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Compte-rendu de concert

Eiffel


Date : 15/01/2007
Salle : La Maroquinerie (Paris)
Première partie : Sammy Decoster
Maxime, le 17/01/2007
( mots)
Atmosphère on ne peut plus détendue pour ce concert qui, de l’aveu même de Romain Humeau, tient davantage de la petite fête que du gig plus carré qu’ils produiront sans doute le 4 avril au Bataclan. Pour l’heure, c’est plutôt ambiance intimiste dans une Maroquinerie comble depuis plusieurs jours, illustration parfaite de l’attachement du public à ce groupe fier et conquérant, presque surpris de se voir si attendu après 4 bonnes années de silence discographique. Chef de cérémonie des retrouvailles, Humeau présente la première partie, choisie par le groupe lui-même, Sammy Decoster. La pénombre s’installe. Sous une couche de sons brumeux, un jeune homme paraît, mèche dans les yeux, teint pâle, mince barbe négligée, le parfait folk singer dépressif. D’ailleurs, il s’agit de folk dépressif, style Jeff Buckley traînant ses états d’âme avec Herman Düne. Seulement accompagné de sa guitare semi-acoustique, le fragile interprète entonne de sourdes complaintes d’une voix fébrile, oscillant entre deux micros (l’un conférant à son chant un écho lugubre). Petits rires nerveux dans la salle. Dur de se trouver nez-à-nez avec cette musique alors qu’on s’attendait à une décharge de rock abrasif. Mais le public d’Eiffel, très gentil et discipliné, réservera un accueil de plus en plus chaleureux aux complaintes de Sammy, qui, mis en confiance, présente chacune de ses chansons, comme "J’ai trop aimé l’enfance", écrite, je cite, "en hommage à un ami d’un ami qui s’est suicidé au milieu de ses jouets". Votre serviteur se met à rigoler doucement, songeant à la scène façon Les experts à Miami ("Lieutenant, on a relevé les empruntes ADN sur la pâte à modeler, mais on a retrouvé des morceaux de Playmobil dans l’estomac, la thèse de la pendaison par corde à sauter ne concorde pas !"), sous les yeux réprobateurs d’une demoiselle émue par la chanson. Après cette mise en bouche doloriste, Eiffel paraît sur scène, étrennant son nouveau batteur, Christophe, dont les petites mimiques lui vaudront d’être adopté par le public illico, ainsi que le bassiste Hugo, présent aux côtés d’Humeau depuis son aventure solo. L’humeur est on ne peut plus décontractée, Romain multipliant les apartés malicieux, tandis que le public et le groupe ne manqueront pas de railler gentiment ses incessantes séances de ré-accordage auxquelles il se livre entre chaque titre. On a donc très vite l’impression de se retrouver entre amis, cadre idéal pour prendre le pouls de ces nouvelles compos. Eiffel livrera ce soir un aperçu conséquent des 16 titres de Tandoori, ouvrant les hostilités avec "Shalom". Tout de suite, le charme opère, et on se rend compte qu’avec le temps, on avait presque oublié combien le quatuor excellait en live. Groupe incisif et tranchant, chanteur concerné et batteur efficace, la machine scénique n’est juste entachée de temps à autres que par de vilains retours de basse qui vrillent les tympans. Eiffel est un groupe entier, délivrant un rock nerveux, brut mais pas austère. Du coup, on a un peu de mal à statuer sur la facture des morceaux du nouvel opus, tant le combo est habitué à muscler ses titres dès leur passage sur les planches (l’impeccable "Ne respire pas" le prouve). Cependant, les compositions de Tandoori transpirent bien la patte Eiffel de tous leurs pores, et un soin tout particulier semble avoir été porté aux mélodies, qui frappent fort dès la première seconde. On peut juste regretter un petit tunnel en milieu de concert, qui fait ressortir les côtés d’Eiffel que l’on aime moins : un certaine tendance à se complaire dans des atmosphères bruitistes pas toujours concluantes, ainsi que la manie qu’à Humeau de se mettre à ânonner des paroles hermétiques en shaman illuminé lors de certains breaks, plombant ainsi le rythme d’un set qui s’était déroulé jusqu’ici sans temps mort. Dans cette parenthèse qui fait retomber le souffle, ce n’est pas tant la ballade, accompagnée à la guitare par un Christophe aussi appliqué qu’un écolier faisant ses premières lignes, qui pose problème mais le titre suivant, pourtant bien parti, mais qui se perd ensuite dans des délitements superflus. La petite baisse de rythme se clôt avec un "Les yeux fermés" longuet, déjà bien pénible sur disque. On ne peut pas reprocher à Eiffel de vouloir varier son set, mais il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il met ses guitares au diapason pour son rock charnel et sans fioriture, ce qui fut le cas ce soir pour 90% du concert, rappelons-le quand même ! Quelques anciens titres sont de la partie dont "Inverse-moi" et un "Sombre" qui fait décoller l’assistance. Le groupe achève son set sur "Hype" et promet de revenir, si le public le veut, ce qui est évidemment le cas. Suit alors un second rappel qu’on ne voit pas passer tant il est mené à la force du poignet. La soirée s’achève sur le déclamatoire "J’voudrais pas crever". Les lumières se rallument, et le groupe vient se mêler au public pour distribuer des morceaux de saucisson et des bonbons. Une bien belle fête pour célébrer le retour de ces musiciens qu'on considérerait presque comme des potes de longue date. Il ne fait nul doute qu’on sera tous là le 4 avril, histoire d’hurler à pleins poumons les titres de Tandoori qu’on connaîtra tous d’ici là par cœur.
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