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Compte-rendu de concert

Kasabian


Date : 30/04/2014
Salle : Bataclan (Paris)
Première partie :
Raphaëlle, le 02/05/2014
( mots)

Depuis leurs premiers succès en 2004 sur la scène rock anglaise, les membres de Kasabian n’ont pas cessé de clamer l’évidente suprématie de leur groupe sur le reste de ses petits camarades de promo. Une telle morgue a rendu inévitable la comparaison avec Oasis. Ces derniers ont pourtant pris une sacrée avance puisqu’ils ont non pas un mais deux chef d’œuvres à leur actif: Definitely Maybe et son successeur, What’s the Story Morning Glory. Kasabian, eux, sont capables de produire des véritables pépites, suscitant une attente formidable quant à leurs disques. Tous les ingédients sont réunis : l’arrogance, l’adolescence dans une ville pauvre du Nord, la passion pour le foot et un look capillaire d'un goût douteux… Mais le drame, c’est que ça ne suffit pas. Ecouter un album entier de Kasabian, c’est comme tenter de manger un Fish’n’Chips: expérience certifiée 100% britannique et surtout totalement indigeste. Dans ce contexte, un concert semble être une bonne occasion pour tester ce qu’ils valent vraiment.


Ce soir-là au Bataclan, Kasabian est venu se mettre en jambes avant de reprendre la route pour la sortie de leur nouvel album, 48 :13. En Angleterre, le groupe a un véritable statut de rockstar, mais leur notoriété semble moins éclatante en France. En tout cas, la salle ce soir relativement petite, ce qui promet une ambiance électrique. Le public est majoritairement masculin, surtout dans la fosse. A côté de moi, cinq copains sont venu fêter le retour de leurs héros en respectant les mœurs anglaises : il est 20h30 et ils sont déjà sacrément imbibés.


Un concert en forme de best-of

Le concert démarre en fanfare avec un titre inédit, "Bumblebee". On se dit avec un brin d’inquiétude qu’ils vont préférer tester leurs nouveaux morceaux en live plutôt que d’enchaîner leurs anciens morceaux. Heureusement, ils ne joueront que deux autres inédits : leur dernier single Eez-eh ainsi qu’un titre expérimental, Beanz.

Pour la plus grande joie de la foule, le concert consistera plutôt en une révision des grands classiques. Le groupe reprend même "Running Battle", absent des set lists depuis 2005. D’ailleurs, son ambiance un rien planante tranche légèrement avec l’ambiance instillée par les titres précédents. Le groupe débute en effet le concert par quatre de ses plus grands hits, balayant ses trois derniers albums: "Shoot The Runner", "Underdog", "Fast Fuse" et "Days Are Forgotten". Le premier album ne sera pas non plus oublié avec "Running Battle" et bien sûr, l’increvable "Club Foot".

A ce moment-là, on est bien obligé de reconnaître que Kasabian a quelques atouts dans sa poche pour prétendre au titre de plus grand groupe de rock d’Angleterre (et donc du monde ?). Leurs refrains imparables ont vite pris possession du corps des spectateurs. La fosse ne tient pas en place, sautillant au rythme imposé sans concession par le groupe. Aux morceaux résolument rock des débuts ("Club Foot"), indéniablement taillés pour les stades ("Empire"), répondent désormais les petits nouveaux, bien plus électro. Le dernier album, Velociraptor, suggérait déjà cette tendance, puisqu’il y figurait des titres comme "Switchbalde Smiles" et ses grosses basses electro. Le nouveau single, "Ezz-Eh", clôt la première partie du concert en enfonçant le clou. Puisqu’ils ne peuvent manifestement pas devancer Oasis sur la brit-pop, Kasabian partent chasser sur les terres de Madchester avec des sons pour les clubs. Si on aime l’électro, on appréciera cette fusion imparable entre l’énergie rock et les boucles entêtantes de la techno. Bon, évidemment, ça tranche un peu par rapport à "Shoot the Runner", mais c'est tout simplement irrésistible en live.

Une fois "Eez-Eh" terminée, les fans se mettent alors à chanter la mélodie à la fin de "Fire" pour encourager le groupe à revenir sur scène. Après le rappel, "Switchblade Smiles" et "Vlad the Impaler" reprennent cet esprit mêlant electro et rock. La foule se remet à bouger de plus belle, recevant à bras ouverts l’énergie inépuisable du groupe. Ce dernier termine son concert par "Fire", qu’ils rallongent un peu pour le plaisir.


Des rockstars sympas

Kasabian sait témoigner son affection au public parisien. Le chanteur, Tom Meighan, n’a de cesse de le remercier d’être là et s’excuse de ne pas nous avoir rendu visite depuis longtemps. Le groupe de potes à ma droite se manifeste bruyamment à ces mots. Meighan se démène généreusement sur scène, alternant l’air guitar pendant les solos, les tapes sur les fesses du guitariste Serge Pizzorno et les bras ouverts face à une foule conquise. Il ouvre d’ailleurs tant ses bras que sa chemise craque au niveau des épaules ! Il fait preuve d'un charisme stupéfiant lorsqu’il chante. Sa diction particulière s’accorde si bien aux chansons que sa voix semble la clé de voûte de tout l’édifice. C’est particulièrement frappant pendant "Underdog" ou "Fire". Parfois, Meighan disparaît pour laisser Pizzorno au chant, comme sur "Me Plus One"... Avec son accent du Nord à couper du couteau, Pizzorno communique également beaucoup.

La force de Kasabian vient aussi de son expérience de la scène. Le public, dès qu’il perd de son entrain, est sollicité pour lever les mains, sauter, crier, faire du bruit, pogoter… Comme dans tout concert de rock qui se respecte, le guitariste crie « Make some fucking noise » et la foule est immédiatement galvanisée. Il faut bien ça pour faire bouger le Bataclan ce soir, que je trouve un brin statique (ou peut-être est-ce parce qu’une fois encore j’étais à l’écart de la fosse). Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils se donnent du mal pour nous embarquer dans leur délire. Le batteur tape tellement sur ses caisses qu’il grimace en agitant frénétiquement la tête.

Malgré cette aisance, le groupe est encore en train de rôder son nouveau concert et ça se voit. Après "Where Did All The Love Go", Pizzorno annonce que la prochaine chanson sera "Re-Wired". Meighan s’approche et lui glisse deux mots à l’oreille. Pizzorno se penche à nouveau sur son micro et s'excuse, confus : « Ah non, en fait on va en faire une autre avant, Re-Wired ça sera juste après, désolé je me suis emmêlé les pinceaux. Vous pouvez me huez ». Le public, qui n’a probablement pas compris ses explications à l’accent bien trempé, se contente de pousser des cris enthousiastes. Et Tom Meighan de se gondoler derrière son micro, hilare. Alors comme ça on n’a pas bien lu sa set list ?

En définitive, Kasabian propose un show nerveux et électrique. Pendant tout le concert des mots sont projetés sur l’écran rose derrière le batteur. Alors la promo à coup de buzz, ok, mais projeter des mots comme « dualhism », « detergent » ou « tourniquet » sans aucune explication, était-ce vraiment nécessaire ? Le public était probablement conquis d’avance, mais la qualité de leur prestation est suffisante pour rencontrer un franc succès quoiqu’il arrive. Me voilà à peu près réconciliée avec eux… Je vais peut-être acheter 48 :13, qui sait ?

Set List
Bumblebee
Shoot The Runner
Underdog
Fast Fuse
Days Are Forgotten
Me Plus One
Running Battle
Take Aim
Club Foot
Where Did All The Love Go?
Beanz
Re-Wired
Empire
Eez-Ehz
-----------
Swtichblade Smiles
Vlad the Impaler
Fire

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