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Interview : The Black Angels


Nicolas, le 15/02/2011
Il faut parfois savoir apprécier sa chance, comme celle, par exemple, d'avoir l'opportunité de rencontrer les étoiles montantes du rock psyché US. Grâce à trois albums aussi massifs qu'incantatoires, les Black Angels sont en train de s'affirmer comme le groupe le plus incontournable de toute la mouvance néo-psychédélique contemporaine, alliant les dernières prouesses technologiques (comme leur fameuse Drone Machine) à un esprit résolument vissé sur la fin des années 60, à une époque où le LSD faisait figure de passage obligé vers la quintessence musicale. La soirée avait pourtant bien mal commencé. Arrivé pile poil à l'heure pour interviewer les sorciers texans, je me retrouve confronté à une salle de l'Olympic nantais fermée, et pas âme qui vive aux alentours. La valse des malabars chargés de la sécurité n'y change rien, pas plus que l'interpellation du chargé de comm' de la salle. Et les Black Angels, alors ? "Sais pas où ils sont." Avec ça, on n'est pas beaucoup plus avancé. Les minutes passent, les volets d'acier de la salle s'ouvrent, la file des adeptes des anges noirs s'engouffre petit à petit dans leur antre. Puis plus que 10 minutes avant le début du concert... tant pis, c'est fichu. Et soudain, le déclic : le fameux manager, grande baraque chaussée de petites lunettes noires rondes, déboule d'un air nonchalant. "Oh yeah, the interview ! No problem, come here, man". Virée en accéléré au sein des dédales souterrains de l'Olympic, présentation du pass press aux gardes du corps américains qui protègent le portail des enfers, et descente au fin fond des loges à la suite du patibulaire personnage. Là-dessus une porte s'ouvre, et me voilà au milieu d'eux. L'accueil est chaleureux, sincère et simple, chacun vient me serrer la main sans se faire prier, avec le sourire. Ce sont Christian Bland et Kyle Hunt, les tenanciers du son Black Angels, qui sont chargés de me régler mon compte, et en attendant qu'ils soient fin prêts, je suis invité à m'assoir avec les trois autres. Dans la loge, une musique country s'égrenne doucement, Alex Maas relève ses mails sur son portable, Nate Ryan fait ses étirements, et Stephanie Bailey essaye de s'approprier son nouveau portable Mac. "Ils font des jeux sympas, sur ordi ?" lance-t-elle à la cantonade. Et Ryan de répondre, goguenard : "Moi tu sais, à part Nintendo, j'y connais que dalle". Surréaliste : qui pourrait croire, à la vue des ces cinq post-ado à la décontraction désarmante, ces cinq grands dadais minces et déguingandés (bah oui, ils sont hauts sur patte, les texans), que l'on a affaire à l'un des groupes de rock les plus prometteurs de la scène mondiale ? La réponse à cette interrogation arrive bien vite, alors que Bland et Hunt m'invitent à les suivre dans la pièce d'à côté pour un entretien relax mais appliqué autour d'une bière bien fraiche. En haut, les Wall Of Death viennent de débuter leur première partie, mais ça n'a pas l'air de gêner plus que ça mes interlocuteurs. Une chose est sûre : les Black Angels, contrairement à ce que leur allure peut laisser croire, savent clairement d'où ils viennent et ont une idée pointilleuse de la direction à suivre pour s'aliéner un public toujours plus vaste... Live report, Nantes - Olympic, le 12/02/11


Albumrock : Bonjour à tous les deux, et merci de répondre à ces questions. Tout d'abord, nous avons la chance de vous voir en live en France pour la troisième fois. Est-ce parce que les français vous aiment particulièrement, ou bien c'est vous qui aimez vraiment la France ?
Christian : Eh bien, les deux ! Mais je pense que, avant toute chose, les français aiment particulièrement notre musique. Plus que partout ailleurs dans le monde, même plus qu'à Austin, ou Los Angeles. Par exemple... hier soir nous étions à Paris (à la Cigale, NDLR), pour la première fois en tête d'affiche, le show était sold out, on a joué devant presque 1.400 personnes, et on n'avait jamais fait ça avant. Donc vous les français, vous aimez ce que nous faisons, et on vous en remercie !

A : Pour votre dernier album, Phosphene Dream, vous avez fait beaucoup de changements : nouveau label (Blue Recordings), nouveau lieu d'enregistrement (Los Angeles), vous avez même engagé un producteur (Dave Sardy). Pour vous, c'était une obligation de recourir à tous ces changements pour progresser ?
C : Oui, absolument. On avait besoin de changer d'air, qu'on nous réoriente vers de nouvelles choses.
Kyle : En fait, nous avons fait deux albums à Austin avec notre ami Eric Wafford, et on savait qu'avec lui, et à cet endroit, on avait fait le tour de la question. On savait à quoi s'attendre en terme de résultat si on retournait là-bas pour un troisième album.
C: On en a discuté avec notre management, et ils étaient d'accord pour dire que nous avions atteint une sorte de plateau, et que pour aller plus loin il nous fallait engager un producteur, un type qui serait capable de nous propulser au niveau supérieur. On a eu l'opportunité d'aller enregistrer à Sunset Sound, à Los Angeles, et de travailler avec Dave Sardy, un type qui a produit un nombre incroyable de bons disques. Pour la commercialisation, on ne savait pas trop quoi faire. Avant, on était chez Light In The Attic, un label de Seattle bourré de gens sympas, mais on savait qu'ils ne seraient pas capables de nous soutenir à un plus haut niveau. On a failli sortir l'album par nos propres moyens, et puis finalement on s'est fait démarcher par Blue Recordings...

A : ... pourtant c'est un label anglais, non ?
C : Au début oui, dans les années 60, c'était le label de Peter Green des Fleedwood Mac. Il avait disparu mais il s'est ré-organisé il y a peu de temps, et ils ont une antenne aux USA. Donc on a foncé.

A : A propos de Sardy, ça vous fait quoi d'avoir travaillé avec lui, et, d'une façon générale, de bosser avec un producteur derrière votre dos ?
K : Ça fait du bien, je crois.
C : Au départ, je me sentais un peu nerveux car j'avais peur qu'il change notre son. Mais quand on l'a vu pour la première fois, on a senti tout de suite qu'on avait les mêmes racines. Il a produit énormément d'album de rock psychédélique, il garde en ligne de mire le 13th Floor Elevator, et à ce moment on savait qu'il nous prenait par le bon côté, qu'il n'allait pas essayer d'arrondir les angles. Et il est pratiquement devenu le sixième membre du groupe, depuis... souvent, dans la mise en forme, on peut se retrouver, genre, avec deux personnes en faveur d'une solution, deux en faveur d'une autre, et la cinquième qui ne sait pas trop... Là, c'est Dave qui prenait les décisions difficiles et qui tranchait les discordes. Et on était souvent étonné en bien du résultat.
K : Il a passé un bon moment à nous écouter jouer avant de nous donner ses conseils. Je me rappelle, lorsqu'on était en pré-production, on s'est retrouvé avec lui dans une salle minuscule, il n'y avait en gros qu'une scène et une chaise haute sur laquelle il s'est perché avec son magnéto. Là on lui a joué toutes nos démos d'affilée, et, je ne sais pas si tu imagines, on en avait 43 ! Il a tout écouté, patiemment, et il a fait en sorte que nous puissions condenser le maximum d'idées en 10 chansons. C'était son but, 10 chansons, pas une de plus. Du coup, certains titres de l'album sont la résultante de 2 démos différentes mises bout à bout, et dans d'autres cas, on a utilisé la mélodie d'une démo mais avec le traitement sonore d'une autre. On a passé quasiment deux mois dans cette salle, à chercher les bons arrangements. C'était une sorte de jeu, mais avec le recul, c'était vraiment très intéressant, comme méthode de boulot.



A : A propos de Sardy, beaucoup de personnes ont noté que, comme vous, les Black Mountain l'ont engagé pour co-produire leur troisième album et que, comme vous, ils ont raccourci leurs chansons. Est-ce vraiment une coïncidence, ou alors, comme vous vous connaissez bien, avez-vous parlé ensemble de cette façon d'envisager la musique à ce point de votre carrière ?
C : Non, vraiment, on n'en a pas parlé ensemble, c'est une pure coïncidence. En fait on voulait déjà depuis longtemps essayer de raccourcir nos chansons. Tu vois, sur Directions To See A Ghost, le dernier morceau fait presque 20 minutes, et c'est plus de la moitié de la durée de notre nouvel album...
K : C'était un souhait qu'on avait et qu'on a exprimé au moment d'enregistrer cet album. Et on a beaucoup travaillé pour supprimer le superflu et pour aller au plus vite à l'essentiel. C'était difficile, mais ça a fini par nous venir naturellement. Et lorsqu'on a terminé d'enregistrer, on a vu la durée totale de l'album et on s'est dit, genre : "Whoaou, on a fait un album de 35 minutes". Comme dans les 60's, un bon vieil album old school. On en tire une certaine fierté.

A : Est-ce que le fait d'enregistrer en Californie vous a fait vous rapprocher de l'esprit des Doors ? Je pense en particulier à des titres comme "Telephone" ou "Sunday Afternoon", qui ont un son très californien, très pop 60's ?
C : Tu as raison, d'ailleurs ces deux chansons ont été écrites quand on était à Los Angeles. Les huit autres, on les a composées quand on était au Texas. Ces deux chansons sont clairement influencées par notre séjour californien. On a vécu là-bas à plein temps pendant deux mois, avec vue sur la mer, et on allait à la plage ! (Rire) Franchement c'était cool d'être là-bas.
K : Un jour on se baladait à côté des studios, et on est passé devant un immeuble. Un type qui était avec nous nous a dit que c'était à cet endroit qu'ont été enregistrés les deux premiers albums des Doors. On le savait, bien sûr, mais de le voir, c'était incroyable ! Et donc, de se dire qu'on était là, au même endroit qu'eux à une autre époque, à vivre dans la même atmosphère, on a ressenti une sorte de connexion.

A : Est-ce que vos "Bad Vibrations" sont une réponse aux "Good Vibrations" des Beach Boys ?
C : Tu as déjà vu notre concert ? (Rire) Non ? Tu verras, alors... mais ouais, bien sûr ! "Good Vibrations" est une chanson fantastique, et on s'est dit qu'en retour on allait essayer de faire une "chanson de Beach Boys démoniaque".
K : Sans déconner, c'est une sorte de réponse, c'est notre réponse à... (il réfléchit) Charles Manson ?
C : Non, à Denis Wilson ! C'est notre réponse à Denis ! (Rires)

A : Beaucoup de personnes parlent de votre musique en disant : "c'est la rencontre des Doors avec The 13th Floor Elevator, Pink Floyd et The Velvet Underground", etc... mais est-ce que vous n'en avez pas marre qu'on ne parle de votre musique qu'à travers de vieilles références ? Est-ce que vous ne préféreriez pas qu'on parle de votre musique pour ce qu'elle est, tout simplement ?
C : Eh bien... franchement je me sens flatté quand on emploie ce genre de références pour parler de nous. En même temps, parfois je me dis que ça serait bien que les gens puissent passer outre et écouter nos compos sans se prendre la tête. D'ailleurs, je pense que c'est le cas pour pas mal de gosses qui n'ont pas tout ce bagage, qui nous écoutent et qui nous aiment. Et à l'inverse, je pense que s'ils lisent des articles sur nous, qu'ils voient tous ces noms de groupes et qu'ils cherchent à écouter ces grands albums pour savoir d'où on vient, je pense que ce serait une grande victoire. Je pense que c'est important.
K : Ouais, qu'ils puissent aller écouter les Doors, le 13th Floor Elevator... le Velvet !
C : Le Velvet, mec. C'est de là qu'on a tiré notre nom, The Black Angels. Du Velvet Underground and Nico. C'est de là que tout est parti.
K : Il n'y a rien de mal à écouter les Beatles, non ? Franchement, si grâce à nous des gamins peuvent aller écouter Sergent Pepper ou The Piper At The Gates Of Dawn, j'en serai vraiment très fier !



A : Petite question subversive ! Depuis les années 60, le psychédélisme est souvent associé aux drogues. Est-ce que vous n'avez pas peur qu'on dise de vous que vous jouez de la musique de camés ?
C : Euh... (mine embarrassée, puis amusée) Bon, c'est vrai que, pour beaucoup de personnes, le psychédélisme, ce sont les drogues, et les gens considèrent les drogues d'une façon négative lorsqu'elles sont prises dans leur globalité. Moi, je pense que les drogues psychédéliques devraient être vues comme positives, en tout cas lorsqu'elles sont utilisées d'une façon positive. Elles t'ouvrent de nouvelles portes, elles t'aident à voir les choses sous un tout nouvel angle, à t'élever. Ca n'a rien à voir avec des drogues pour faire la fête, ou toutes ces saloperies qui te filent des dépendances...

A : ... mais malgré tout il doit y avoir pas mal de personnes qui pensent que vous vous shootez, non ?
C : Oui, c'est clair, mais il y a beaucoup de types qui sont très étroits d'esprit. En plus, on s'appelle les Black Angels, ça n'arrange rien ! (Rires) D'ailleurs j'ai une anecdote à ce sujet. Mon père est pasteur, et parfois je vais à l'Eglise avec lui, pour Noël par exemple, quand je rentre chez moi, à Austin. Là je rencontre souvent d'anciens potes qui me demandent comment je vais et ce que je deviens, et moi je leur réponds que je joue dans un groupe qui s'appelle les Black Angels. Là les types me regardent bizarrement, et ils me demandent : "C'est quoi, le nom de ton groupe ? Les anges noirs ?". Alors ils me toisent avec inquiétude, et puis ils s'éloignent le plus vite possible... (Rires)
K : C'est un nom parfait pour un groupe, non ? Surtout pour un fils de pasteur ! (Rires)

A : Votre popularité commence à croître de plus en plus. Est-ce que vous le resentez ? Et comment est-ce que vous vous positionnez par rapport aux autres groupes de rock psyché actuels, le Brian Jonestown Massacre, les Black Rebel Motorcycle Club ou les Warlocks ?
C : C'est vrai, on s'en rend compte. Depuis Passover on est de plus en plus connu, et j'ai l'impression que depuis ce troisième album, ça va encore plus vite. Tu parlais des Black Rebel Motorcycle Club et du Brian Jonestown Massacre... mais tu sais qu'ils sont la raison pour laquelle les Black Angels existent ?
K : ... et maintenant on est devenus amis. C'est dingue, avant c'étaient, ce sont toujours, des influences importantes sur notre musique, et, de façon incroyable, on a pu devenir ami avec ces groupes...
C : C'est démentiel, démentiel. Quand j'y pense... j'étais en train d'étudier la publicité à Austin, et je suis allé à un concert des BRMC. C'est là que j'ai décidé de renoncer à la pub et de créer de la musique. (il réfléchit quelques seconde) Merci, merci mon Dieu ! (Rires)

A : Qu'est-ce que vous écoutez comme musique en ce moment, quels sont les groupes que vous appréciez le plus ?
C : Un de mes groupes préférés en ce moment, c'est Clinic. C'est vraiment une des plus fortes influences de notre premier album, sans aucun doute. Sinon... il y a les Dum Dum Girls, d'ailleurs j'ai rencontré leur dernier producteur chez Blue Horizons, et... Kyle, tu as écouté le dernier Dum Dum Girls ?
K : Non.
C : Vraiment cool. Donc j'ai rencontré Richard Gottehrer, j'ai bien aimé son boulot sur cet album, et on pourrait peut-être faire appel à lui pour notre prochain disque... j'aime bien ce genre de productions denses. Phil Spector, par exemple...
K : Il est mort non ?
C : Non, il est en prison, il a tué sa femme, je crois.

A : ... Non en fait c'était une actrice qui a été retrouvée morte chez lui, il a essayé de faire croire à un suicide.
K : Alors on n'a qu'à attendre qu'il sorte de prison. Ce serait cool de faire un disque avec Phil Spector. Tu imagines : "The Black Angels Wall Of Sound" ! (rires). On travaillera plus efficacement avec un canon de flingue sur la tempe !




A : Que pensez-vous si je vous dit que j'ai téléchargé Phosphene Dream illégalement sur internet, ou alors que je l'ai écouté avec Spotify ?
C : C'est quoi, Spotify ? (je lui explique le principe du streaming, avec les services gratuits et les services premium). Ah OK, on n'a pas ça chez nous.
K : Je crois que ça devrait arriver dans quelques mois, non ? Par contre on a un système similaire pour les films, tu payes 10 $ par mois et tu peux regarder en streaming tout ce que tu veux...
C : Pour le piratage, tu vas trouver ça bizarre, mais je pense que c'est vraiment une bonne chose. C'est toujours gratifiant que de plus en plus de gens puissent écouter ce que tu fais. Bien sûr, c'est dommage, quelque part, qu'on ne puisse pas être payé pour tout ça. Mais de toute façon, l'argent, on le retrouve d'une autre manière, dans les concerts par exemple.
K : Les fichiers digitaux, ce ne sont que des données, ça ne vaut rien, vraiment. Franchement, rien ne peut égaler le plaisir de l'objet, l'artwork, le livret avec les paroles, le CD, même si je n'aime pas trop et que je préfère les cassettes ou les vinyles. Ça, c'est de la musique, c'est tangible, ça sonne différemment. Les mp3, c'est quoi ? ça n'est rien, ça ne représente rien. Donc si certaines personnes s'y retrouvent comme ça, ça me va, mais ils n'ont rien compris. Ceci dit, si ça peut les faire venir aux concerts, c'est une bonne chose, non ?

A : Pouvez-vous nous parler de votre Austin Psych Fest ?
C : Au départ, on ne connaissait personne dans le milieu, et puis on a tourné pas mal, aux USA, au Canada et en France, donc. On a rencontré pas mal de groupes qui faisaient de la bonne musique psychédélique, et on s'est dit qu'on allait les inviter pour un gros concert chez nous, à Austin. La première année, ça a duré une journée, la suivante c'était deux, maintenant on en est à trois jours. On s'en occupe à quatre, Alex (le chanteur, NDLR), moi et deux autres personnes qui sont à Austin en ce moment. Et clairement, on cherche du monde pour nous aider parce que ça commence à croître de plus en plus et ça nous bouffe un temps fou. Ca commence le 28 avril, là, dans quelques semaines ! On est content de l'affiche, on aura Rockheer, Spectrum, les Christian Stills (de Brooklyn), Crocodiles (de Californie), Blackbird Superrainbow, et aussi Wall Of Death, qui fait notre première partie ce soir, et plein d'autres. On aurait vraiment voulu avoir Clinic, mais ils ne pouvaient pas. Et mon rêve ce serait d'avoir Black Rebel Motorcycle Club !

A : Comment est l'atmosphère du Texas depuis que George W Bush n'est plus votre président ?
C : Eh bien tu sais, à Austin les gens sont depuis toujours plutôt ouverts d'esprit. On est dans le désert, assez loin de tout. Mais dans le reste de l'état, ils vénèrent Bush, carrément. Sur les panneaux d'accueil au bord des routes, tu peux lire "Bienvenue au Texas, pays de George W Bush". Tu sais, c'est comme ça dans tout le sud des Etats Unis, c'est la Bible Belt, une façon très conservatrice de voir les choses. La Bible contient toutes les vérités, et ceux qui ne s'y conforment pas sont dans le faux et doivent être ostracisés. C'est ça, le conservatisme.

A : Donc rien n'a changé ?
C : Non, rien du tout. En fait les texans détestent Obama. Ils n'aiment que les flingues, ils sont dans leurs délires sécuritaires...
K : Les conservateurs aiment la Bible et les flingues, c'est leur credo. Ça me fait marrer d'ailleurs, on était à Munich récemment pour un concert, et les bavarois nous accueillaient en disant : "Bienvenue à Munich, on a de la bière et des flingues !". Et nous on faisait les blasés, on répondait "Ben nous, au Texas, on a de la bière, des flingues ET Dieu !" (Rires)

A : Pour vous, ça reste important de faire passer un message politique au travers de vos chansons ?
C : C'est essentiel. Sur notre premier album, il y avait un titre qui s'appelait "The First Vietnamese War" et qui était très critique à l'égard des guerres américaines. On ne comprend pas qu'actuellement, on soit en train de répéter les mêmes erreurs du passé avec l'Irak, et la chanson parlait de ça. C'est vrai que les textes de notre troisième album sont moins critiques, mais... on reste avant tout des observateurs de ce qui se passe, on raconte du réel et on essaie de faire réfléchir les gens à ce sujet.

A : Passover est sorti en 2006, Directions To See A Ghost en 2008, Phosphene Dream en 2010. Donc, si on suit la logique, votre quatrième album sortira l'année prochaine ?
C : Normalement oui, en tout cas on l'espère ! Si tout va bien, on termine la tournée à la fin de l'été et on entre en studio entre octobre et décembre. Le soucis, c'est qu'on doit donner de plus en plus de concerts, on est de plus en plus demandés, et je ne sais pas si on arrivera à tenir les délais. Mais les chansons sont déjà composées, ça devrait aider. Le truc, c'est qu'à chaque fois que je fais des pronostics en terme de délais, ils ne sont jamais bons. Sur Directions To See A Ghost, on a sorti l'album avec 2 mois de retard, pour Phosphene Dream, presque 5 mois. Donc j'espère vraiment qu'on pourra sortir l'album pour l'automne 2012, mais ça sera difficile, je pense.

A : Merci à vous deux !

Photographies : C. Bardey
Remerciements particuliers à Christian, Kyle, Lauren et Nick, ainsi qu'au personnel de l'Olympic.
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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