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Compte-rendu de concert

Metallica


Date : 15/08/2008
Salle : Pukkelpop Festival (Hasselt)
Première partie : Within Temptation
Jerome, le 26/08/2008
( mots)
L'affiche était trop belle. Imaginez. A quelques semaines seulement de la sortie de Death Magnetic, Metallica se posait en tête d'affiche du plus grand festival belge actuel, à savoir le Pukkelpop. L'occasion ne pouvait décemment pas être ratée. Même si il fallait pour cela se coltiner des Flamands pendant trois jours, et de nombreuses heures de bus pour arriver à bon port.

Les plus crédules se demanderont sûrement pourquoi ne pas avoir opté pour la ville d'Arras et pour son festival d'un soir au nom pompeux (Rock En France) plutôt que d'aller se paumer chez nos buveurs de bière préférés. Peut-être en signe de protestation, de pseudo-rebellions personnelle contre ces pourris de Live Nation, contre ces hyènes cherchant visiblement à mettre nos beaux festivals hexagonaux à genoux en voulant faire cracher plein pot aux spectateurs (79€ pour la soirée) pour tenter d'apercevoir leurs idoles, et en comblant le reste du temps par quelques groupes ne valant pas forcément le déplacement. Même si on imagine aisément qu'un cachet de Metallica doit représenter une bonne partie du PIB d'un pays du tiers-monde, trois groupes pour quasiment le prix d'un pass trois jours aux Eurockéennes, ou pour la moitié du prix d'un forfait d'une des Roll Royce des festivals européens, ça frise quand même un peu l'arnaque. Mais laissons donc de côté ces quelques considérations économico-musicales. Vous aurez tout le temps de réfléchir à cela plus tard.

Car à quelques heures du moment fatidique, la préoccupation principale de la foule réunie pour la journée semble être toute autre : clairement afficher ce pourquoi elle est là. Les tee-shirts toutes époques confondues, bracelets, casquettes à l'effigie des héros du soir fleurissent aux quatre coins du site. Tout le monde se croise en se toisant d'un air entendu, les petits nouveaux n'ayant d'autre choix que de passer par la case merchandising pour ne pas être pris de haut. Le début de la journée se voulant surpeuplée mais étrangement calme, il ne fallait pas sortir de la cuisse de Cliff Burton pour savoir que les meilleures places de la grande scène allaient partir très tôt. C'est un peu comme ça que l'on peut se retrouver en train de bailler devant la prestation ennuyeuse des pseudo-métalleux néerlandais de Within Temptation programmés juste avant, sur fond d'univers typé héroïc-fantasy risible et en regardant aussi souvent sa montre que la chanteuse Sharon Den Adel, seul véritable intérêt de la formation. Mais passons.

La nuit tombe doucement, le public se tasse de plus en plus tout en s'échauffant la voix sur les quelques morceaux diffusés histoire de combler le silence. Quand enfin retentit le célèbre "It's a long way to the top, if you wanna rock 'n' roll" de AC/DC, devenu depuis un bon nombre d'années l'annonce de l'entrée en piste du groupe, plus de doutes possibles. Quelques dizaines de milliers de personnes dans les starting-blocks, le show peut commencer et "Creeping Death" se charge alors de planter le décor après que les quatre musiciens soient entrés en trombe sur les planches sur leur air de Far West préféré. Son mastoc, écrans géants, coursive passant au dessus de la batterie, huit ou neuf micros disséminés partout sur la scène... On a beau connaître l'appétit du groupe pour les prestations scéniques, l'entame des hostilités impressionne toujours. Et James, dans ce rôle de frontman charismatique qu'il a eu tellement de mal à maîtriser, n'a même plus besoin de solliciter une foule composée en grande partie de fans et sachant déjà exactement ce qu'elle a à faire.

Mais ce que les puceaux de l'évènement ne savent pas encore, c'est que ces quelques minutes d'échauffement ne sont rien comparées à ce que les Four Horsemen ont l'habitude de déballer. Et il ne faudra pas longtemps pour s'en rendre compte. Juste que les quatre lance-flammes situés de part et d'autre de la scène commencent à faire leur boulot dès l'entame d'un "Fuel" gonflé aux testostérones. A partir de là, la performance est bel et bien lancée et Metallica dégaine ses classiques. "Wherever I May Roam", "Sad But True", "The Unforgiven" ou encore l'indémodable "Nothing Else Matters", le Black Album est comme à chaque fois mis nettement en avant, même si quelques détours du côté du trash-métal des débuts sont toujours les bienvenus et connaissent le même succès auprès des connaisseurs, avec notamment "No Remorse" et "Motorbreath" tirés de Kill'em All, premier LP studio du groupe. Soucieux de faire le spectacle et de combler leurs fans, les quatre cavaliers de l'Apocalypse occupent l'espace comme personne. Derrière sa longue tignasse virevoltante et dégoulinante, Robert Trujillo, quatrième et dernier bassiste en date du groupe, assure un groove métronomique en restant campé sur ses jambes tel un ours près à vous sauter à la gorge, alors que l'hyperactif Lars Ulrich décrasse ses fûts en même temps que les esgourdes d'un public qu'il n'hésite pas à venir régulièrement haranguer. Plus détaché, Kirk enchaîne les solos avec cette nonchalance qui a le don d'énerver tous les apprentis du manche alors que son compère de cordes cours de micro en micro, tout en assurant cette base rythmique dévastatrice. Le bulldozer Metallica déroule alors que le public Belge semble trop admiratif pour réellement se lancer dans le moindre frottement d'épaule. Dans cette contrée, ce genre d'expérience a l'air de se vivre en solitaire. Dommage.

Mais le moment clé de ce concert exceptionnel, ce n'est pas l'hymne "Master Of Puppets", ni les quelques effets pyrotechniques de "Enter Sandman". Ni même le feux d'artifice du cultissime "One". Ce que tout fan en herbe attendait, c'est quelques pistes sur le prochain album. C'est que le groupe le rassure sur l'orientation de ce Death Magnetic si attendu. C'est que cette foutue page de St Anger soit belle et bien tournée et que Metallica revienne enfin aux affaires. Alors imaginez un peu l'accueil réservé à "Cyanide" qui, si on l'ajoute au désormais connu "The Day That Never Comes", ne laisse présager que du bon pour l'album à venir. Un riff ravageur comme seule la paire Hetfield-Hammet sait en pondre, un refrain péchu à souhait martelé en force, une basse rauque et puissante ayant retrouvée ses ailes d'antan et un Kirk qui semble enfin avoir retiré ses moufles. Un titre rapide et incisif, des changements de rythmes millimétrés. Un peu comme si le combo avait enregistré un titre de Load avec la fougue qui était la sienne au milieu des années 80. Rassurez-vous, il ne reste que quelques jours à attendre pour se faire une idée du résultat final. En attendant, les légendes du métal achèvent tranquillement leur opération de destruction sonore sur un "Seek And Destroy" rageur, avant de se retirer. Non sans avoir remercié longuement son public et distribué des caisses entières de médiators et de baguettes. Après une telle démonstration, le reste du festival semblera forcément beaucoup plus fade. Et au fond, qu'importe ce que donnera ce Death Magnetic. Qu'importe si les Talica Boys reviennent ou non à leur trash-métal des débuts, si le disque est une bouse sans nom ou le plus grand album de tous les temps. Si les fans n'ont pas déserté le navire avec le duo Load/Reload, ce qu'il doit bien y avoir une raison. Ce soir, la réponse tenait en 2h30.
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