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Interview : Puggy


Emilie, le 09/02/2011
Puggy, le trio frénétique et impétueux belge, s'est arrêté à Tours le temps du festival Inde'rock. Forts du succès de leur album Something you might like, ils parcourent la France en faisant salle comble presque tous les soirs. Leur opus, déjà très pétillant et riche musicalement, fuse et explose sur scène, entrainant l'exaltation du public. En véritable tourbillon pop/rock, ils affirment leurs qualités scéniques, qui bouillaient déjà avec Dubois died today, leur premier disque. Rencontre avec Matthew, Romain et Ziggy, après un show endiablé, et dans une atmosphère détendue et badine.


Bonjour à tous les trois, je vais commencer par vous demander comment vous, vous décririez votre album ?

Romain : Bien ! (rires) Non mais varié, on a essayé de faire quelque chose de varié
Ziggy : Et bien ! (rires)
Matthew : Ceci dit ''bien'' c'est pas super vendeur, on va dire ''super'' !

Non mais disons dans la composition ou les instruments, un son que vous avez peut être voulu mettre en valeur ou travailler … ?

M: Houla tu ne sais pas où tu t'embarques ! On a eu la chance d'enregistrer notre album dans un studio à Bruxelles, l'ICP, et ils ont un backline, donc une pièce avec une collection d'instruments incroyables de toutes les époques, ils ont un tas de claviers, de vieux synthé, de vieux pianos, une collection de guitares, d'amplis, de batteries .. On a passé énormément de temps comme des enfants dans un magasin de jouets à tout essayer, ça a fait de belles surprises ! Notamment avec le morceau ''When you know''. Le son vient surtout du fait qu'on s'est amusé avec un max d'instruments. On est arrivés en ayant travaillé la composition, et des chansons qui pourraient marcher limite qu'avec une guitare/voix ... enfin que les morceaux soient forts, c'était vraiment la ligne créatrice, le fil rouge du disque, et puis toute l'orchestration, l'instrumentation, l'habillage, on voulait laisser faire l'énergie du truc, et laisser ça parler …. D'où la chance d'avoir enregistré à l'ICP.

On vous pose souvent cette question, mais pouvez vous me rappeler l'anecdote du festival Couleur café ?

R: En fait on venait de sortir notre premier album (ndlr : Dubois died today) en 2007 avec un label indépendant juste en Belgique, et c'était notre premier festival de promotion donc on avait un peu peur. On passait au début du festival, donc on joue, et après notre passage il y a un incendie qui s'est déclaré. En fait le concert était filmé par une chaine de télé, et vu qu'ils n'avaient que nous, ils nous ont passé en boucle, et pendant ce temps, il y avait un autre festival qui s'appelle Werchter, en Belgique, où Incubus jouaient en tête d'affiche. Et donc eux pour passer le temps ils regardaient la télé, et nous ont vu donc en boucle toute la journée et se sont dit ''C'est quand même vachement bien ce groupe, en plus ils passent tout le temps ils doivent être hyper connus !''. Du coup ils nous ont contacté en nous demandant si on voulait pas ouvrir pour 16 dates, de leur tournée européenne. Pour nous c'était le point de départ par rapport à notre album qui sortait, et en plus de cette opportunité, c'était vraiment gigantesque pour un groupe qui commençait, de pouvoir ouvrir dans des salles allant de 10 à 20 000 personnes dans toute l'Europe .. On n'y a pas cru, ça a quand même mis trois mois, parce-que quand on te dit 'tu vas ouvrir pour Incubus', tu te dis 'je verrai si ça arrive', tu n'y crois pas du tout. Ça a quand même mis trois mois à se mettre en place, et puis quand on est arrivé au premier concert, on s'est dit 'mais c'est pas possible' quoi …
M : On est passé de trois pubs, deux bar mitzvah, 1 mariage, à 20 000 personnes ..

Par rapport au premier album, Dubois died today, qu'est ce qui a changé ? Dans vos intentions, vos visées, …

R : En fait il y a déjà eu beaucoup de temps entre les deux, trois ans, donc nous ça nous a permis de tourner beaucoup et d'apprendre énormément sur notre métier, et donc quand on nous demandé de ''finir'' l'album, on ne savait plus vraiment où en en était parce-qu'on a pas arrêté de composer pendant ces trois ans. Donc on avait tellement de choix, qu'une fois arrivé en studio on a fait un peu au pifomètre. Il y avait plusieurs chansons qui plaisaient à deux-trois personnes, à coté de ça on en a joué pas mal et composé pas mal qui seront probablement jamais enregistrées, donc c'était assez spécial. Ce qui a changé je dirais, c'est que comme disait Matthew, on a pu aller dans un studio extraordinaire, au niveau sonore ça fait une différence gigantesque, on a pu faire mixer l'album par Mark Plati, qui est quand même le mixeur de Bowie, de Charlie Winston etc, c'est pas n'importe qui, donc professionnellement, tout le packaging, tout l'album, a grandit par rapport au premier.
M : Le premier disque on était un groupe de scène, on enregistrait comme on jouait, c'était ''live''. Alors que sur le deuxième disque on a pu vraiment apprendre le métier de production, ce sont des métiers complètement différents, donc pour Something you might like, on a pris le temps de produire cette musique, et pas juste ''l'exécuter''.

Vous avez trois nationalités différentes, donc trois cultures, ce n'est pas trop difficile parfois de s'accorder ?

Z : Si, surtout moi, c'est vraiment difficile. Les groupes français, anglais ….
M : Face à la musique suédoise !! Ça te change de Abba, A-ha ..(rires)
Z : Mais oui mais vous ne me laissez pas écouter Abba ds le bus …
R : Non mais moi je suis hyper heureux parce-que le fait qu'on ait signé en France, a permis à un anglais et à un suédois de bouffer français ! (rires) Pas que des grenouilles et des trucs bizarres dans des ''French restaurant'' où ils mangent n'importe quoi. Ils ont pu voir la France de Nice à Lille, et je pense qu'ils aiment beaucoup, ils ont commencé à boire du vin rouge !
Z : Non mais on vient tous les trois d'univers différents, notamment la musique, et je pense que ça aide finalement, on se fait écouter des choses entre nous, ça aide pour l'inspiration, donc c'est cool. La plupart du temps ! (rires)
M : Non mais c'est vrai, mais ça tient aussi du fait que je pense qu'un musicien, par nature, est curieux, et ouvert à des nouvelles choses, à écouter ou lire ou voir, et le fait de rencontrer quelqu'un d'un autre lieu, d'une autre culture, tu découvres une gastronomie, un film, une littérature et un style musical. Romain m'a fait découvrir le Beaujolais Nouveau, et nous on lui a fait découvrir les Beatles quoi, il y a un bel échange (rires)
Z : Oui enfin faut pas comparer les Beatles au Beaujolais Nouveau ! (rires)


Matthew, pour quelqu'un qui ne voulait pas chanter, c'est quand même un beau tournant … Enfin moi si demain je veux chanter ça ne donnera pas du tout le même résultat !

M : (rires) Non en fait je voulais être guitariste quand j'avais 11 ans, j'ai reçu ma première guitare après avoir passé 1an à prendre la guitare de mon frère qui était gaucher, j'ai d'abord appris un solo des Guns'n'Roses, à l'envers puisque c'était une guitare de gaucher, donc mes parents se sont dit que je voulais clairement apprendre à jouer de la guitare, ils m'ont acheté une guitare. Je voulais être guitariste, vraiment c'était le seul truc que je voulais faire. Mais quand t'es anglophone, et que tu joues en Belgique avec des francophones, fatalement tu joues de la guitare et puis bah t'es anglais donc tu chantes parce que … parce que c'est plus cool (rires) donc j'ai été forcé d'apprendre, mais avec plaisir.

La remise en vente du premier album est elle toujours d'actualité ?

M : Oui ! Mais il ne faut pas non plus tout faire en même temps, et on veut faire ça bien. Something you might like était en rupture de stock, parce-que ça se passe très très bien, il a fallu le represser, c'est tombé au même moment que la b.o. de Largo Winch, et donc on s'est rendu compte que si on ressortait le disque, autant le ressortir avec le morceau pour le film, qui était un peu un électron libre que l'on avait fait vraiment en dehors du truc. Et il nous restait encore d'autres titres que l'on n'avait pas mis sur le disque, donc un qui était sur l'EP et pas sur l'album. Et puis Itunes avait demandé aussi pour l'exclusivité sur un morceau, donc ça c'est toujours sympa, alors on s'est dit qu'on allait se lancer dans ce projet, c'est du travail, on a beaucoup de chance de travailler avec une équipe au sein du label qui est vraiment incroyable, ils travaillent vraiment très très dur, et ils font tout pour que nous, on puisse faire ce qu'on aime faire le plus au monde. Donc on va ressortir le premier album mais on ne peut pas tout faire, on veut le faire dans un cadre confortable, repenser la chose …

Donc vous comptez modifier par rapport au premier jet ?

M : De nouveau tu vois on ne sait pas, parce-que si on change entièrement ou plein de choses, ce serait plus le disque. C'était l'album qu'on devait faire quand on l'a fait, dans sa nature, dans son son, dans sa composition, tout le travail qui a été mis dedans, c'était qui on était à ce moment là. Maintenant si on doit tout re-mixer, tout changer, autant partir pour le ré-enregistrer. Voilà on en est très fiers, enfin moi je suis encore très très fier de ce disque, donc c'est une décision à prendre … je ne sais pas, peut être que demain je te répondrais quelque chose d'autre !


Vous avez fait la B.O de Largo Winch, comme ça s'est passé ?

M : Le titre est un morceau de Cat Stevens, et c'est le réalisateur du film, Jérôme Salle, qui nous a contacté, et qui le voulait à la fin de son film. Donc il en a parlé avec les producteurs, qui apparemment étaient assez fans du disque, ils nous ont contactés, et Jérôme nous a dit qu'il voulait une version modernisée, qu'il aimait beaucoup notre son, et qu'il était curieux de voir ce que ça donnerait. On s'est prêté à l'exercice, on s'est dit qu'on allait essayer, en sachant que c'était un morceau culte, d'un compositeur culte, donc il fallait quand même respecter la vision originale que Cat Stevens a voulu lui donner. Il fallait aussi que ça aille à Jérôme, et pour nous il fallait que l'on puisse le défendre, qu'on en soit fiers, et que ça sonne comme du Puggy. Donc plaire à trois personnes, ce n'est pas facile, mais on s'est dit qu'on allait essayer, et voir ce qu'on pouvait faire. On a bossé dessus, on s'est acharnés dessus, on a retravaillé les maquettes avec Jérôme, c'était vraiment un exercice particulier parce qu'on a jamais travaillé comme ça. Quand on reprenait des morceaux c'était pour le ''fun'' et à notre sauce.
R : Aussi ce qui était compliqué, c'est que ce n'était pas notre idée de reprendre ce titre. C'était la vision du réalisateur, il voulait ce morceau là, pour ce film, et il voulait notre son dessus. C'est vraiment un gros challenge. Quand il a dit ''modernisé'' c'est qu'il voulait que ce soit quand même formaté d'une certaine manière, et que ça passe au cinéma, pour que les jeunes se retrouvent dedans. Donc ce n'était pas facile, on beaucoup travaillé dessus et on est super contents
M : Et en plus c'est un morceau qui n'a pas de refrain !
R : Oui, mais visiblement ça a bien marché, tu as vu ce soir quand on a joué le morceau, il a été repris, les gens ont été super réceptifs ! Donc voilà je pense que c'est pas ''pas réussi''.
M : Et le monde du cinéma est quand même complètement différent, c'était une chouette expérience.


Je voulais vous poser une question par rapport à ''How I Needed you'', que personnellement j'aime beaucoup, et qui est relativement très appréciée. Je voulais savoir un peu le point de départ pour ce genre de titre, qui est quand même assez 'dur' dans le texte ?

M : Les histoires d'amour ne se terminent pas toujours très très bien, donc ça part d'une émotion. Soit quand tu écris un texte tu écris une histoire, tu crées des personnages, ça devient une pièce fictive, soit tu écris quelque chose que tu as vécu personnellement, ou bien un état d'esprit que tu puises dans ton vécu, dans tes émotions, parce qu'il faut, il faut que ce soit vrai, pertinent, tu peux pas mentir. Moi ce qui me fait vraiment plaisir c'est de savoir que des gens peuvent prendre ce morceau et que ça colle à leur vie, parce que une rupture difficile c'est une émotion je pense, que tout le monde a vécu …

La pochette de l'album est assez originale et vaporeuse, est ce que vous vouliez véhiculer quelque chose de particulier à travers ce graphisme ?

R: D'abord cette pochette c'est une chouette rencontre avec Khuong Nguyen, qui avait ce concept de se mettre dans une pièce avec de la fumée, c'est assez spécial, en fait c'est de la glace, du carboglace. Pour notre EP on avait déjà fait un truc où on sautait en l'air, donc il s'est dit qu'on allait reprendre cette idée. Avant il avait fait des trucs tellement géniaux et hyper modernes, que c'était un vrai plaisir de travailler avec lui, et puis avant tout on s'est amusé à faire ça, à reconstituer un tableau, une composition particulière.

Mais oui le concept a bien marché, parce que la pochette 'marque' quand même assez

M : Oui mais donc tu vois, nous on fait des chansons, depuis qu'on est petits, et c'est ce qu'on fera toujours. Photographe, graphiste, ce sont des métiers avec des gens qui passent des jours et des nuits à bosser sur leurs photos, et Khuong Nguyen justement, c'est un mec qui a un univers très particulier, et comme Romain dit, il faut faire confiance à des gens qui ont des visions. On en a parlé énormément, et on a eu tellement de chance de travailler avec des gens talentueux que ce soit Jerôme Salle pour son film, ou Kuong, photographe qui veut faire la couverture de notre disque, ou Mark Plati, qui est un monstre dans le milieu, il est mixeur, compositeur, il a joué … et là il mixe pour nous, un petit groupe en développement. C'est génial !

Et ça contribue sacrément au succès de l'album

R: ah bah oui, c'est un tout, ça part du label et de l'équipe, et après tout les gens que tu croises et rencontres autour de la promo de l'album. Comme Nicolas Mongin qu'on a rencontré pour le clip de ''When you know'', qui est un mec super, il avait son idée, on s'est pas arrêté pour lui dire ''Mais pourquoi tu fais ça ?'' (rires) On savait ce qu'il faisait c'était cool !

La question bateau que l'on aime bien poser : Un album à retenir pour 2010 ?

M : Il y en a pas mal, il y a Sleigh Bells ..
Z :Vampire weekend est très bien
R : Phoenix c'était en 2009 ? Ouais, mais c'est quand même l'album de 2010
M : la réédition de Thriller de Michael Jackson
Z : c'est la 15e réédition c'est ça ?! (rires)
R : Ah, Black keys ! Le dernier est vraiment génial
M : Le dernier Britney Spears est vraiment extraordinaire … (rires)
R : Personne ne te croit tellement t'es pas honnête ! Par contre en 2011, je peux te dire l'album de 2011, les deux seuls de 2011 d'ailleurs, c'est ceux de Kaizers Orchestra. Il y en a un qui vient de sortir et l'autre en novembre. C'est un groupe norvégien, la musique est hyper perchée, c'est génial

Pour finir : une question qu'on ne vous a jamais posée, mais à laquelle vous auriez bien aimer répondre ?

R: ''Ça vous dirait pas d'aller boire un verre après ?!'' (rires)



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Un grand merci aux Puggy et à Clément pour leur disponibilité et leur sympathie, ainsi qu'à Serge Sabahi.


Site officiel de Puggy
Critique de l'album Something you might like
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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