de Danny Joe Brown (Molly Hatchet). En outre, peut-être que la reprise de "Chain of Fools", une composition de Don Covay surtout connue pour l’interprétation d’Aretha Franklin en 1967, est un peu pataude. Par contre, Tank parvient à se montrer convaincant quand il emprunte une légère inclinaison FM sur le très bon "W.M.L.A. (Wasting My Life Away)" aux mélodies accrocheuses, ainsi que sur le refrain et les fantaisies de l’introduction de "Too Tired to Wait for Love".


Il est possible que nous tenions là le meilleur album de Tank, avec les compositions les plus abouties de leur discographie et un répertoire assez varié. Reste que pour l’anecdote, le titre de l’album résonne étrangement désormais, puisqu’il rappelle l’un des plus grands réseaux néonazi international, lui-même nommé d’après le magazine (en partie musical) d’extrême-droite Blood & Honour fondé en 1987, qui fait écho à l’album du même nom des nazillons de Skrewdriver (sorti en 1985). Un autre visage de l’Angleterre des années 1980.


À écouter : "The War Drags Ever On", "Honour and Blood", "W.M.L.A. (Wasting My Life Away)"

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