↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Compte-rendu de concert

Jil Is Lucky


Date : 15/04/2016
Salle : Les 4 écluses (Dunkerque)
Première partie :

Pour la sortie de son 3ème opus "Manon", le 1er en français, le groupe Jil Is Lucky a honoré le Nord de sa présence aux 4 écluses à Dunkerque pour nous raconter l'histoire d'une romance dramatique. Alors cette Manon, beauté fatale ou grande désillusion ?

Clément, le 28/04/2016
( mots)

Très peu de gens ont décidé de se rendre à la salle des 4 écluses à Dunkerque ce soir-là. Une salle certes bien modeste, avec une capacité ne dépassant pas 300 personnes, mais qui a tout de même le mérite de proposer un beau contenu avec notamment le groupe Mars Red Sky programmé deux jours plus tard. Finalement, seul une cinquantaine de personnes ont décidé de se laisser séduire par la belle Manon que nous rencontrons en comité restreint.

La première partie annoncée se nomme Tim Dup. Un pseudonyme porté par un jeune garçon auquel on n'attribuerait à peine la vingtaine. La tension est palpable. On devine une certaine nervosité de sa part lorsqu'il s'installe sur son piano ainsi que son "Mac" branché juste à côté. Sans vouloir faire preuve de discrimination (mais en en faisant tout de même un peu à ce moment admettons-le), les "pseudo-artistes" sur "Mac" se multiplient au sein des premières parties et je crains un sérieux manque d'originalité.  Dans un balbutiement, le jeune musicien salue le public, se présente, puis nous fait découvrir son premier morceau. On profite alors d'un enchaînement de chansons françaises originales nous parlant de tout et de rien, du quotidien à Paris ou encore d'une jeune étudiante rencontrée plus tôt qu'il qualifie lui-même "d'avion de chasse" non sans faire preuve d'une délicieuse autodérision. Les chansons s'enchaînant, c'est un artiste atypique et entièrement décomplexé que l'on découvre. Oscillant entre ballades et passages davantage électro savamment orchestrés, le tout accompagnant une voix, disons-le, saisissante. L'ensemble est diablement efficace et l'on se surprend à ne pas vouloir en apercevoir la fin. Le jeune phénomène place alors la barre très haute pour sa tête d'affiche et ravive tous les espoirs de voir une belle génération d'artistes français à venir. Affaire à suivre ? On croise les doigts. Le contraire serait un véritable gâchis.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et ici, ce que l'on attend de voir, c'est si cette dernière en marque le début d'une autre. Nous nous séparons donc de Tim Dup pour retrouver Jil Is Lucky dans une prestation pour laquelle, il faut bien l'admettre, j'avais nourri beaucoup d'attentes. Cela dit, comment faire autrement ? La bande d'artistes menée par Jil Bensénior avait déjà fait couler de l'encre avec son premier album éponyme et son single "The Wanderer" en 2009. Mais si ! Vous savez ? La bande son de la pub "Flowers by Kenzo" qui passait en boucle !

Toujours est-il qu'au-delà de ce single à succès, le groupe me fascinait avant tout pour sa polyvalence et son aptitude à se créer des univers totalement différents pour chaque album. Qualité qui s'est surtout vérifiée avec la sortie de leur dernier-né : "Manon". En effet, là où le premier essai était davantage fait de sonorités rock et folk, son successeur "In The Tiger's Bed" employait davantage d'accents électro ainsi qu'une ambiance plus dansante. Deux exercices bien distincts que le groupe avait réussis avec brio.

Néanmoins, aucun des deux albums ne contenait ne serait-ce qu'un titre dans la langue de Molière, et voilà que la galette annoncée pour le mois d'Avril nous est promise avec un chant exclusivement en français. Là aussi, disons-le, le disque est une franche réussite. A l'image d'un concept album comme nous ont servis de grands groupes de rock progressif, "Manon" est un tout constitué de 11 titres qui nous racontent une histoire. Celle d'un amour inconditionnel pour la dénommée Manon et des émotions qui en découlent ainsi que leurs conséquences. Car avant de passer à la performance live de JIL, il est important de préciser que le groupe n'en est pas à son premier essai en termes d'influences progressives. En effet, le collectif niçois nous avait déjà gâté avec un final mémorable sur leur premier album. J'ai nommé "Hovering Machine". Mais ici l'expérience va légèrement plus loin avec un univers créé ainsi que le personnage de Manon incarné par le mannequin franco-japonais Moon Kyu Lee, auxquels vient s'ajouter un court-métrage au son de l'album réalisé en 360° dans la continuité de la grande mode actuelle de la réalité virtuelle. L'innovation technologique au service du concept album à son paroxysme donc. Mais quid de sa représentation en live ? C'est ce que nous sommes allés voir à Dunkerque.

Après quelques réglages, le groupe apparaît sur scène. Jil salue brièvement le public avant d'entamer la représentation sur "8-bit à mort", morceau introductif du dernier album. On découvre un son bien plus brut que le travail soigné et perfectionniste de la version studio mais la magie n'opère pas moins pour autant. Les pensées du groupe nous sont consacrées ce soir, pas question de se laisser distraire. Le chanteur et leader se présente donc plus en profondeur et nous parle de son histoire avec Manon non sans humour. Le public pend littéralement aux mots du showman qui manipule habilement un mélange de compassion et d'autodérision pour son personnage. Car en effet, en la personne de Jil Bensénior nous retrouvons le personnage central de cette tragique romance.

S'ensuit le morceau "Une lumière orange" qui nous décrit sa première nuit avec la belle blonde. Plein d'excitation je réalise que le groupe nous jouera l'album de A à Z dans sa continuité. Car s'il est vrai qu'il est toujours agréable d'entendre nos morceaux préférés et d'entonner leurs refrains tous en chœur, cette habitude a tout de même tendance à fortement desservir l'ambiance d'une œuvre.  Ici, pas question de faire du fan service. Un concept album traité comme tel sur scène. JIL nous touche réellement par son implication dans la retranscription de cet univers. Dans sa continuité, "Le reste en l'air" nous laisse pantois avec son crescendo jouissif à la guitare. Chaque musicien a sa place et nous fait profiter de ses talents à l'image d'un batteur capable de jouer tout en manipulant le clavier ET le chant. Une prouesse que je n'avais encore jamais vue en pratique.

L'interlude "Chip Romance" finit de nous embarquer dans la beauté fatale et dangereuse de Manon avant d'aborder la dégringolade d'une relation à laquelle nous nous étions déjà attachés. Le titre "Le goût de l'aventure" s'en chargera, sublimé par un sampler nous faisant profiter des lignes de violoncelles de la version studio du morceau, ainsi que par un Jil titubant sur les paroles "Moi je jouais les saoulards". "A l'envers" poursuit cette dégringolade et nous profitons de "Cimmerie", deuxième interlude de l'album. Les percussions 8-bit sont ici remplacées par la performance exemplaire d'un batteur habité par son instrument ainsi qu'un bassiste, en la personne de Julien Bensénior, frère de Jil, prenant le relais sur les percussions électroniques. Le set s'enchaîne avec une fluidité exemplaire entre les différentes plaisanteries auto-dérisoires du protagoniste et autres confessions intimes. Une parfaite transition vers "De la bouche à la taille" où l'intéressé réclame au sommeil de lui ramener sa belle par le biais de rêves érotiques exotiques. Le public a beau être peu nombreux ce soir, l'attention est complète et ce dernier est littéralement conquis.

"12G dans ma cassette" nous emmène ensuite dans les contrées ensoleillées illustrant les évasions enfumées de Jil. Ce dernier nous rappelle ensuite les origines franco-japonaises de la belle Manon et de la manière dont celle-ci l'a ensorcelé tel un vaudou. Il présente alors le prochain morceau, "Ensorcelé", comme la représentation même de l'image que le groupe se fait d'un sorcier nippon vaudou fictif, non sans humour. Enfin, de la même manière que l'album se clôture de manière majestueuse, "Comme une bombe" viendra mettre fin au set dans un ultime élan dramatique. Et quel set... Jil Bensénior viendra saluer généreusement son public avec deux derniers morceaux en acoustique dont le fameux "Without You" de son premier opus, avant de s'en aller définitivement pour un repos mérité.

Alors ? Quel bilan donner à une telle prestation ? Admettons tout de même un certain sentiment de frustration. Le set aura duré tout juste une heure et il est difficile de ne pas y regretter la présence d'un morceau tel que "Hovering Machine" par exemple. Mais n'est-ce pas là toute la beauté de l'expérience que nous venons de partager ? Dans un sens, nous venions de vivre Manon jusque dans ses moindres détails. Cette dernière nous ayant apprivoisés sur scène pour finalement nous laisser seuls, face à nous même, après une expérience à la fois si intense et si courte. Trop courte. On en redemande c'est sûr, mais Jil ne revient pas. Manon est partie. C'est comme ça. Et chacun se résout finalement à quitter la salle pour retrouver son quotidien.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


"

De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

"
À lire également