↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Hawkwind


Warrior on the Edge of time


(09/05/1975 - Atco - Space Rock - Genre : Rock)
Produit par Hawkwind

1- Assault And Battery / The Golden Void / 2- The Wizard Blew His Horn / 3- Opa-Loka / 4- The Demented Man / 5- Magnu / 6- Standing at the Edge / 7- Spiral Galaxy 28948 / 8- Warriors / 9- Dying Seas / 10- Kings of Speed / 11- Motorhead
Note de 5/5
Vous aussi, notez cet album ! (13 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.0/5 pour cet album
"L'incarnation space-rock et progressive du Champion Eternel"
François, le 29/03/2025
( mots)

Il y a plusieurs écoles parmi les fans d’Hawkwind. Les puristes, surtout les plus radicaux d’entre eux, s’arrêteront aux trois premiers albums : la véritable trinité space-rock du groupe, qui proposait au rock psychédélique déclinant une tierce voie de sortie, à mi-chemin entre le hard-rock et le rock progressif. À l’inverse, les amateurs des années 1980 préféreront le durcissement de cette décennie et l’influence grandissante par Michael Moorcock, figure littéraire adulée de la scène metallique. Ajoutons une troisième catégorie d’amateurs, celle qui jette son dévolu sur les deux opus les plus proches de l’esthétique progressive : Hall of the Mountain Grill (1974) et Warrior on the Edge of Time (1975) – dont il est question ici.


Très conceptuel sans être un album-concept, cette cinquième production studio consolide les liens du groupe avec Michael Moorcock. Les premières collaboration remontaient à 1971 et s’étaient surtout concrétisées en 1972 avec l’écriture d’un titre inspiré par son œuvre sur Doremi Fasol Latido ("Space Is Deep"). Sur Warrior on the Edge of Time, non seulement l’inspiration est puisée dans The Eternal Champion, qui enrichit leur tropisme science-fiction des voyage dans le multivers, mais l’auteur est lui-même présent en tant que narrateur et compositeur. Ainsi, il intervient dans le processus créatif de trois poèmes cosmiques et hallucinés : "The Wizard Blew His Horn",  "Standing at the Edge", et "Warriors".


Cette dimension littéraire et ces interludes poétiques participent à rendre Warrior on the Edge of Time plus progressif que le reste de leur œuvre, de même que la pochette épique use de la grammaire visuelle de ce sous-genre du rock. Musicalement parlant, Hawkwind soigne la construction de son œuvre, essaye d’insister un peu plus sur les mélodies et l’harmonie entre les instruments, dont le mellotron qui développe de belles interventions, sans pour autant abandonner son esthétique propre. Preuve en est des deux longs titres présents sur chacune des deux faces, "Assault and Battery / The Golden Void " et "Magnu", tous deux inspirés de la poésie du XIXème siècle (respectivement de Longfellow et de Shelley). Le premier nous invite à plonger dans l’album en suivant les pas de la basse chaloupée, les divagations de la flûte éthérée ou du chant habité derrière des claviers cosmiques. Même s’il s’apparente toujours à une suite planante, impossible de ne pas apercevoir son architecture plus aboutie, faite de superpositions et de variations instrumentales très fines – l’arrivée des percussions, le passage central grandiloquent et harmonisé avec génie, le crescendo final musclé et saturé. Plus caractéristique du style Hawkwind, "Magnu" sublime le space-rock de son riff répétitif, d’une charpente plus solide et d’ambiances orientalisantes conférées par le saxophone magique de Nik Turner. On pourrait leur joindre "Spiral Galaxy 28948", qui enrichit amplement son orientation prog’ psychédélique.


L’intégriste du space-rock pourra trouver son bonheur sur l’instrumental "Opa-Loka" au rythme et aux nappes hypnotiques, ou savourer le plaisir d’une incartade acoustique sur "The Demented Man", traditionnel détour folk d’Hawkwind (ici sur fond de paysage maritime), d’une belle modernité. L’album donne également dans le hard-rock : l’envoûtant sur "Dying Seas" aux lignes de violon et de synthés entreprenantes, et bien sûr le rock’n’roll "Kings of Speed", sorte de space-punk d’anticipation.


Voilà bien des raisons faisant que Warrior on the Edge of Time mérite de rester dans les mémoires, d’autant plus que le groupe peinera à retrouver un tel niveau par la suite. Il s’agit également du dernier album avec Lemmy, renvoyé après avoir été arrêté lors du franchissement de la frontière américano-canadienne en possession d’amphétamines (obligeant le groupe à annuler ses concerts). Il partira avec un titre issu des sessions d’enregistrement de Warrior on the Edge of Time, "Motorhead", sans imaginer l’avenir prometteur que ce morceau connaîtrait dans l’histoire du rock.


À écouter : "The Demented Man", "Assault and Battery / The Golden Void", "Magnu"

Commentaires
DanielAR, le 30/03/2025 à 20:37
Et puis cette pochette absolument remarquable (signée par cet allumé de Barney Bubbles)... Dans la version d'origine (disque vinyle), elle se dépliait en quatre pans cartonnés qui formaient une énorme tête de mort. La face visible (qui est reproduite dans le titre de la chronique) représente en fait l’œil gauche du crâne. Un vrai classique du délire des seventies. Disque "à part" comme tout ce qu'a commis Hawkwind. Merci de "ressusciter" des œuvres de cet acabit !
Magnu, le 30/03/2025 à 17:13
Merci pour la chronique. Ça a toujours été mon préféré du groupe celui-là. Peut-être parce que c'est celui par lequel j'ai découvert Hawkwind fin 70 (par relation grâce à Bomber de Motörhead quand l'album est sorti, oui ça ne nous rajeunit pas). C'est certain que c'est le plus progressif du groupe avec des titre comme "Assault and Battery / The Golden Void " et "Magnu" mais ça ne m’empêche pas de vénérer les précédents comme Doremifasol Latido. La suite est intéressante aussi même si différente et plus ancrée dans le post punk. C 'est quand même un sacré groupe précurseur.