
Grant Lee Buffalo
Fuzzy
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1- The Shining Hour / 2- Jupiter and Teardrop / 3- Fuzzy / 4- Wish You Well / 5- The Hook / 6- Soft Wolf Tread / 7- Stars N' Stripes / 8- Dixie Drug Store / 9- America Snoring / 10- Grace / 11- You Just Have To Be Crazy


D’origine amérindienne (une mère d’origine Creek et un père descendant du chef de la nation Cherokee) et affublé des patronymes des deux plus célèbres généraux de la guerre de Sécession, Grant Lee Phillips raconte par sa seule existence une certaine histoire de l’Amérique.
Abreuvé par le folk-rock de Dylan et Neil Young, il quitte sa ville de Stockton à 19 ans pour suivre des cours à Los Angeles et y fonder son premier groupe baptisé Shiva Burlesque. En 1991, il fonde Grant Lee Buffalo avec Paul Kimble à la basse et Joey Peters à la batterie, dépoussiérant le folk-rock de ses icônes à grand renfort de rock alternatif sur sa guitare douze cordes trafiquée.
Donnant son nom au premier album du trio californien, "Fuzzy" est assurément le titre phare du groupe. La voix trainante de Grant Lee Phillips nous berce avant de s’envoler dans les hauteurs sur le refrain tandis que la mélodie douce-amère, mélancolique au possible, est reprise par une paire de guitare harmonisées avec un grain sale et texturé au possible. Un très beau titre entré dans la postérité, en particulier pour Noel Gallagher qui n’a jamais caché s’en être inspiré au moment d’écrire de "Some Might Say".
Porté par le succès de son single éponyme paru an plus tôt, ce premier opus sorti en 1993 évoque toute une imagerie américaine, rendant hommage à son histoire et à ses idoles sur le lumineux et énergique titre introductif "The Shining Hour" tout en restant lucide pour se faire l’écho d’un certain désenchantement sur "America Snoring". Evoquant aussi bien le folklore de la Nouvelle Orléans sur "Dixie Drug Store" que les grands espaces avec son atmosphère de western travaillée à l’électrique sur "Wish You Well", l’album est à chaque instant habité par la voix chaude et charismatique de son frontman. Ce dernier n’a pas son pareil pour habiller avec simplicité des ballades crépusculaires comme "The Hook" ou "You Just Have to Be Crazy" et n’hésite pas à faire usage de procédés de répétition au niveau des paroles et de la mélodie pour gagner en intensité, comme sur le final de l’excellent "Star 'n' Stripes". Les compositions reposent également souvent sur l’alternance entre passages acoustiques et brulots électrisants comme sur les refrains abrasifs de "Soft Wolf Tread" et les aller-retours entre délicatesse et coups de semonce sur l'excellent "Jupiter and Teardrop".
Après trois autres albums qui ne parviendront pas à égaler ce coup de maître inaugural, le groupe se sépare à l’approche de l’an 2000, Grant Lee Phillips poursuivant une carrière de troubadour voyageur en solo et renouant en partie avec les sonorités tirées de ses racines amérindiennes.















