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Compte-rendu de concert

Muse


Date : 08/05/2015
Salle : Webster Hall (New York)
Première partie :

De retour le mois prochain avec une septième production studio, le trio de Teignmouth a d'ores et déjà commencé à présenter sa nouvelle galette ici et là avec quelques dates en pagaille. Retour aujourd'hui sur le passage de Muse à New York qui, croyez-le ou non, s'annonce plutôt prometteur pour la suite.

Alan, le 21/05/2015
( mots)
N’en déplaise à ses détracteurs, il y a une chose qu’on ne peut ôter à Muse : sa capacité à remplir les stades, à donner dans le grand spectacle, à déchaîner ses hordes de fans à grand renfort de rafales de décibels - en bref, sa maîtrise du live. Muse est, et restera vraisemblablement pendant encore longtemps, l’un des meilleurs groupes live à tourner actuellement. Malgré tout, il arrive que Matthew Bellamy calme ses ardeurs et délaisse temporairement les Bercy et autres Stade de France pour se rabattre sur des salles d’envergure bien moindre, comme ce fut le cas lors de la sortie de The 2nd Law en 2012 - pour l’anecdote : le concert donné à l’Olympia reste un souvenir mémorable. Quel privilège que de voir le trio de Teignmouth fouler la scène d’une salle ne dépassant pas les 2000 places !
 
Et puis, coup de tonnerre : à l’approche de la sortie de Drones, Muse a jeté son dévolu sur le Webster Hall new-yorkais pour sa tournée promotionnelle. Alignement des planètes ou bien simple concordance de calendrier ? Qu’importe, une chose demeurait pour le moins sûre : Muse qui choisit de se produire dans une des salles les plus mythiques de New York face à quelques 1500 fans, c’est immanquable. Et ça n’a pas manqué : Albumrock y était, et l’heure est venue de partager avec vous le récit de cette mise en bouche avant la sortie de Drones le 8 juin prochain.
 
Difficile pour nous européens - et français a fortiori, l’Hexagone ayant toujours été une terre d’accueil pour le groupe - de jauger l’engouement que suscite Muse outre-Atlantique, Bellamy & co. ne s’étant imposés chez l’Oncle Sam qu’à partir d’Absolution, voire même de Black Holes and Revelations. Disons-le clairement : les fans américains sont tout aussi passionnés que chez nous, d’autant plus que ceux-ci ont logiquement eu bien moins d’occasions de découvrir Muse sur scène que nous, fellow frenchies - à titre personnel, il s’agissait de ma sixième fois, bien loin des dixième et seizième (!) fois des autres français qui m’accompagnaient.
 
Durcir le ton
 
Après un set anecdotique de Bear Hands, groupe originaire de Brooklyn à mi-chemin entre Blink et Placebo - si si, pour de vrai - à qui revenait la tâche d’ouvrir la soirée, Matthew Bellamy, cheveux coupés, Chris Wolstenholme, cheveux en pagaille, et Dom Howard, cheveux teints en noir, investissent finalement la scène - accompagnés comme toujours de Morgan Nicholls - et initient instantanément un mouvement de foule avant que ne retentisse la moindre note. Ayant reçu des critiques très partagées autant au sein de la rédaction d’Albumrock qu’au sein des lecteurs, “Psycho”, qui ouvrait le set, a néanmoins fait l’unanimité ce soir : avec son riff lourdement burné et sa rythmique brutale, le premier extrait issu de Drones a su dévoiler tout son potentiel, retournant le Webster Hall sens dessus-dessous en aussi peu de temps qu’il en faut pour dire “Your ass belongs to me now” - lol.
 
À l’inverse, “Dead Inside”, avec sa structure et ses sonorités directement empruntées à “Madness”, s’avère être relativement plat et sans grande saveur. On en arrive déjà à se demander si ce premier single survivra à cette tournée. Pas le temps d’y réfléchir bien longtemps néanmoins puisque suit “Supermassive Black Hole” qui remet les pendules à l’heure en foutant de nouveau un bordel pas possible dans une fosse épileptique : la guitare se veut plus brute, et la batterie plus percutante, pour un rendu encore plus agressif que d’accoutumée. On n’y croyait pas trop, et pourtant : Muse avait annoncé vouloir revenir à ses fondamentaux et a de ce fait durci le ton - “Stockholm Syndrome” et “New Born”, tous les deux aussi épiques que ravageurs, parlent d’eux-mêmes, sonnant tous deux plus metal que jamais.
 
Quelques surprises de rigueur, à l’image de “The Groove”, face B de “Time Is Running Out”, ou encore “Apocalypse Please”, qui n’avait pas été jouée en live depuis 2008 et a projeté le public dans une véritable transe communicative. Le segment Absolution du set se poursuit avec “Interlude”, qui excite lentement mais sûrement la foule avant un “Hysteria” qui, bien que déjà entendu mille et une fois, reste toujours aussi cathartique et jubilatoire. “Stockholm Syndrome” en remet une couche et achève littéralement le public, au bord de l'agonie, faisant même durer les hostilités avec les riffs successifs de “Township Rebellion” (Rage Against the Machine), “Execution Commentary” (face B de “Plug in Baby”, grand absent du set soit dit en passant) et “Endless Nameless” (Nirvana).
 
Come ride with me
 
Bellamy offre quelques minutes de répit somme toute relatives avec “Animals”, seul rescapé de The 2nd Law aux côtés de “Madness”, avant de prendre place derrière son piano, aiguisant la curiosité de son public à l’aide de quelques notes malicieuses avant d’entamer l’intro de “New Born”, acclamé et applaudi. C’est lorsque celui-ci empoigne sa guitare et assène au public - à grand renfort de distorsion aussi brute qu’électrisante - le riff du morceau que ce-dernier repart de plus belle, allant même jusqu’à se creuser un espace au milieu de la fosse pour un circle pit épique avant un pogo d’anthologie lors du final, toujours plus sulfureux et abrasif.
 
“Uprising”, unique extrait de The Resistance, galvanise les troupes et instaure une certaine forme de discipline au sein de la foule avec son air martial et son message contestataire, chaque membre de l’assemblée brandissant férocement le poing au rythme d’une batterie aussi précise que sauvage. “Time Is Running Out”, avec son alternance couplet/refrain, assène le coup de grâce avant la pièce la plus intéressante de la soirée : troisième et dernier morceau issu de Drones proposé ce soir, “Reapers” démarre avec une rythmique fracassante à laquelle vient se superposer un solo de tapping fulgurant de la part de Bellamy - pour un rendu qui n’est pas sans rappeler “Hot for Teacher” de Van Halen. Dans une veine on ne ne peut plus rock, le morceau vient clore le set avec brio, unanimement acclamé par un public au bord de la syncope.
 
C’est après quelques minutes d’applaudissements que les anglais remontent sur scène afin d’entamer le rappel avec “Bliss” - à titre personnel : tout simplement mon morceau préféré de Muse, détail futile qu'il me paraissait néanmoins nécessaire de préciser pour je-ne-sais-quelle raison. Semi-déception de la part du public qui s’attendait vraisemblablement à entonner “Plug in Baby” avant “Starlight”, dont la batterie se voit comme à chaque fois rejointe par les claquements de main de l'assemblée - sauf qu’outre-Atlantique, ça sait taper en rythme. Le final s’ouvre finalement avec l’habituelle reprise du thème d’Il Était une Fois Dans l’Ouest, annonçant d’emblée un ultime “Knights of Cydonia” enragé qui clôturera la soirée avec frénésie, mettant ainsi un terme à près d'une heure quarante-cinq de rock furieux comme Muse n’en avait plus délivré depuis des années.
 
Bon. Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour cette critique quelque peu dithyrambique, mais l’affect jouera toujours beaucoup dans mon appréciation d’un concert de Muse. Quoique… Non. Bien que la tendance actuelle semble être au bashing en règle, quel mal y a-t-il néanmoins a vanter les mérites d’un groupe qui a su tenir en haleine son auditoire du début à la fin de sa prestation, délivrant un set parfaitement maîtrisé et faisant preuve d’une volonté évidente de jouer d’un rock plus brut, plus lourd, plus fort, comme à ses débuts ? Muse a très clairement annoncé la couleur ce soir, et pour ceux qui en doutent encore : Bellamy et ses comparses sont bel et bien de retour pour casser des gueules. Soyez-en avertis.
 
Setlist : 1. Psycho - 2. Dead Inside - 3. Supermassive Black Hole - 4. The Groove - 5. Madness - 6. Apocalypse Please - 7. Interlude - 8. Hysteria - 9. Stockholm Syndrome - 10. Animals - 11. New Born - 12. Uprising - 13. Time Is Running Out - 14. Reapers
 
Rappel : 15. Bliss - 16. Starlight - 17. Man with a Harmonica - 18. Knights of Cydonia
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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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