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Interview avec PAPOOZ


Clément, le 04/01/2018

Lors du CODA Festival, Armand et Ulysse qui forment PAPOOZ nous ont accordé une interview hilarante à l'image de leur univers de surf pop ensoleillée pleine de second degré. Vous avez la possibilité de voir cette interview en vidéo ci-dessous avec la chaîne "Méloman" ou d'en lire la retranscription.


PAPOOZ, en quelques mots ?


Ulysse : C'est un groupe de musique, et un groupe d'amis. Voilà. C'est assez simple hein ? Ce n'est ni une association caritative, ni une équipe de volleyball.


Question existentielle, qu'est-ce que le "Green Juice" ? (ndlr: nom de l'album)


Ulysse : Existentielle ?


Armand : C'est pour ton existence ou notre existence ?


Ulysse : Ca a plusieurs sens. C'est le jus sain que l'on a l'habitude de vendre. Mais ça peut aussi dire de l'argent, en argot. Ou comme de l'herbe presque. Il y avait un anglais qui était rentré dans le studio quand on mixait l'album à Londres. On a mixé avec un anglais qui s'appelle Ash Workman. Un de ses potes est passé et à dit "It sounds very smoky guys". Il disait genre "C'est fumeux". Et là on a rigolé et on lui a fait : "Mec la track on l'a composée on était bien enfumé". Et bref, ça a même un double sens comme quoi à travers la musique on essaye de retrouver un état de santé. Mais c'est peut-être un peu "too much" là c'est vraiment 1ère année de littérature.


Quelles sont les influences qui aboutissent à un style aussi tropical et ensoleillé ?


Armand : Quelques musiques comme la Bossa Nova ou la Samba. La Calypso. Le Reggae... Je sais pas, ce sont des musiques insulaires ou de plage pour moi.


Ulysse : La Bossa, le surf music, le Calypso et tous ces genres de styles insulaires que l'on emprunte.


Y a-t-il un travail particulier pour le côté androgyne et féminin de la voix d'Armand ?


Armand : C'est très inconscient... ou improbable. Mais après je trouve que c'est dans la musique anglo-saxonne... de pop music... Souvent les chanteurs ont des voix avec des tessitures hautes, et aigüs. Je ne trouve pas que je chante particulièrement comme une femme mais on m'a déjà fait pleins de fois la réflexion. Quand j'étais petit j'adorais Pete Doherty.  Genre à 12 ans tu vois. Et je voulais chanter comme lui. Il a une voix... pas féminine mais très très haute, très anglaise. Je trouvais ça chouette. Mais après c'est ma tessiture de voix quand je chante. C'est naturel. Je n'ai pas cherché  à construire une voix particulière. C'est assez impossible d'avoir cet objectif. Ou alors tu deviens imitateur et moi je n'ai pas ce talent là. Et j'admire beaucoup les mecs qui ont se talent, je trouve ça dingue. Savoir faire Sinatra, Jim Morrison et tout... Je ne sais pas faire ça.


De votre EP on ne retrouvera que le titre "Louise" sur l'album dans une version retravaillée. Pourquoi ce morceau ?


Armand : On n'était pas vraiment satisfait de la version que l'on appelle "Garage Band" parce que c'est vraiment une démo... ce sont des démos que l'on a sorti en premier, avec ce premier EP. Et on se disait qu'elle avait peut-être plus de potentiel comme version... On avait envie de s'amuser à la ré-enregistrer dans un style un peu plus "Surf Music". Plus Growlers. Mais au final je trouve qu'on a foiré. Moi je préfère limite la première version.


Un hommage voulu à David Bowie décédé la même année ? (ndlr: paroles de "Louise")


Armand : Non non. Cette chanson ne parle pas de David Bowie. C'est juste une comparaison avec une fille que je connaissais moi et qui ressemblait fortement à David Bowie. Et dans une "way of life" qu'elle avait choisi et qui ressemblait à celle d'une rock star désargenté. C'est juste ça. Et après moi j'adore David Bowie. J'adore sa musique. Mais ce n'est pas un hommage à David Bowie. C'est un hommage à cette fille qui s'appelle Louise. C'est un thème quoi.


"Simply Are" est une reprise d'Arto Lindsay. Est-ce une grosse influence pour vous ? Ou juste ce morceau ?


Ulysse : Oui il nous a marqués parce qu'il arrive à mélanger la musique brésilienne et le groove de la musique anglo-saxonne. Ce qui est assez fort. Il y a un super documentaire que l'on a vu avec Armand qui s'appelle "Simply Are" en 6 épisodes sur lui. Et quand on l'a vu je ne sais pas... ce mec nous a inspiré. C'est un poète un peu marrant. Pas connu. Un peu subversif. Et surtout le morceau "Simply Are" quand on l'a découvert on est vite tombés addicts au morceau. On s'est mis à le jouer, à le reprendre. Et on s'est dit que ce serait marrant de l'enregistrer parce qu'on aimait bien la version qu'on a faite. Mais bien sûr oui il nous a carrément influencé dans ce mélange musique brésilienne et musique anglo-saxonne. C'est ça qu'il y a de fort chez Arto Lindsay.


"Ann Wants To Dance", votre plus gros succès, est une chanson très érotique et sensuelle. Y a-t-il une vraie femme derrière cette "Ann" ? Qu'est-ce qui influence votre écriture ?


Ulysse : Oui c'est une histoire en particulier. C'est une fille qui était à un festival avec nous. C'est la petite copine d'un mec qui s'appelle David Simard qui a dit à Armand : "I think Ann wants to dance". Et ça a été juste la première phrase qui a fait partir cette situation. En tout cas c'est une situation réelle qui inspire une chanson.


Armand : Oui ce sont nos vies qui influencent notre écriture. Je pense que tous les songwriters ont à peu près le même procédé. Ce n'est pas un procédé très poétique comme Dylan ou Patti Smith... Mais ça reste des expériences que tu vis. Ca fait très bateau de dire ça mais c'est assez réaliste.


Que ce soit sur la pochette ou dans vos clips vous semblez assez attachés à votre lit. Pourquoi ?


(Rires)


Ulysse : Très freudien !


Armand : Le clip de "Trampoline" c'est un anglais qui l'a fait. Il est parti de la pochette. Il s'est dit : "Bon ça va être marrant. On vous fait voyager sur le lit. Un trampoline, un lit c'est la même chose..."


Ulysse : C'est lui qui a aimé l'idée du lit et qui a voulu la reprendre. Après, le lit sur la cover c'était un hasard. On ne s'est pas dit : "Tiens on a quelque chose à exprimer à travers ce lit". Et on était par hasard dans les fougères à côté de l'endroit où on répète au Cap Ferret, on s'est allongés sur le lit et notre batteur a pris une photo. Après on l'a trouvée cool. On voulait juste avoir une photo où on était vivants tous les deux. Que ça ne soit pas trop mis en scène. Que ce soit un peu inspiré des pochettes de jazz ou des trucs comme ça où ils sont juste dans un moment de vie en train de rire, de fumer une clope... Et voilà ça nous ressemble plus qu'avec une mise en scène. Même si la photo est très très "shitty".


Armand : Ouais elle est "cheap"... Elle est super "cheap"...


Ulysse : Elle a été prise sur un iPhone... Sur le vinyle on sent le pixel de l'iPhone qui te mange la gueule... Au moins la qualité n'est pas bonne mais il y a ce moment de vie. Et ça c'est le plus important.


Armand : Oui on avait essayé de faire pleins de photos absurdes avec pleins de potes. On a pleins de potes photographes à Paris...


Ulysse : Enormément de potes photographes ! (rires)


Armand : Non mais on a 3-4 potes photographes...


Ulysse : 300 photographes on avait ! (rires)


Armand : Non mais c'est vrai ! On a fait pleins de séances et au final on est revenu à cette photo. Parce que c'est très très dur en fait d'être deux et d'avoir deux têtes un peu cools sur une photo quand t'es un duo... C'est chaud. Tu vas en avoir une où un mec est génial et l'autre à l'air d'un demeuré et vice-versa. Là c'était la seule à peu près viable.


Aujourd'hui vous êtes plutôt bien entourés pour vos concerts. Vous n'étiez que deux sur scène à l'époque ?


Armand : Au tout début oui.


Ulysse : On a commencé à deux oui. Moi je savais vraiment peu jouer de guitare. Je venais d'apprendre il y a peu de temps quand on a fait nos premiers lives. Donc nos premiers concerts pour tout t'avouer étaient quand même d'un niveau technique assez médiocre (rires). Armand déjà jouait mieux de la guitare.


Armand : Oui c'était pathétique mais on y croyait et puis on avait moins d'oreille qu'aujourd'hui donc on ne savait pas en fait. On était juste trop contents de jouer parce que c'est tellement sympathique de jouer de la musique devant quelqu'un d'autre.


Ulysse : Ca nous a permis de nous faire la main, de commencer les premiers lives... Au départ on a commencé à deux. C'est tout un art de faire des concerts à deux puisque ça se réfère plus à des trucs Folk, on avait des guitares acoustiques et il faut créer un beau moment d'écoute.


Aujourd'hui vous partagez l'affiche du CODA Festival avec La Maison Tellier. Vous êtes clients de la chanson française ?


Armand : Oui j'adore la chanson française. On adore la chanson française.


Ulysse : Il dit ça un peu en grimaçant hein. (rires)


Armand : Non mais dans le van j'écoutais Souchon (ndlr: Alain Souchon) pendant vachement de temps. Je ne connaissais pas Souchon. Je kiffe.


Ulysse : Et la blague c'est qu'il n'était pas sous cocaïne, il était sous "chon" tu vois (rires). Après je pense que l'on a été élevés... Moi j'ai été plus élevé avec de la chanson anglo-saxonne. J'ai moins écouté de musique française étant jeune. Armand non plus je pense.


Armand : Non moi non plus


Ulysse : Les arrangements ont toujours tendance à être... d'un peu moins bonne qualité j'ai l'impression. (ndlr : de la variété française traditionnelle)


Armand : Tellement. Et le son est moins beau. De toute façon les meilleurs ce sont les "re-nois" américains. Faut pas chercher. (rires)


Quelle est la meilleure question qui vous a été posée en interview jusque là ?


Armand : Cette question là. C'est la plus "tricky". Elle me détruit le cerveau là. Avec la bière et tout... Trop de niveaux de lecture... (rires). Généralement les interviews c'est relativement... Ca peut être très médiocre de la part des journalistes. Il y a des gens qui ne travaillent vraiment pas le truc et c'est très dur de répondre bien à une question vraiment bête.


Ulysse : Heureusement avec toi on n'a pas eu le terme "Pépouze".


Armand : Oui. On est contents. (rires)


Merci au groupe PAPOOZ pour ce très bon moment passé en leur compagnie et au CODA Festival pour leur invitation.

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