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Critique d'album

Manowar


Battle Hymns


(14/06/1982 - - Metal épique - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Americano-Saxon"
François, le 16/02/2026
( mots)

Vu de loin, Manowar apparaît comme le parangon des manifestations ridiculement excessives du Metal étatsunien, à l'opposé de la subtilité française, pour reprendre les clichés alimentant la rivalité entre les deux nations révolutionnaires et atlantiques. Cependant, la naissance du plus grand groupe de Power Metal américain provient en partie d’une histoire commune aux deux pays.


Formé 1975, le groupe parisien Shakin’ Street s’est petit-à-petit imposé comme une référence hexagonale si bien qu’à la fin de la décennie, il aspire à connaître une carrière internationale. Après avoir compté dans ses rangs la bassiste Corine Marienneau et le guitariste Louis Bertignac, deux futurs membres de Téléphone, le groupe s’offre les services du Newyorkais Ross Friedman, rencontré par l’entremise de Sandy Pearlman – l’homme de l’ombre de Blue Öyster Cult. En effet, ce dernier avait produit le groupe punk The Dictators dont Ross The Boss, tel que Ross Friedman se fait surnommer, avait été membre fondateur jusqu’en 1979. C’est ainsi que l’expérience américaine de Shakin’ Street est lancée : un deuxième album est enregistré à San Francisco (Shakin’ Street, 1980) et sa promotion s’appuie sur des premières parties prestigieuses.


Parmi celles-ci, le combo français ouvre pour Black Sabbath qui présentait au monde le premier album de sa nouvelle mouture, l’immense Heaven and Hell (1980). À cette occasion, Ross the Boss sympathise avec un membre du crew de Black Sabbath, le technicien Joey DeMaio. De cette amitié naissante découle une ambition démesurée présidant à la création d’un nouveau groupe – Manowar.


Le duo fondateur se rapproche d'abord de Louis Marullo, un ami de DeMaio qui assure le chant sous le pseudonyme d’Eric Adams, puis de Donnie Hamzik à la batterie (succédant à un premier percussionniste au rôle éphémère, Karl Kennedy). Il faudrait ajouter Orson Welles, invité à interpréter la narration lors d’un intermède cinématographique sur "Dark Avenger", dans un discours soutenu par la grandiloquence des claviers, des arpèges et de la batterie militaire. Ce midtempo cauchemardesque fait partie des rares moments épiques de l’album.


Car Battle Hymns est assez loin de l’image et de l’esthétique de Manowar, tant ce premier opus reste inscrit dans la décennie précédente. En effet, il évoque le hard-rock américain de la deuxième moitié des 70s : après ses bruits de grosse cylindrée, "Death Tone" groove à la manière d’Aerosmith, tandis que Ted Nugent vient régulièrement à l’esprit ("Metal Daze", le midtempo "Shell Shock"). On sent également que la New Wave of British Heavy Metal est influente outre-Atlantique, notamment Saxon, comme en témoigne "Fast Taker".


La virtuosité des musiciens dessine néanmoins un avenir radieux pour Manowar. Les soli sont souvent impressionnants et la vélocité ne fait pas peur aux joueurs de cordes, notamment au bassiste qui dévoile l’ampleur de son talent sur "William's Tale", une reprise de Rossini magistrale dotée d’un jeu de mots bien senti. De même, "Manowar" regorge de lignes époustouflantes derrière ses mélodies et sa construction assez classiques.


Or, malgré les promesses offertes par le nom du groupe, ou encore par le titre et la pochette de Battle Hymns, ce premier effort est rarement épique, si l’on excepte bien sûr le final de sept minutes, "Battle Hymn". Dès l’introduction, la nature hymnique du titre s’impose, puis elle s’accentue avec la cadence soutenue d’une charge des "hommes de guerre" : une identité sonore se dessine, même si l’écriture évoque quelque peu Iron Maiden, et que des maladresses demeurent dans l'intermède qui n'est pas amené avec beaucoup de subtilité.


Devenu culte, Battle Hymns est avant tout un exemple presque parfait du premier album d’un groupe à l’esthétique inaboutie. En cela, il pourrait même intéresser ceux qui abhorrent Manowar – au risque de les adorer.  


À écouter : "Manowar", "Battle Hymn"

Commentaires
Sébastien , le 16/02/2026 à 17:46
J'ai lu avec beaucoup de plaisir cette chronique sur un groupe qui n'est pourtant pas du tout la tasse de thé.