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Interview : An Experiment On A Bird In The Air Pump


Margaux, le 07/12/2009
Sur scène, les trois Londoniennes d'An Experiment On A Bird In The Air Pump sonnent fort, portent du noir et du maquillage foncé et ont l'air plutôt patibulaire. Mais ô surprise, dans la vie vraie, ce sont trois filles très chaleureuses qui répondent avec enthousiasme aux questions qu'on leur pose. L'interview se fait dehors pour qu'elles puissent fumer malgré la pluie bretonne. Un homme s'approche très soucieux du fait qu'elles puissent attraper froid dans leurs petites robes et leurs shorts. "Pas d'inquiétude, on est Anglaises, on a l'habitude !"

Interview


Pouvez vous me raconter quand et comment vous vous êtes rencontrées, comment s’est formé le groupe ?

C-Bird : Le groupe s’est formé en avril 2008. D venait d’un autre groupe qui s’appelait Last Minute. Nous avons décidé de faire des jams et de former un groupe, tout ça en une semaine. Ça s’est fait très vite.

D-Bird : Mais C-Bird et X-Bird sont sœurs en fait. Et elles faisaient partie d’un autre groupe . Je les ai rencontrées devant un club et je leur ai demandé si elles pouvaient m’aider à payer l’entrée. C’est comme ça que l’on s’est rencontrées. Cela faisait deux ans que l’on se connaissait quand on a commencé à faire des sessions de jam, tout ça s’est passé de façon très spontanée.

Vous avez un nom très spécial, qui vient d’un tableau. Pourquoi avoir choisi ce nom ? Cela a-t-il juste trait au tableau ?

X-Bird : Si on regarde ce tableau, il ne représente pas uniquement un oiseau en train de se faire asphyxier dans une pompe à air. Je trouve que cette peinture est intéressante car les gens représentés regardent l’oiseau et ont l’air extrêmement intéressés par la mort qui approche. C’est comme si la moindre espèce présente sur Terre, même les plantes, vivaient ce même moment. Et je trouve cette peinture fascinante. Ce n’est pas juste une seule personne qui regarde l’oiseau mourir asphyxié, mais un couple, des enfants…

Votre musique pourrait être à l’image de cette peinture : très sombre et violente. Est-ce de la colère ?

X-Bird : Peut-être qu’en surface, les gens pourraient dire que notre musique vient de la colère, parce qu’elle est bruyante, dure et passionnée. Mais il y a beaucoup de cœur et d’âme à l’intérieur. Ce n’est pas obligatoirement de la colère. Ce qui nous pousse à faire cette musique relève plus du chagrin, de l’amour, de toute une palette d’émotions que nous ressentons. Pas uniquement de la colère.

Quand les filles jouent de façon bruyante et agressive, on les taxe de féministes. Quelle est votre position par rapport à cette idée ?

C-Bird : Je pense qu’il y aura toujours des personnes pour avoir cette réaction quand elles voient une femme attraper un instrument. C’est vraiment dommage que les gens considèrent les femmes de façon si différente. Alors certaines sont rangées dans la case des féministes parce qu’elles ont des guitares et jouent de façon bruyante. Mais ce n’est pas notre cas. Nous sommes juste des filles qui adorons écouter et jouer de la musique, former un groupe, parce que nous sommes exaltées par ces choses là. On se considère comme des musiciennes, des artistes. On ne se sent pas isolées, ou mises à l’écart.


Les groupes n’aiment pas trop être assimilés à une scène. Mais il y a quand même une sorte de scène londonienne, avec une émulation entre les groupes. En revanche, vous êtes plutôt différentes. Il n’y a pas de leader dans votre groupe. Est-ce délibéré ou cela s’est-il fait spontanément ?

X-Bird : Cela est venu très naturellement. Dans le groupe, chaque chose se passe de façon organique, très spontanément. Aucun des membre n’a un « job ».

D-Bird : Oui, nous sommes ensemble, on est censé être une unité, un gang, on est supposées s’aider mutuellement, et travailler ensemble pour faire émerger les choses. Mais beaucoup de groupes marchent comme ça aujourd’hui. Dans le sens où ils échangent leurs instruments. The Horrors fonctionnent comme ça. Sur le nouvel album le bassiste et le claviériste échangent leurs instruments. Maintenant les groupes se conçoivent plus en tant que groupes, et moins en tant que "frontman et son groupe". Tout le monde connaît chaque membre des Horrors individuellement. Je trouve que c’est une chose vraiment bien, cette égalité ente les membres. Comme Nirvana avait su le faire. Tout le monde connaissait Kurt Cobain le chanteur, Dave Grohl le batteur, Krist Novoselic le bassiste. Aucun des trois n’accaparait la totalité de l’attention.

Vous avez fait deux E.P. , et le deuxième est différent du premier, moins mélodieux, plus violent. Vous pensez qu’il y a déjà une évolution, comme un tournant dans la musique du groupe ?

D-Bird : C’est intéressant de t'entendre dire ça, personne ne nous avait fait remarquer que ce deuxième E.P était plus sombre, plus violent. La chose que l’on remarque le plus sur cet E.P, c’est le son des deux basses, que l’on utilise plus que pour le premier où il y avait plus une configuration "une basse, une batterie, un chant". Mais c’est la traduction de ce que l’on souhaite être aujourd’hui. Pour nous, nos chansons sont toujours très mélodiques, peut-être un peu plus bruyantes que le premier E.P, mais il y a toujours ce sens de la mélodie.

X-Bird : Nous évoluons constamment. Nous avons répété ensemble hier soir, et même quand nous faisions émerger une nouvelle chanson, nous faisions déjà varier notre son. Nous évoluons pour créer différentes chansons et différents types de sons. C’est important pour un groupe d’évoluer continuellement. Quand les choses deviennent stables et faciles, alors où est le fun ? On a besoin de se renouveler.

Juste une dernière petite question : Si vous deviez jouer avec un autre artiste, ce serait qui ?

D-Bird : Je pense que je dirais Fever Ray, car je suis totalement obsédée par ce son depuis la première fois que je l’ai entendu. Sa voix, sa musique, ses performances scéniques. Tout ce qui vient d’elle est si différent et exaltant.

C-Bird : Je jouerais probablement avec les Strokes. D’ailleurs Julian Casablancas vient de sortir un nouvel album. Oui je les aime beaucoup, j’adorerais jouer avec eux.

X-Bird : J’étais en train d’y penser, et ce serait vraiment cool si The Birds et Lionel Richie jouaient ensemble ! Ce serait intéressant et super drôle. Lui avec son piano, en train de faire des jams avec nous. Une sorte de noisy rock’nroll piano.
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