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Compte-rendu de concert

The Smashing Pumpkins


Date : 08/12/2014
Salle : Webster Hall (New York)
Première partie :

Après Chicago, Berlin, Londres et Paris, c'est finalement à New York que Billy Corgan venait clore sa tournée de présentation de Monuments to an Elegy, sa dernière production estampillée The Smashing Pumpkins. Épaulé par Brad “Rage Against the Machine” Wilk à la batterie et Mark “The Killers” Stoermer à la basse, Corgan a su (re)conquérir avec dix-sept chansons le cœur des quelques 1500 spectateurs qui ont fait le déplacement jusqu'au Webster Hall pour venir voir jouer le chauve le plus célèbre des nineties.

Alan, le 10/12/2014
( mots)

Carnet de voyage, chapitre 4. Aujourd’hui, direction St. Mark’s Place dans l’East Village, au numéro 96. Une adresse tout ce qu’il y a de plus banale à première vue, et pourtant… Bon nombre de fans de classic rock ont déjà vu le lieu sans même en avoir conscience : ce sont effectivement les 96 & 98 St. Mark’s Place qui apparaissent sur la pochette du Physical Graffiti de Led Zeppelin. Lieu de pèlerinage donc, mais là n’est pas le propos : en plus de la musique et des citrouilles, Billy Corgan a aussi comme hobby… le thé. C’est effectivement lui qui est à la tête du Madame ZuZu’s Tea Shop and Art Studio, établi à Chicago, et qui proposait ce lundi 8 décembre la vente exclusive de nombreux articles estampillés Smashing Pumpkins, mais aussi - et surtout - Monuments to an Elegy, la dernière production signée Corgan, un jour avant sa sortie nationale.

Dans le même temps, un évènement similaire se déroulait à New York, où le groupe devait se produire le soir-même. C’est donc tout naturellement dans un salon de thé local - situé au 96 St. Mark’s Place, donc, et malicieusement appelé Physical GraffiTea - que le groupe a installé son stand. De l’aveu de la gérante, “c’est une journée chargée aujourd’hui !”, les fans ayant visiblement fait le déplacement. Pour ma part, en plus de faire l’acquisition de l’album, j’en profite pour savourer un délicieux thé bien chaud, petit luxe dont on aurait tord de se priver au vu de la vague de froid qui sévit actuellement sur la Grosse Pomme. C’est donc une fois réchauffé et requinqué, album en main, que je prends la direction du Webster Hall pour un concert qui s’annonce d’ores et déjà hors normes.

De par le lieu, tout d’abord : les Pumpkins, habitués à des salles de plus grande envergure, ont choisi pour le coup d’investir un Webster Hall prestigieux et mythique de capacité bien moindre (1500 personnes tout au plus dans le Grand Ballroom) pour présenter Monuments to an Elegy au public new-yorkais. De par l’effectif, ensuite : s’étant récemment séparé de Mike Byrne et Nicole Fiorentino, Billy Corgan se retrouve aujourd’hui épaulé par le seul Jeff Schroeder. Non content de s’être déjà octroyé les services de Tommy Lee, batteur de Mötley Crüe aussi taré que génial une fois assis derrière ses fûts, pour l’enregistrement de la galette, Corgan a continué à taper dans le haut du panier en faisant appel cette fois-ci à Brad Wilk, batteur de Rage Against the Machine, et Mark Stoermer, bassiste des Killers, pour promouvoir ladite galette sur scène. Rien que sur le papier, ça ne laissait déjà présager que du bon. Et putain, c’est peu dire.

De Mellon Collie à l'élégie

C’est avec une bonne demie-heure de retard que Corgan et ses acolytes investissent la scène, sans s’encombrer d’une quelconque première partie. Le public, impatient, ne cache pas son excitation alors que prennent place dans l’ordre Brad Wilk, Mark Stoermer, Jeff Schroeder et enfin M. Corgan, accueilli par bon nombre d’applaudissements et d’acclamations. C’est sur “One and All” que s’ouvre le concert, nouveau morceau extrait de Monuments to an Elegy au riff bien trempé et réminiscent des “Classic Pumpkins”. Les guitares de Corgan et Schroeder se répondent mutuellement et résonnent dans la salle, la frappe de Brad Wilk se veut claquante et précise, la basse de Mark Stoermer ronde et chaleureuse : la sono est impeccable, pour ne pas dire parfaite, et retransmet aussi bien l’intensité des rockers que l’atmosphère vaporeuse et éthérée des morceaux à la veine psyché et plus en retenue.

Bien qu’identique - et donc bien rôdé - aux dates précédentes, c’est ici un set très hétérogène qui se déroule peu à peu, comprenant aussi bien des morceaux issus de Monuments (cinq au total) que des classiques et fan favorites de la période Siamese Dream et Mellon Collie, le tout entrecoupé de curiosités telles que “Glass and the Ghost Children” et “Stand Inside Your Love”, tous les deux issus de Machina I, ou encore une reprise du “Fame” de David Bowie en fin de set. Ce-dernier se découpe globalement en deux parties, avec une première moitié qui, à l’aide de ses nouveautés et ses curiosités, construit progressivement l’ambiance déchaînée que l’on retrouve sur la seconde, dont le climax reste indéniablement le duo dévastateur formé par “Zero” et “Bullet With Butterfly Wings” qui fait suite à un “Disarm” poignant et repris en choeur par l’ensemble du public.

Mention spéciale à “Monuments”, dont la relecture intéressante substitue au motif de clavier sur lequel le morceau est construit un lick de guitare bien plus attrayant. “Silverfuck” clôt dignement les hostilités avant un rappel comprenant “Ava Adore”, extrait d’Adore, et “Burnt Orange-Black”, outtake des sessions d’enregistrements de Monuments to an Elegy et Day for Night (ultime volet de Teargarden by Kaleidyscope attendu pour 2015) dont on ne sait pour le moment pas encore si celui-ci figurera sur ce prochain album. C’est en fin de compte après 1h45 de set que les citrouilles remercient un public extatique et quittent la scène sous les acclamations de celui-ci. Rien à dire, le set était solide, presque parfait. Presque : on n’aurait certainement pas craché sur un “Cherub Rock” ou un “1979”.

The All-Star Pumpkins

Un nom de groupe qui, en plus de claquer, se veut pour le coup plus pertinent que celui sous lequel Corgan and friends venaient jouer ce soir : les puristes continueront de hurler au scandale, à l’imposture, à l’esbroufe, clamant que ce groupe n’a plus des Smashing Pumpkins que le nom et que les gens suffisamment impies pour aller le voir jouer en concert n’y verront que le tyrannique Billy Corgan entouré de musiciens toujours différents d’un cycle sur l’autre. C’est vrai, à la différence près qu’il s’est cette fois-ci entouré de véritables pointures pour cette mini-tournée. Pour dire les choses clairement : Mark Stoermer, en plus d’être avec le regretté Mark Tulin le seul bassiste masculin à avoir joué aux côtés de Corgan en presque vingt-cinq années, a fait preuve d’une indéniable maîtrise de son instrument, et Brad Wilk a tout simplement été époustouflant.

N’ayant pas eu l’occasion de voir jouer les line-ups les plus récents, et étant bien évidemment trop jeune pour avoir pu voir jouer le line-up d'origine, je ne me tenterai ici à aucune comparaison. Toujours est-il que ce line-up, que l’on pourrait pourtant assimiler à une créature de Frankenstein mise sur pied il y a seulement quelques semaines, n’en demeure pas moins bluffant de par sa précision et son alchimie, chaque membre se démarquant à sa manière : alors que les lumières se braquent sur Schroeder lorsque celui-ci entame un solo endiablé sur l’une de ses Les Paul et que Brad Wilk attire l’oeil du spectateur de par l’ampleur de ses mouvements (celui-ci a même envoyé valser une de ses cymbales à plusieurs reprises), Stoermer, les yeux rivés sur les cordes de son instrument, demeure imperturbable, à l’image d’un John Entwistle impassible et pourtant si charismatique.

Et puis il y a Corgan, “Super Zero” décidément toujours aussi chauve et reconnaissable entre mille avec son timbre nasillard si particulier : sans forcément être très loquace, celui-ci reste très communicatif avec son public, s’adressant à lui et s’exprimant au travers d'une gestuelle qui se veut taquine sans pour autant paraître ridicule. L’homme s’amuse et semble toujours prendre autant de plaisir à interpréter ses chansons sur scène, quels que soient les musiciens qui l’entourent. Menant cette fois-ci un quartette exempt de claviériste, il propose ici une autre approche de Monuments to an Elegy, dont les morceaux sont joués dans une veine beaucoup plus rock propre à Siamese Dream et Mellon Collie, à l’opposé des versions studios qui s’inscrivent davantage dans la continuité d’Adore et Machina. En bref : Corgan a démontré qu’il maîtrisait parfaitement son sujet sur scène, et que la réputation de groupe phare du rock alternatif des nineties que l'on attribue aux Pumpkins est loin d'être usurpée.

Impressionnante, éblouissante, époustouflante prestation que cet ultime concert de présentation de la dernière production des Smashing Pumpkins. Épaulé par des musiciens d’exception, Corgan a su offrir à son public non seulement un habile aperçu de ses dernières compositions, mais aussi - et surtout - une digne célébration des nineties insouciantes et optimistes, entre nostalgie et apologie, au travers de morceaux désormais indissociables de cette décennie dans laquelle sa musique est inscrite, et ce de manière indélébile.

Setlist : 1. One and All (We Are) - 2. Being Beige - 3. Hummer - 4. Tiberius - 5. Tonight, Tonight - 6. Drum + Fife - 7. Glass and the Ghost Children - 8. Stand Inside Your Love - 9. Monuments - 10. Drown - 11. Disarm - 12. Zero - 13. Bullet With Butterfly Wings - 14. Fame - 15. Silverfuck

Rappel : 16. Ava Adore - 17. Burnt Orange-Black

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