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Le père Noël est un Albumrockeur


Olivier S, le 24/12/2020

Noël, l'occasion pour beaucoup de se réunir en famille autour d'une dinde, du traditionnel foie gras et autres mets aussi attendus que détestés après quelques jours (et beaucoup d'excès plus tard), est aussi l'occasion d'écouter de manière consentie ou subit, les traditionnelles chansons de Noël. Que ce soit le vieux vinyle de Tino Rossi de mamie Lisette, écouté religieusement à chaque Noël depuis 35 ans, ou le CD de Franck Sinatra, plébiscité par oncle Gerard et dont le tube "Let it Snow" usité jusqu'à la corde (merci les comédies romantiques de Noël), nous donnent des relents de bûche chocolatée ; chaque BO de nos Noël, a la fâcheuse tendance de se conformer aux précédentes. Du désintérêt résigné des grands classiques, à l'indigestion pure est simple (pour les productions de plus mauvais goût), nos Noël ressemblent bien souvent à un chemin de croix pour mélomane accro aux grosses guitares.

Noël est-il pour autant synonyme de torture auditive, de purge inévitable, pour des oreilles  biberonnées aux saturations et aux effluves de rébellions musclées. Nos standards et notre culture musicale sont-ils réellement incompatibles avec la tradition de Noël ?  
N'y aurait-il pas un monde parallèle, faisant coexister ces deux univers, a priori antagonistes ?

Fort heureusement, Albumrock a pensé à vous et parce qu'il faut bien se serrer les coudes entre nous, peuple rock, nous allons vous proposer quelques albums d'artistes rock, métal ou ayant une prédominance pour ces courants musicaux, ayant proposés leur propre relecture des standards de Noël. Car oui, même dans ces réunions familiales, nous partageons vos besoins de perfusions en guitares amplifiées. Et parce que la fête ne peut se faire sans vous, nous vous invitons à joindre en commentaire, une ou plusieurs découvertes répondants aux mêmes critères.
Et qui sait, peut-être réussirons-nous ensemble à instaurer une touche rock durable, à nos Noël futurs ?  

Dans la hotte d'Albumrock

Dans la hotte d'Olivier S : Bad Religion : Christmas Songs (2013 - Epitaph)


Quelle surprise de taille, lorsque les fans des pionniers de la scène hardcore mélodique sont tombés sur cette curiosité qui tient de la farce, par la simple association du nom du groupe avec la promesse de son contenu. En effet, une interprétation de chants de Noël chrétiens par une formation qui s'est toujours posée en critique de cette institution millénaire, a de quoi laisser quelque peu perplexe.

Le sourire s'efface pourtant rapidement à l'écoute de ces neuf titres (dont huit standards du répertoire traditionnel anglo-saxon), tant Bad Religion semble s'être donné pour mission de transcender, à sa manière, cet héritage. Que ce soit dans le choix des titres, comme dans leur interprétation, le groupe s'est efforcé de traiter chaque piste comme si elle faisait partie intégrante de son propre répertoire. Ce qui pouvait paraître comme une hérésie, sonne bien vite comme une évidence : Bad Religion, par sa science d'un punk fluide, propre, calibré et dont la portée mélodique fait la renommée du combo, depuis plus de quarante ans, était le vecteur idéal pour insuffler une dynamique résolument rock à ces standards. Greg Graffin offre ici des lignes vocales parmi les plus habitées de son répertoire, tant elles semblent avoir été écrites pour vivre à travers son timbre mi-clair mi-éraillé, si fédérateur et pourtant à des années-lumière de toutes mièvreries (mention spéciale au débridé "O Come O Come Emanuel"). Complétées par les harmonies vocales si chères à la formation ("Hark ! The Herald Angels Sing" et son a cappella d'ouverture), elles hissent ses réinterprétations à la hauteur du catalogue de la formation ("God Rest Ye Merry Gentlemen", "What Child Is This" ne feraient pas honte sur un Best Of), tout en dépoussiérant de manière extrêmement enthousiasmante, ces classiques intemporels.

Ce n'est finalement qu'à la neuvième piste, que l'auditeur prend conscience du message que tente de faire passer le groupe, à la faveur du judicieux recyclage de son emblématique single "American Jesus", critique envers l'instrumentalisation américaine du christianisme, à des fins de propagande politique. Facilité par le caractère caritatif de la sortie de son Christmas Songs, dont une partie des bénéfices a été reversée à l'association "Survivors Network of Those Abused by Priests" (venant en aide aux victimes d'abus de prêtres), le groupe donne des pistes de lecture beaucoup plus profondes qu'il n'y paraît. En insufflant son énergie punk au service des symboles de la nativité chrétienne, le combo invite le croyant à réfléchir aux conséquences d'une foi aveuglée par des dérives institutionnelles nocives et prouve que son combat tend davantage vers une lutte humaniste, que vers une croisade athéiste binaire, contre toutes formes de croyances mystiques. Un message d'ouverture dont la portée symbolique sied à merveille à la période ciblée.

Dans la hotte de Diego : Sufjan Stevens : Silver and Gold (2012 - Asthmatic Kitty)


Après une première incursion dans les chants traditionnels de Noël (Songs For Christmas en 2006), le multi-instrumentaliste singer-songwriter Sufjan Stevens a décidé de rendre l’exercice cool à nouveau.


Si jamais ce n’est pas déjà le cas avec la dinde aux marrons, où la tentative foireuse de foie gras maison de votre tante, préparez-vous à l’indigestion, avec près de trois heures de reprises des titres classiques du répertoire noëlesque.


Alors certes, l’ami Sufjan ne fait pas dans la demi-mesure avec ses 58 (!!) titres, mais les balades classiques sur les thèmes pseudo-spirituels, ça le connait ! Sur les d’habitude ultra-conventionnels (dans le meilleur des cas) ou méga-sirupeux (dans la plupart des cas) "Silent Night", "Coventry Carol", Stevens joue la carte de la sobriété, en finger-picking, et c’est très élégant ! 


La collection de chansons rassemblées ici ne serait pas réellement digne d’intérêt si l’histoire s’arrêtait ici. Si, dans un premier temps, on pourrait penser à un album de reprises capable de ravir toute la famille, on change notre fusil d’épaule rapidement ! Sufjan Stevens se fait plaisir en expérimentant : ainsi, "Joy to the World", passe à la moulinette réverb et orgue électronique, l’équivalent d’un lifting cosmique de très bonne qualité avant de basculer dans l’électro pure gavée d’autotune et d’effets tirés tout droit de jeux d’arcade des années 80, "Let It Snow ! Let It Snow ! Let It Snow !" est revisitée version post-punk glaçante, et "Holly Jolly Christmas" prend des airs de "We Will Rock You", tandis que "Jingle Bells" incorpore des enfants pour un crescendo vers un refrain dissonant à souhait.


A noter par ailleurs qu’un certain nombre (non négligeable) des titres sur Silver and Gold sont des compositions originales de Sufjan Stevens, dont la deuxième piste, le très country folk "Lumberjack Christmas / No One Can Save You From Christmases Past » est pour le moins corrosive ("If drinking makes it easy, The music's kind of cheesy"/ "Si boire rend la chose facile, La musique est plutôt kitch". La dernière partie de la chanson nous fait clairement comprendre que non, rien ne nous sauvera de Noël, autant donc embrasser le sujet à bras ouverts ! Les frères Dessner de The National cosignent ce titre (et une bonne partie des productions de l’album) sarcastique très réussi (on renverra les clients de ce genre de création vers la dernière piste "Christmas Unicorn").


Il serait déraisonnable et un peu outrecuidant d’imaginer proposer ici une chronique complète de cet album, nous nous contenterons ainsi de conclure avec l’accroche qui aurait pu figurer sur la pochette de cet objet déstabilisant : "Un album à conseiller pour toute la famille, de votre grand-mère aux fourneaux à votre cousin sous acide, à moins ce que ce ne soit l'inverse".

Dans la hotte de François : Jethro Tull - The Jethro Tull Christmas Album (2003)


Quand Ian Anderson avait accepté ce projet, il n'est pas certain qu'il eût conscience que l'album de Noel de Jethro Tull fût également le dernier opus du groupe. Après tout, c'est une thématique qui est chère à la formation, entre "Ring Out Solstice Bells" (Songs from the Wood, 1977) et "Another Christmas Song" (Rock Island, 1989), tous deux repris sur cette galette. En effet, l'album se compose de nouvelles versions de pièces issues du répertoire du groupe, de reprises de titres traditionnels ou issus de la musique savante, et de rares nouveautés. La direction choisie est évidemment celle de la face folk du groupe, riche en flûte et guitare acoustique (mais aussi en accordéon !), qui ravira les amateurs des albums de la fin des 1970's. Un choix parfaitement adapté au registre de l'album, qui accompagne la période sans tomber dans les écueils potentiels du genre. Ainsi, sans être la meilleure production de Jethro Tull, ce Christmas album s'avère bien pensé, bien exécuté et très agréable pour constituer l'univers sonore de la distribution des cadeaux près de la cheminée. 

Dans la hotte de Mathieu : Ma compil' de Noël


A défaut d'un album, je vous propose ma compil' phare de reprises de Noël, à vous passer et repasser autour de la cheminée :


1. Santa Baby (Recorded at Strongroom Studio, Lodon) - Wolf Alice


2. Feliz Navidad - Shame


3. Christmas (Baby Please Come Home) - Dropkick Murphys


4. Last Christmas - Jimmy Eat World


5. Everything Gonna Be Cool This Christmas - Eels


6. Baby It's Cold Outside - Nathaniel Ratellif and the Night Sweats


7. Blue Christmas - The Lumineers

Dans la hotte de Mathilde: une compil' de Noël aussi


Ma compilation de Noël est remplie à ras bord de rock indépendant époumoné et ironique. Et aussi de chansons émouvantes (les deux dernières de la liste) car c'est ça aussi les fins d'année. Je vous fais part de mes cinq chansons préférées pour prolonger vos fêtes !


1. Christmas Tree - The Bewitched Hands


2. The Spirit Of Giving - The New Pornographers


3. Christmas Was Better In The 80ies - The Futureheads


4. When I Get Home For Christmas - Snow Patrol


5. Chicago - Sufjan Stevens


Des joyeuses fêtes à vous !


 

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Album de la semaine

VOLA


Witness


"

Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

"
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