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Critique d'album

Ethereal Darkness


Echoes


(20/03/2026 - - Doom Metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par Dan Swanö

1- Gone With The Tide / 1- Realization / 2- The Cycle / 3- Winter / 4- IV / 1- On The Edge Of The Cliff
Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Echos venus des montagnes doom et death melodique"
Julien, le 01/06/2026
( mots)

Je vous parle régulièrement dans nos pages de l'impact des technologies modernes sur la création dans les différentes branches du metal extrême. Si les débats se concentrent souvent sur la partie production, ces outils ont aussi permis à de nombreux artistes de concrétiser des projets qui n'auraient peut-être jamais vu le jour autrement. La multiplication des projets solitaires, communément appelés one-man band, en est sans doute la meilleure illustration.
Ethereal Darkness est né de cette dynamique.
Fondé en 2019 autour de Lars, chanteur et architecte du projet, il en posait les fondations avec un premier opus : Smoke And Shadow publié la même année. Derrière cette naissance solitaire, on devine une longue phase de construction personnelle et très probablement hautement numérique. Pourtant, ce qui retient aujourd'hui l'attention, c'est l'évolution du projet vers une véritable entité collective. Musiciens, concerts, dynamique de groupe : Ethereal Darkness a dorénavant quitté le statut de projet personnel pour devenir un groupe à part entière.
Une évolution profondément humaine. Et c'est peut-être ce qui rend ce second album Echoes aussi fascinant. Car derrière cette aventure collective se cache un album hanté par la solitude.


La pluie tombe depuis des heures. Devant vous s'étendent des champs où plus rien ne pousse. Quelques ruines émergent de la brume tandis qu'un vent froid traverse une terre abandonnée. Cette image pourrait résumer l'ensemble du disque. Chaque morceau de Echoes semble observer une facette différente de cette désolation intérieure.
Ainsi, "Winter" constitue sans doute l'un des moments les plus saisissants du disque. Le temps semble s'y figer sous une couche de givre. Les nappes atmosphériques, les mélodies mélancoliques et la place accordée au chant clair créent un espace suspendu où l'auditeur contemple le paysage.


Cette maîtrise de l'atmosphère se retrouve tout au long de l'album. Doom, death mélodique et poussées black metal s'y entremêlent avec naturel. Les guitares dessinent des horizons obscurs tandis que les arrangements plus aériens apportent régulièrement des percées de lumière. L'alternance entre growls profonds, screams et chant clair participe pleinement à cet équilibre entre écrasement et respiration.
Lorsque le groupe décide d'accentuer la noirceur de son propos, le résultat se révèle particulièrement convaincant. "IV" s'impose comme l'un des sommets émotionnels du disque. Véritable plaie ouverte, le morceau expose sa vulnérabilité sans détour et bénéficie pleinement de la production de Dan Swanö (Opeth, Katatonia, Insomnium)  dont le mix conserve toute la profondeur nécessaire à ce type d'exercice. Dans un registre différent mais tout aussi intense, "On The Edge Of The Cliff" pousse la logique jusqu'à son point de rupture. Les éléments black metal y prennent une place plus importante et donnent naissance à l'un des passages les plus déchriants de l'album.


En face s’exprime une autre force de Ethereal Darkness qui réside dans son sens de la mélodie. "The Cycle" illustre parfaitement cette capacité à associer lourdeur et émotion. Les harmonies de guitares y laissent une empreinte durable et rappellent parfois certaines formations majeures comme Insomnium ou des révélations doom/death mélodique contemporain à l'image de Fires In The Distance.
C'est finalement "Gone With The Tide" qui résume le mieux l'ambition de Echoes. Non pas parce qu'il ouvre l'album, mais parce qu'il en contient déjà tous les éléments constitutifs. Sa longue construction, ses changements de dynamique, son alternance entre violence et contemplation ainsi que son travail sur les atmosphères synthétisent parfaitement l'identité développée par le groupe. Plus qu'un morceau, il agit comme un condensé de l'expérience proposée par le disque.


Car ce disque ne raconte pas uniquement une chute. Derrière les ruines, derrière les champs stériles et les nuits interminables, une lumière demeure perceptible. Là où beaucoup de formations du genre s'abandonnent entièrement au désespoir, Ethereal Darkness choisit de construire une véritable trajectoire émotionnelle. Cette recherche trouve son accomplissement dans "Realization", magnifique conclusion où l'obscurité cesse enfin d'être une destination pour redevenir une étape.
L'aube finit par percer derrière l'horizon. Et les échos qui donnent leur nom à l'album ne sont plus ceux de la souffrance. Ce sont ceux de la survie. 


 


A écouter : "The Cycle" ; "Winter" ; "IV".

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