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Compte-rendu de concert

Radio Moscow


Date : 08/03/2008
Salle : L'Ouvre-Boîte (Beauvais)
Première partie : The Cavaliers
Maxime, le 12/03/2008
( mots)
Comment peut-on encore faire semblant de se plaindre du fait que la culture n’est pas accessible au commun des mortels quand il suffit de prendre sa bagnole et de mettre le cap sur l’Ouvre-Boîte, salle basée à Beauvais, Picardie. Là, une excellente soirée rock’n’roll vous tend les bras …pour pas un rond (si ce n’est les bières qui plafonnent à deux euros). Soirée rock’n’roll mais foncièrement old school puisque les références affichées par les deux groupes ne doivent pas dépasser 1973.

Direction le bar de l’Ouvre-Boîte où la petite estrade faisant office de scène est foulée à 21 heures 08 précises par les parisiens de The Cavaliers. Gominés et attifés comme s’ils sortaient d’un épisode d’Happy Days, les quatre lascars donnent dans le plus pur exercice surf sixties, quelque part entre The Tornadoes et The Ventures. Fenders Jaguar, amplis et matériel vintage, coups de manche synchronisés, tout y est, si ce n’est les casquettes de titi parisiens qui nous assurent que nous ne sommes pas à Orange County. Le sourire au coin, le quatuor égrène de joyeux riffs grésillants, dans le plus pur style de l’époque, livrant un net aperçu de leur premier album, à paraître bientôt chez Born Bad. Le groupe n’économise pas son énergie, variant les tempos (ici quelques invitations à des twists endiablés, là une ballade chaloupée pour mieux se replonger dans d’autres giclées électriques), se mêlant au public pour venir sabrer ses guitares de plus belle. Malgré une audience pas assez dansante à son goût (un utopique 45 tours est promis au plus motivé), le combo consent à un bref rappel débutant sur le riff de "Misirlou" comme pour mieux narguer un auditoire qui en matière de surf ne doit en effet connaître principalement que le morceau titre de Pulp Fiction (signé Dick Dale). Mise en bouche fort affriolante.

http://www.myspace.com/calaverascaballeros


Après cette joyeuse entame, c’est avec une impatience non feinte qu’on trépigne pendant le changement de plateau. Les Radio Moscow , on les avait raté lors de leur passage parisien à la Maroquinerie. Ce soir fut la dernière chance de les voir, puisqu’ils repartaient le lendemain pour les USA après un mois complet d’intense tournée en France (une quinzaine de dates, ce qui est hallucinant quand on sait que leur album n’est même pas officiellement distribué en Hexagone). On avait un peu peur de voir le trio fatigué, vidé, lessivé. C’est sans compter sur le fait que les gaillards sont jeunes et promptement aidés par une consommation active d’alcool. Presque intimidé devant la cinquantaine de personnes postées à moins d’un mètre devant lui, Parker Griggs arbore un sourire pincé lorsqu’il salue l’auditoire, déplorant son dernier soir en France, aussi placide dans son attitude qu’intraitable lorsqu’il dégobille l’intro de l’album. Wah-wah infernale trébuchant sur une rythmique avançant sur des charbons ardents, ces natifs de l’Iowa ne font pas de cadeau. Le visage dissimulé derrière un rideau de cheveux, le bassiste Zach Anderson est sur le qui-vive, scrutant à chaque instant ses comparses de son unique œil libre. Keith Rich martèle ses fûts de toute sa fougue juvénile, achevant la batterie qu’on lui a mis à disposition (pour le set des Cavaliers, la caisse claire a rendu l’âme, c’est cette fois-ci au tour du charleston et de la pédale de la grosse caisse de déclarer forfait). "Frustrating Sound", "Mistreating Queen" font des ravages, tout comme les intraitables "Luckydutch" et "Deep Blue Sea" sur lequel Griggs fait plus que jamais penser à Rory Gallagher. Quelques nouvelles compositions sont jouées, souffreteuses, habitées, parfaites. On pensait que les chansons de Radio Moscow étaient d’exemplaires prétextes à quelques jams dopées aux pédales d’effets. Sur ce plan, et c’est la seule déception de la soirée, le groupe reste assez économe. Mais même exécutés tels quels, les titres font très mal et le public se trouve complètement possédé par cette débauche sonique, obtenant à l’aide de Fil, imposant mais affable gérant des lieux, deux rappels au cours desquels le trio livre les dernières plages de son premier opus telles que "Timebomb". Ayant joué l’intégralité de son jeune répertoire, le groupe n’a plus d’autre choix que d’entonner la reprise de Greg Shaw, "I Just Wanna Make Love To You" que l’on peut écouter sur leur page MySpace. Le concert nous hante encore alors que notre voiture fend le glacial vent picard vers la capitale, le pied martelant le plancher, le gosier s’époumonant à l’infini : "She don’t give a damn, a damn for me…"
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Album de la semaine

Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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