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Compte-rendu de concert

Shaka Ponk


Date : 03/02/2012
Salle : Aéronef (Lille)
Première partie : BRNS
Mathilde, le 07/02/2012
( mots)
Shaka Ponk. On ne les présente plus. Profitant depuis quelques mois d’une belle visibilité médiatique et d’un bouche à oreille enthousiaste, ils sont nominés pour les prochaines Victoires de la Musique et tutoient la célébrité depuis leur dernier album The Geeks and the Jerkin' Socks sorti en 2011. Leur musique est réputée hyper adaptable aux goûts de chacun puisqu’en forme de joyeux fourre-tout d’influences musicales diverses. C’est donc sans surprise que ce soir on fait face à une audience bordélique d’adolescents/adulescents et même de quelques pré-pubères, de toutes tribus et de tous bords. Ce soir il a neigé sur la métropole lilloise (ce qui privera d’ailleurs un bon nombre du concert de ce soir) mais les gamins, gonflés à bloc et arrivés très tôt débarquent en t-shirt, jupe ou bermuda, déguisés, le visage peinturluré, des plumes dans les cheveux, affichant le sourire béat de ceux qui savent d’avance qu’ils passeront un bon moment. Le public de "little monkeys" est bouillant, et hurle "A pooooiiiiil !!" tout en réclamant le groupe bien avant la première partie. 


Cette première partie, ce sera BRNS (prononcez  "Brains") un quatuor de Louvain la Neuve qu’on jurerait londonien avec leur anglais parfait et leur allure timide de geek d’outre-manche. La fosse de l’Aéronef est pour le moment à moitié pleine, le public s’échauffe, enchaine les bières et ajuste sa tenue comme pour se préparer à un carnaval, et c’est plutôt de saison. C’est donc en cercle que le groupe se positionne poliment et discrètement, le batteur est de profil pour faire face à ses acolytes. Un style musical et une ambiance bien différente de la Shaka team. Le premier morceau "Here Dead He Lies" a des accents mâtinés de Panda Bear ou autre Foals. C’est le batteur qui assure le lead vocal, se dévissant les cervicales à chaque frappe. Les autres musiciens attentifs au leader, lancent ligne de basse et guitare vacillante alors que le quatrième membre soutient l’ensemble avec son tom basse et ses claviers. Une lumière de projo différente à chaque chanson et le groupe éclate plus tard avec l’enlevé "Mexico" qui fait écho au son samba-afro de Vampire Weekend. BRNS s’avère être un petit groupe doué, sachant équilibrer ses morceaux de rythmiques catchy et de mélodies tendues. Une bien belle première partie. La fosse s’est montrée réceptive et encourageante face à cette formation belge qui comblera les esgourdes des fans de post-punk/math-rock et des adeptes des groupes révélés par les couv’ du NME. Un EP éponyme est disponible, il faudra s’en contenter pour l’instant. 

C’est sous des acclamations insistantes et un public conquis d’avance que s’anime le fameux écran circulaire présent à tous les Shaka shows. Un petit singe futuriste aux yeux lasers, sans doute un petit frère de la mascotte Goz, y apparait et introduit le set pendant que les musiciens s’installent dans le noir, non sans provoquer des cris hystériques de l’audience. Le concert débute avec l’électro-ska "Shiza Radio". Pas d’économie d’énergie, le groupe envoie du lourd dès le début et Frah, le chanteur, n’attendra pas la deuxième chanson pour se jeter dans la foule. "Qu'est ce que vous êtes beaux !" s’écrie-t-il devant un tel bouillonnement. Ça pogote de tous les côtés, ça sent déjà clairement le fauve depuis le balcon, et on n’est qu’au début… Puis "Reset After All" donne l’occasion au public de pousser la chansonnette à grands coups de "I cannot control myself". Le trublion Frah et la top modèle Samaha vont au contact : que ce soit entre eux, avec les musiciens, ou avec le public, perchés sur ce qui ressemble à des housses de rangement de caisse claire. Les deux gesticulent sans faiblir. La déambulation simiesque et les positions suggestives seront de rigueur tout du long, au cas où on serait un peu miraud et qu’on n’aurait pas vu le clip de "Hombre que Soy" projeté derrière, totalement explicite avec sa ribambelle de danseuses de lap dance, et ça c’est pour la partie soft.

S’il y a un personnage qui fait l’unanimité c’est bien le singe Goz, véritable ambassadeur du groupe, et toujours doté de nouveaux accessoires, piercings ou coiffures, comme un monsieur patate virtuel que le groupe s’amuse à relooker sans cesse. Son apparition sur "Hell’O", un des anciens titres mis à l’honneur ce soir (pour satisfaire les fans de la première heure, aussi) permet de se rendre compte à quel point le côté visuel est important et indissociable du concept Shaka Ponk, et comment il est maitrisé par ces amoureux du bidouillage informatique. "Dot Coma" et ses guitares pop punk est d’ailleurs l’occasion pour les deux interprètes de montrer par des jeux d’ombres et d’effets l’étendue de leur obsession pour la mise en scène de leurs chansons.
Seulement voilà, à trop vouloir en mettre plein la vue, on perd de vue justement les musiciens et tout le talent qu’ils paraissent avoir. L’énergie dont ils font preuve est amplement masquée par les immenses images de l’arrière plan qui pulsent sans arrêt. C’est bien ça qui est dommage, ne pas pouvoir apprécier le réel et concret talent des personnes en présence, celui de départ, celui qui est dénué de virtuel ou de tout autre artifice. Y a de quoi les préférer plus posés, en acoustique, dans des petits salles ou débarassés de leur animal. Ce qui est sûr c’est que les Shaka sont adeptes du rock fusion, puisque leurs titres oscillent entre électro, funk, rock, ska et parfois métal. Mais dissocier ce que chaque musicien exécute relève quasiment de l’impossible. Pourtant n’est-ce pas un peu le principe d’un concert ?

Deux-trois gamins d’une dizaine d’années époumonent les paroles de chaque titre par cœur, et n’ont pas l’air choqués outre-mesure par leur contenu (le comprennent-ils ?). Et tant pis si les chansons s’appellent "Let’s Bang" et "Sex Ball" (Ils en ont certainement vu d’autres. Sur internet. Quelle génération. Bref). Pour ce titre, la féline Sam se risque à aller seule dans la fosse en repoussant avec son autorité naturelle les sauvages gamins qui sont prêts à lui sauter dessus : "Don't fucking move !!" leur ordonne-t-elle. On a franchement peur pour elle mais ça marche, la fosse se calme et s’assoit autour d’elle. Beau moment atypique. Tout comme la battle de percussions, trop rapide au demeurant, entre le singe virtuel et le batteur réel prénommé Ion, qui fête d’ailleurs ses trente ans ce soir. Quel cadeau pour lui que ce public lillois dépravé juste ce qu’il faut, ce public qui a l’immense joie d’apprendre qu’il est le meilleur de France. Version Shaka Ponk ça donne : "Vous avez battu le record de corones". Nul besoin de traduire. Entre temps Frah parlera de "riffs de batterie et de guitare pour les homosexuels"(?), de lancer de strings... Viendront s'ajouter d'autres commentaires, dialogues libidineux et minauderies hurlantes et exagérées pour meubler les rares transitions. Lourd. Mais le public parait satisfait et même pas fatigué.
Il y aura finalement deux rappels et autant de nouveaux déguisements qui slameront dans le public. Tiens, deux garçons habillés en banane... Les titres "Prima Scene" et "How We Kill Star", qui ont fait connaitre le groupe, ne seront pas oubliés. Toujours aussi efficaces, ils ont de quoi rendre nostalgiques. Le set s’achèvera sur "French Touch Puta Madre", histoire de finir dans la finesse. Le public est trempé, on imagine le changement de température quand il sortira. Mais voilà, une folle soirée ne se vit pas à moitié. Après de chauds et sincères remerciements, le groupe quitte la scène. Ce concert de Lille, sans doute pour eux un des meilleurs de leur tournée. 


Pour ceux qui n’avaient jamais vu Shaka Ponk sur scène, l’émerveillement fut sûrement au rendez-vous, mais pour les autres qui ont assisté à leurs précédents concerts et qui affichent aussi quelques années de plus au compteur… Gloups, la pilule a pu mal passer. Et que dire de la digestion après deux heures de bombardement d’effets, d’énergie lourdingue, de happy-free attitude lubrico-agaçante ? Quitte à passer pour des rabat-joie, certains sortiront ballonnés d’un show certes bien ficelé mais trop chargé en chantilly, telle une parade de nuit d’un célèbre parc d’attraction (où la souris serait remplacée par un singe déluré) qui défilerait en boucle. Gare à la saturation. Et à la surenchère du graveleux.
Alors même si SHKPNK est un collectif généreux et intelligent qui donne tout à chaque prestation scénique, un groupe plein de ressources qui sait composer avec les nouvelles technologies et qui est -pour avoir rencontré le groupe- très sympathique… il faut bien avouer que parfois, un peu de subtilité dans leur Shaka mixture serait la bienvenue.

Setlist:
- Intro
- Shiza Radio
- Reset After All
- Hombre Que Soy
- Twisted Mind
- Hell'O
- I'm a Lady
- My Name Is Stain
- Brunette Localicious
- Dot Coma
- Te Gusta Me
- Run Run Run
- Battle
- Sex Ball
- I'm Picky
- Prima Scene
- Palabra Mi Amor
- How We Kill Stars
- Let's Bang
- French Touch Puta Madre
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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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