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Critique d'album

Wolf Alice


The Clearing


(22/08/2025 - RCA Records - Alternative / Indie - Genre : Pop Rock)
Produit par Greg Kurstin

Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Quatrième album, et nouveau virage réussi pour les Anglais"
Maxime L, le 29/08/2025
( mots)

Quatre ans se sont écoulés depuis Blue Week End, disque unanimement salué (ou presque) dans nos colonnes. L’attente, ponctuée d’une tournée conséquente (on vous en parlait ici) et d’un EP (Blue Lullaby, à ne pas sous-estimer), s’est soldée par un changement majeur : Wolf Alice quitte Dirty Hit, label de toujours, pour rejoindre Columbia Records. Premier saut dans le giron d’une major pour les Britanniques. En mai, le single « Bloom Baby Bloom » tombe sans prévenir et brouille immédiatement les repères. Piano déconstruit, falsetto aguicheur, pré-refrain rageur, refrain délicat : la chanson, soutenue par un clip faussement sexy, déroute. Mais elle a le mérite de confirmer une chose : Wolf Alice refuse de se répéter. Il y avait une vraie évolution musicale entre Visions Of A Life et Blue Week End, et “Bloom Baby Bloom” coupe toute crainte (ou tout espoir, c’est selon), d’avoir à faire à un Blue Week End prolongé (vous l’avez ?).


La machine promo s’emballe alors, les moyens étant visiblement décuplés, entre teasers calibrés, shootings omniprésents et communication tous azimuts sur les différents réseaux sociaux. Difficile de ne pas penser au virage opéré par Fontaines D.C. depuis leur signature chez XL. Romance était partout avant sa sortie, The Clearing le sera tout autant.
L’album s’affiche sans ambiguïté : Ellie Rowsell en figure centrale, pour la première fois seule sur la pochette, dans la continuité visuelle de « Bloom Baby Bloom ». Exit les artworks nébuleux (My Love Is CoolVisions of a Life) ou les codes rock alternatifs (Blue Weekend). Le geste peut s’apparenter à un coup marketing facile, mais il s’accompagne d’un propos globalement féministe, servi par une plume directe et juste. (L’ironie de l’histoire de “Bloom Baby Bloom” : Rowsell revendique un chant inspiré d’Axl Rose, artiste... tout sauf progressiste).


Et la musique dans tout ça ? Ceux qui espéraient un retour aux guitares saturées en seront pour leurs frais. The Clearing n’est pas un disque de rock indépendant. Wolf Alice l’assume, il s’agit d’un album de pop. Alors, certes ce mot est utilisé dès qu’une chanson fait moins de 4 minutes et qu’elle n’est pas construite sur un motif de guitare, mais ce que nous proposent les Anglais va bien au delà de cette appellation trop réductrice. The Clearing est un album de pop à l’ancienne (avec des moyens modernes, conséquents, vous l’aurez compris). Une pop ambitieuse, héritière des seventies, et façonnée à Los Angeles sous la houlette de Greg Kurstin (faiseur de tubes pour Adele, Sia, Harry Styles, Beck, Liam Gallagher…). Onze titres, quarante et une minutes, un format on ne peut plus classique (et on ne peut plus “pop”).
Dès « Thorns », les intentions sont claires : piano délicat, cordes soyeuses, chœurs subtils (et astucieusement placés dans le mix). L’équilibre est impeccable. « Just Two Girls » enfonce le clou avec le sens de la mélodie d’un Fleetwood Mac, associé à la pureté sonore de Khruangbin. Le tout agrémenté d’un pont disco-psychédélique improbable et génial. « Leaning Against the Wall » ose la folk et un refrain quasi vaporeux, seul clin d’œil à Blue Week End. La surcharge finale en percussions presque noisy paraît superflue (comme ces inutiles fausses fins), mais c’est peu de choses par rapport aux différentes et nombreuses réussites de l’album.


L’une des plus éclatantes (terme fort à propos) se nomme « Passenger Seat ». Trois courtes minutes, et l’impression grisante d’être sur ce siège passager, cheveux au vent sur une route sans fin. Mélodie imparable en tête et les soucis bien planqués dans le vide-poches. Une pop song d’apparence déjà entendue mille fois, mais absolument irrésistible, digne d’Almost Famous et de l’inoubliable « Tiny Dancer ». Si l’ensemble fleure le soleil Américain, l’ombre britannique plane toujours : « Bread, Butter, Tea and Sugar » évoque les couleurs d’ Electric Light Orchestra, tandis que « Play It Loud », sous son apparence de piano-voix candide, aborde le regard porté sur les femmes vieillissantes avec une justesse implacable. Rowsell manie le contraste entre légèreté sonore et gravité du propos avec justesse et maitrise.


On pourrait regretter l’effacement des guitares, mais le piano leur va étonnamment bien, et ce sur toute la longueur. La production est d’une clarté exemplaire, les arrangements soignés, offrant une belle longévité à ces quarante minutes. La seconde moitié de l’album culmine avec « White Horses », autre single détonnant et chanté par le batteur Joel Amey (secondé par Roswell en choriste de luxe), et surtout « The Sofa », poignante ballade qui confirme le talent du groupe pour soigner ses conclusions, après « The Last Man on Earth » sur Blue Weekend.


Avec The Clearing, Wolf Alice réussit à conjuguer ambition, clarté et sincérité, et signe un album cohérent. Ça n’est peut-être pas le disque que les fans de rock attendaient, mais c’est sans doute celui dont Wolf Alice avait besoin.


 


 


 


À écouter : "Thorns", "Just Two Girls", "Passenger Seat", "The Sofa"

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