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Critique d'album

Led Zeppelin


Presence


(31/03/1976 - Swan Song - Blues, Folk and Heavy Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Achilles Last Stand / 2- For Your Life / 3- Royal Orleans / 4- Nobody's Fault But Mine / 5- Candy Store Rock / 6- Hots On For Nowhere / 7- Tea For One
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Aux origines du Metal progressif"
François, le 10/01/2026
( mots)

La première partie de la carrière de Led Zeppelin, soit les quatre albums dont les titres se succèdent selon l’ordre d’une suite numérique, est souvent la plus appréciée, ou dans tous les cas, la plus connue par le public qui y voit une sorte de sommet créatif correspondant à l’essor du hard-rock britannique. Or, la seconde moitié de l’épopée du zeppelin et les quatre albums qui la composent (à l’exclusion de Coda), sont tout aussi intéressants par leur caractère plus expérimental, plus entreprenant, plus ambitieux, plus progressif et plus visionnaire. Et bien que trop souvent négligé, Presence ne fait pas exception – de même qu’In Through the Out Door, mais c’est une autre histoire.


Paradoxalement, Presence est avant tout une absence : absence des musiciens éloignés de leur terre natale, absence de frontières au profit d’une gestation internationale. En juin 1975, Jimmy Page et Robert Plant travaillent au Maroc où ils trouvent l’inspiration pour leur prochain album en s’imprégnant des sonorités orientales déjà sensibles sur les deux précédents opus (notamment sur "Kashmir", Physical Graffiti - 1975). Plus tard, Robert Plant ressort grièvement blessé d’un accident de la route à Rhodes (Grèce) et il doit rentrer en Californie où il mène sa vie d’exilé fiscal : Jimmy Page le rejoint pour poursuivre le processus d’écriture. Enfin, les membres du groupe se rassemblent à Munich pour enregistrer ce futur septième album largement dominé par la patte du guitariste, ce qui explique la grande homogénéité – rarement atteinte auparavant – de l’opus. Néanmoins, la Bavière est une terre d’accueil relativement éphémère tant le travail est accompli avec une brièveté remarquable (moins de trois semaines), ce qui est d’autant plus épatant à l’écoute du résultat.


La pochette, réalisée par Hipgnosis, met en scène The Object, une œuvre d’art qui rappelle le monolithe de 2001 l’Odyssée de l’espace, avec un côté néanmoins décalé et mystérieux qui évoque également l’œuvre de David Lynch, s’il fallait jouer à la correspondance des arts entre musique et cinéma – une opération rendue légitime par la réalisation du film The Song Remains the Same à la fin de l’année 1976.


Cette pochette souligne également la nature progressive de Presence, qui marquera l’histoire pour avoir été un album pionnier des musiques saturées, du fait de sa nature presque Metal, mais aussi des musiques progressives, puisqu’il préfigure le Metal progressif à venir (parallèlement à Rainbow avec Rising). Du moins le fait-il en ouverture avec l’immense "Achilles Last Stand", progressif jusque dans ses thématiques tirées de la mythologie grecque et de la littérature (William Blake). Une fois dispersés les nuages obscures des arpèges initiaux, une charge implacable, portée par des jeux rythmiques entreprenants, déferle dans toute sa complexité et sa richesse pendant plus de dix minutes. La vague musicale gagne en intensité au moment des élucubrations instrumentales de Page, dont un solo intense d’autant plus mis en avant que l’écriture globale est fine. La puissance du titre est décuplée par la superposition des pistes de guitare, une technique qui fait la spécificité de l'album. On pourrait presque considérer qu’il s’agit d’un passage de relais de la part de Rush, pour remercier Led Zeppelin de les avoir inspirés avant d’avoir suivi la même voie vers une écriture plus alambiquée. Le rôle du titre dans l’avènement futur du Metal progressif sera également souligné par Dream Theater (A Change of Seasons, 1995), mais cette composition inspirera aussi les formations de la scène revival actuelle comme Greta Van Fleet ou Crown Lands.


Cependant, Presence ne se limite pas à ce seul titre et comporte d’autres excellents morceaux, comme "Nobody's Fault but Mine", un blues inspiré par Blind Willie Johnson rendu lumineux par les effets de guitare, les riffs audacieux et l’harmonica sauvage. Du Led Zeppelin pur et simple, tout comme l’est "For Your Life" aux relents blues également sensibles (dont une guitare slide), mais cette base est comme toujours sublimée par un riff incisif, un rythme syncopé et un solo d’exception. Ce substrat blues témoigne d’un album qui se situe volontairement entre deux périodes, ce que souligne aussi "Tea for One" : il s’agit avant tout d'un slow bluesy qui évoque beaucoup les premiers opus, en souffrant des mêmes écueils (du remplissage et des longueurs – quasi dix minutes), malgré une belle réalisation et de bonnes idées lors des jeux sur les dissonances.


Mais Presence poursuit également les évolutions récentes du groupe, notamment les hybridations avec le funk présentes sur les deux derniers albums en date. Ce rythme cadencé se retrouve sur "Candy Store Rock", qui revisite le rock’n’roll avec une voix de crooner, sur "Royal Orleans" (seul titre où tous les membres du groupe sont crédités) doté de multiples ruptures rythmiques (un titre hélas trop répétitif), et enfin sur "Hots on for Nowhere", qui est à deux doigts d’adopter le blues rock funky d’Aerosmith.


Sans être la pièce maîtresse de la discographie inattaquable du groupe, ce septième album justifie par bien des arguments sa présence en son sein : bien loin d’être le talon d’Achilles de Led Zeppelin, il est une pièce solide et indispensable de l’édifice artistique bâti par les quatre musiciens, dont l’héritage continue de se faire entendre – ici au sein du Metal progressif et de la scène revival.


À écouter : "Achilles Last Stand", "Nobody's Fault but Mine", "For Your Life"

Commentaires
Zamp 007, le 11/01/2026 à 13:48
J ai eu la chance d acheter cet album en 1981 pour finir ma collection les zeppelin.En le mettant sur la platine.J ai écouté la face A été après la B.Mais j ai crû que j avais remis la face A. Supprise.Je me suis aperçu,une erreur d impression 2faceA et pas de face B.Du coup,je l ai recommandé.Alors sur 2 albums.J ai Faces A.Du l album est a vendre.Faites une offre si ça intéresse quelqu'un.