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Critique d'album

JPL


Cannibales


(15/06/2005 - Quadrifonic - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- Trop tard / 2- Comme Les Autres - Sans Y Penser / 3- Rien ne colle / 4- St pétrole / 5- Télécommandés / 6- Guest Star War / 7- Le prix de l'exil / 8- Cannibales
Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le ver est dans le fruit, le serpent tisse sa toile"
François, le 28/03/2025
( mots)

Il y a bien des motifs pour détester Charles Aznavour, mais il est vrai qu’un passage de "La Bohème" m’irrite au plus haut point : "Je vous parle d'un temps Que les moins de vingt ans Ne peuvent pas connaître". En l’occurrence, c’est moins à cause du chanteur que de la postérité de ces paroles en poncif pour has been nostalgiques supposant que les générations suivantes n’ont ni connaissance historique, ni accès à la transmission intergénérationnelle. Il y a vingt ans néanmoins, Jean-Pierre Louveton, alias JPL, sortait son troisième album solo, Cannibales, au moment même où son projet progressif, Nemo (l’un des plus grands groupes du genre que la France ait porté), était en pleine ascension créative. À l’époque, le ver n’était pas encore dans le fruit, mais le serpent transperçait la toile numérique, nouvel Éden qui a tout de même permis à l’artiste de perdurer sur le long terme.


Entre Nemo et JPL, la frontière est toujours mouvante, si bien que les musiciens qui l’accompagnent sur Cannibales sont aussi membres de Nemo, à l’exception de Jean-Baptiste Itier dont l’absence est notable. Or, ce dernier est désormais intégré à l’ouvrage, puisqu’il a enregistré de nouvelles pistes de batterie pour la version anniversaire (remixée et donc en partie réenregistrée) de Cannibales, dont JPL gratifie son public en 2025 afin de célébrer l’événement. Le prétexte est d’autant plus justifié que l’album n’était plus disponible en version physique.


Pour nous, il s’agit d’un bon motif pour revenir sur cet opus et pour être honnête, je dois bien accorder aux rabâcheurs d’Aznavour que j’étais en effet trop jeune pour l’avoir découvert à sa sortie. De Cannibales, j’avais entendu le très bon midtempo "St Pétrole", dont le Metal progressif finit par nous emmener dans les champs de pétrole du Moyen-Orient lors de développements orientalisants (magnifiés sur le remix). Les paroles sont engagées, sur les thèmes de la guerre, de la cupidité et de l’écologie, autant de causes défendues par JPL aux côtés de la dénonciation de l’intolérance sous toutes ses formes, des combats qui étaient presque consensuels en 2005 avant d’être hélas progressivement rendus suspects en 2025. Le titre présente la face la plus progressive de l’album, de même que "Cannibales", dont les arpèges cristallins et les claviers aériens inaugurent une suite aux beaux développements assez proches de Nemo. N’y avait-il pas quelque chose de conceptuel dans l’introductif "Trop Tard", qui commence en fanfare saturée pour basculer rapidement sur une ballade introspective ? Quant au "Prix De L'exil", qui se veut avant tout être une chanson, ne possède-t-il pas une deuxième partie instrumentale plus musclée aux structures rythmiques complexes ?


Virtuose inattaquable à la guitare électrique, notamment lorsqu’il dialogue avec d’autres bretteurs ("Guest Star War"), JPL a parfois été critiqué pour les limites de son chant : or, celui-ci était déjà déjà pleine progression sur Cannibales (et la suite de sa carrière témoignera de ses efforts admirables), ce qui est d’autant plus heureux qu’il y a un côté très "chanson" dans ses œuvres personnelles. En outre, il adopte ce format sans rien abandonner à l’attaque de guitare et aux belles mélodies ("Rien Ne Colle"), l’associant même à Rush ou Dream Theater (période Falling Into Infinity - 1997) lors des développements instrumentaux de "Comme Les Autres (sans Y Penser)".


Avec la carrière de Nemo en perspective, il est difficile d’évoquer ici la barre du troisième album, mais c’est bien avec Cannibales que se joue le véritable déploiement de la carrière solo de JPL - il reconnaît lui-même que ses deux premiers albums sont davantage des "compilations" de chutes que des œuvres cohérentes à part entière. Cela méritait donc une célébration en bonne et due forme. Et si comme moi vous ne supportez pas la variété française, dirigez-vous vers le rock progressif hexagonal, capable de produire des textes tout aussi poétiques mais qui sont portés par une démarche musicale bien plus remarquable.


À écouter : "St Pétrole", "Cannibales", "Rien Ne Colle", "Comme Les Autres (sans Y Penser)"

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