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Compte-rendu de concert

The Prodigy


Date : 15/03/2009
Salle : Zénith (Paris)
Première partie : South Central, Vicarious Bliss
Maxime, le 24/03/2009
( mots)

12 ans !! Cela fait pratiquement douze ans que les vaches folles de The Prodigy ne sont pas allé brouter sur le sol d’outre-Manche. Si on ne se trompe pas, leur dernière venue en Hexagone remonte au festival Rock à Paris en 1997, ancêtre de Rock en Seine, alors que le gang de Liam Howlett était porté aux sommets par les singles "Breathe" et "Firestarter". Dans un zénith plein à craquer depuis plus d’un mois de toute la génération Fat Of The Land où l’on croise aussi bien des métalleux que des geeks au bouc constellé de pellicules, l’attente et palpable. Chacun piaffe en attendant de se prendre en travers du pavillon auditif la furie techno-punk d’un groupe de légende qu’il n’avait, pour la plupart, encore jamais vu en live. On prend alors son mal en patience en allant régulièrement se ravitailler à la buvette de cocktails Prodigy (vodka + pomme) en zieutant les quelques nostalgiques attardés qui se sont fait pour ce grand soir la double iroquoise du Keith Flint de la glorieuse époque.

En guise d’apéritif, les anglais de South Central s’attèlent à un DJ set un peu long au démarrage (lequel s’ouvre sur la version originale de "Some Velvet Morning" de Lee Hazlewood et Nancy  Sinatra) pour les brutales festivités qu’il est censé introduire. Une grosse demi-heure s’en suit, puis un écran descend alors lentement du plafond. Introduction visuelle au barnum du prodige briton ? Raté, on a droit à une projection de spots publicitaires, peut-être pas la meilleure idée face à une assistance viscéralement tiraillée par l’attente. Les gobelets fusent en guise de réponse. Un teaser du prochain film Disney (une histoire débile de chihuahuas qui parlent) déclenche une véritable émeute. Un spectateur s’interpose en travers du faisceau lumineux et le public obtient gain de cause : la toile repart d’où elle vient. Suit un DJ set de Vicarious Bliss dans le plus pur style Ed Banger, perfecto, sweat à capuches, clavier martelé pour montrer combien on fait grincer le son comme un gros malade et des titres plus prévisibles les uns que les autres : "Phantom Pt II" remixé par Soulwax (introduit par le DJ en barrant les bras en croix, au cas où on n’aurait pas compris), "Cheap And Cheerful" des Kills à la sauce Sebastian, version bootleg de "Killing In The Name" de Rage Against The Machine, hommage appuyé au "Block Rockin’ Beats" des Chemical Brothers… On a l’impression de revivre à l’identique le set livré par Busy P aux derniers Solidays. Dans la clique de Pedro Winter, il y a une désagréable tendance au panurgisme… Une grosse heure de ce traitement abrutissant achève les nerfs de l’assistance, qui commence à rappeler de façon sonore qu’elle désirerait ardemment rentrer dans le vif du sujet. Aussi la voit-on bouillir lorsque le duo laisse à nouveau place à South Central, venu clore la première partie avec une ultime demi-heure qui aura duré une éternité pour plus d’un. Dès que le volume baisse un tantinet, les huées et les noms d’oiseau se mettent à fondre en piquet sur le DJ qui ne trouve que des fuck pathétiques et le passage de "Vous êtes des animaux" de Mr. Oizo à brandir pour sa défense. Une révérence devant les laptops d’Howlett (que l’on commence à booter derrière lui) signe un départ quasi-inespéré par une écrasante majorité de la population.

 

Il est finalement plus de 21 heures 30 lorsque les lumières s’éteignent pour laisser place aux spots aveuglants aux couleurs d’Invaders Must Die (blanc cru et orange fluo) qui se voient accompagnés par une ovation monstrueuse en forme de délivrance. Déboulent Liam Howlett, Keith Flint, Maxim Reality, tous plus tatoués et piercés les uns que les autres, flanqués de Rob Holliday à la guitare et de Leo Cabtree à la batterie. C’est sous une orgie de beats pithiatiques et des torrents de stroboscopes que s’ouvre le set avec le récent "World’s On Fire". Plus musculeux que jamais, Flint pique des sprints de part et d’autre de la scène tandis que l’imposant Maxim tient la foule en respect de ses admonestations. En fourmi besogneuse, Howlett pianote fébrilement, imposant une assourdissante armada d’infra-basses qui étranglent la jugulaire et de déflagrations rythmiques transformant le crâne en shaker humain, à tel point que les deux autres musiciens ont peine à se faire entendre, si bien qu’on croirait qu’ils maltraitent leurs instruments sans que ces derniers aient été préalablement branchés. Mais la débauche survient réellement lorsque déboule dans les speakers la phrase "What we’re dealing with here is a total lack of respect to the law". Clairement, le public était venu se prendre une claque old-school. Il sera servi. Propulsé par un volume que nos enceintes domestiques ne nous autoriseront jamais, "Their Law" exhale comme au premier jour sa bestialité martiale. Et la populace de scander des "Fuck’em" de concert avec le MC vaudou. Dès lors, c’est une fatale alternance entre tubes à la puissance décuplée ("Breathe" mué sur la fin en redoutable hip-hop tribal copulant avec un dub obèse, un poisseux "Poison", une version écourtée et un poil bâclée de "Firestarter", un aliénant "Voodoo People") et terribles emprunts à Invaders Must Die qui, comme on s’y attendait, se défend aussi bien sur scène qu’il nous avait rendu sceptiques sur disque. "Omen", "Warrior’s Dance", "Run With The Wolves" sont de véritables prétextes à des déferlements de claviers hystériques qui scient les jambes à force de les faire remuer. Un nuage de vapeur s’élève de la fosse en transe tandis que sur les gradins on danse en mettant des coups de latte dans les sièges du rang de devant. Un inédit qu’on oubliera aussi vite qu’on l’a entendu ("Comanche") signe un premier retour au vestiaire.

Destiné à achever l’assistance, le rappel remplit son office, même si le "Invaders Must Die" avec lequel il s’ouvre se révèle moins jouissif que sur platine. Ce qui est largement compensé par un surprenant "Diesel Power" instrumental et un "Smack My Bitch Up" d’un violence inouïe, l’un des climax de la soirée. Une courte séquence de "Your Love" introduit un "Out Of Space" final, beuglé a cappela par la foule devant un Maxim ravi et un Howlett comblé de constater combien il avait manqué au public français. Les lumières se rallument alors, "Stand Up" signalant la rapatriement général dans les cahutes. Abasourdi par l’expérience, quasi à l’état liquide, on conserve tout de même assez de jus pour dresser quelques doléances. La première, c’est la durée du set : seulement 80 minutes, la première partie avait joué plus longtemps ! Et tant de morceaux laissés sur le carreau, "Funky Shit" ou "Serial Thrilla" pour ne pas les citer, et surtout aucun "Spitfire", pas le moindre extrait de Always Outnumbered, Never Outgunned, comme s’il constituait un chapitre honteux de l’histoire du groupe. Un dernier sentiment bourdonne à l’esprit alors qu’on quitte l’arène : celui d’avoir vu un The Prodigy en forme, mais auquel il manquait un peu de la folie de la décennie précédente, ce petit côté destroy, un peu régressif. Keith Flint s’époumonait et gesticulait, Maxim apostrophait, mais on n’a pas retrouvé les grimaces baveuses de l’un et les mines patibulaires de l’autre, elles qui donnaient tout le charme dégénéré et inimitable des pontes du Big Beat. Réserves de fan acharné qu’il faut minorer. Car pour l’essentiel, Prodigy a fait le job, aidé en cela par une puissance de feu qui présage de véritables boucheries estivales à Rock en Seine et aux Eurockéennes.


Setlist :
World’s On Fire
Their Law
Breathe
Omen
Poison
Warrior’s Dance
Firestarter
Run With The Wolves
Voodoo People
Comanche

Rappel :
Invaders Must Die
Diesel Power
Smack My Bitch Up
Take Me To The Hospital
Out Of Space

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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