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Compte-rendu de concert

Deep Purple


Date : 02/12/2009
Salle : Zénith (Nantes)
Première partie : Gotthard
Nicolas, le 08/12/2009
( mots)
Ah, qu'il fait bon vivre pour les amateurs de hard rock en 2009 ! Ceux-ci auront été copieusement servis par les livraisons successives (et réussies) de groupes comme Wolfmother, The Parlor Mob ou encore (et dans un genre plus Hommien) Them Crooked Vultures. Malgré tout, alors que ce revival 70's promet une décennie à venir des plus orgiaques pour ceux qui apprécient le bon vieux riff de bucheron, il n'est jamais inutile d'en revenir à la source, de se replonger dans les vieux classiques qui ont inspiré ce récent come-back du rock lourd. Dans ce contexte, un live de Deep Purple relève de l'immanquable, au bas mot.

Et pourtant, mise à part la fameuse trilogie Deep Purple In Rock - Fireball - Machine Head, je ne suis pas ce qu'on peut appeler un connaisseur du groupe. Disons que je n'ai pas pris le temps de m'intéresser comme il faudrait à sa longue discographie, à l'inverse des deux autres ténors du créneau hard (Led Zeppelin et Black Sabbath) qui ont gagné plus favorablement mes suffrages. Peut-être la formation a-t-elle fait les frais d'une image de marque passablement écorchée par les rock critics, entre efforts symphoniques grandiloquents, changements de line-up incessants et albums pas toujours d'un excellent niveau. Malgré tout, Deep Purple est le dernier grand dinosaure en circulation actuellement (si on excepte les Stones et Heaven And Hell), et l'occasion de les voir en concert ne se fera peut-être pas aussi évidente à l'avenir. De plus, le groupe a accueilli en son sein le colossal Steve Morse en 1994, et rien que pour ça, il ne fallait surtout pas manquer le déplacement à Nantes en ce début Décembre.

20h30, Zénith De St Herblain. Salle archi-comble faisant se côtoyer ancienne et nouvelle génération souvent réunies en famille, les parents fiers de montrer à leur progéniture les idoles de leur jeunesse, et les enfants impatients d'en découdre comme leurs aînés en 70. Sur le devant, la fosse est chauffée à blanc par une horde de fans brandissant à grands bruits des mains cornues impatientes. All right, tous les ingrédients semblent réunis pour une soirée des plus réussies... c'est tout d'abord Gotthard qui se charge d'ouvrir les hostilités. Ma foi, voilà un bien sympathique collectif de soudards helvètes qui en remontrerait à plus d'un anglais chevelu ! Entre acoustique pop et bon hard-rock appuyé, rythmé par quelques batailles de soli entre les deux guitaristes, le groupe assure un set propre et énergique de près de 45 minutes, faisant presque regretter l'absence de rappel. Une première partie de luxe, donc, qui a réussi à dynamiter la salle en un tournemain. Dès lors, l'attente de 30 minutes entre les deux formations se fait d'autant plus interminable.

Et puis ça y est, les voilà, investissant la scène au son d'une charge d'orgue de cathédrale faisant trembler les fondations de l'édifice. C'est "Highway Star" qui marque le début des hostilités : houh, ça balance sévère. La sono transmet à l'auditoire les vibrations tonitruantes des basses martelées par un Ian Paice surexcité et un Roger Glover décochant ses bastos de gros calibre au moindre frottement de corde. De l'autre côté de la scène, Steve Morse se contente pour l'heure d'assaisonner le morceau de riffs massifs et groovys au possible, épaulant en cela un Don Airey qui martèle ses synthés comme un forgeron dément. Ian Gillian, quant à lui, se démène comme un beau diable au micro et invective régulièrement  les premiers rangs avec une jovialité presque bon enfant. Premier contact assez rassurant : les papys du hard ont encore de beaux restes, même si Gillian montre tout de même certaines limites vocales inhérentes à son grand âge, notamment sur certaines notes tenues qui semblent difficiles à assurer. Pas facile de vieillir, surtout quand on est une rock star. Mais pour l'heure les classiques s'enchaînent sans coup férir, je reconnais au passage le percutant "Maybe I'm A Leo", et puis le groupe décide de poursuivre avec des compos plus récentes. Quelques morceaux se révèlent d'une addiction immédiate, comme "Rapture Of The Deep" et son riff oriental calibré hard-jazzy, ou encore "Sometimes I Feel Like Screaming", preuve évidente que les Guns N' Roses ne sont pas les seuls dépositaires d'un hard rock FM-compatible de qualité. Et surtout, ces morceaux neufs mettent mieux en valeur les improvisations brillantes de Steve Morse. Quel type incroyable ! A le voir jouer, on a l'impression de faire face à un gosse tout excité de se retrouver sur scène, comme s'il s'y produisait pour la première fois. Ne se départissant jamais de son large sourire, le guitariste virtuose souffle tout le monde avec sa technique irréprochable, sa vitesse d'exécution sidérante et son feeling blues-country inégalable. Et alors que bon nombre de Guitar Heroes n'hésitent pas à changer 20 fois d'instrument sur scène, Morse, lui, se contente de jouer la quasi-totalité du live sur sa fameuse Fender "Frankenstein" Telecaster, tellement usée que l'on distingue les chocs et les accrocs de peinture lors des gros plans de l'engin réalisés par la régie sur les écrans géants. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences ! Morse parvient en effet à tirer de cette poubelle des bruits aussi improbables que surprenants, véritable festival sonore atteignant son paroxysme lors du long solo placé à mi-parcours du set. A cette occasion, on imagine presque que le guitariste parvient à jouer de la flutte traversière, de la trompette ou du violoncelle avec sa six cordes. Il faut l'entendre pour le croire... après cette démonstration en bonne et dûe forme, on comprend mieux pourquoi un type de la trempe de John Petrucci voue un véritable culte à ce showman d'exception.

N'oublions pas non plus les autres membres du groupe, car point de vue technique, ils ne s'en laissent pas compter pour si peu. D'ailleurs, peu de temps après, c'est Don Airey qui a droit à son quart d'heure de gloire et qui régale l'assistance avec ses compositions naviguant entre musique classique pure et dure et envolées galactiques inquiétantes, avant de se rabattre avec beaucoup d'humour sur la marche turque de Mozart, les chapeaux ronds des bretons et même la Marseillaise. Gros éclats de rire dans l'assistance : le type hilare en profite pour céder sa place à ses collègues, pas peu fier de son petit effet. Dès lors, le concert peut envoyer du classique en roue libre, du "Space Truckin'" survolté et du good old funcking "Smoke On The Water" à l'envi. Et c'est encore dans ce style que Deep Purple excelle le plus : celui d'un hard rock radio-friendly, inspiré et festif, parfait pour brailler à pleins poumons et pour headbanger comme un fou. Et si le célèbre "Smoke On The Water", peut-être l'un des morceaux les plus galvaudés de l'histoire du rock, pourra toujours prêter à des débats acharnés, entre ceux qui le portent aux nues et ceux qui trouvent qu'il s'agit là d'une bouse innommable, inutile de vous dire que le live remet immanquablement tout le monde dans le rang, le poing levé, la tête en mouvement, l'œil brillant et la gorge en feu. La parfaite définition d'un tube, en quelque sorte. A partir de là, le rappel peut se permettre quelques petites fantaisies, comme le célèbre "Hush" et ses "Na Nana Na Nana Na Nana Na" repris en coeur par l'assistance et qui se voit rallongé par un spectaculaire solo de basse de Roger Glover, peut-être l'homme qui cache le mieux son jeu du quintette. Résultat : au bout de deux heures non stop de riffs punching ball, c'est une assemblée béate mais vaguement groggy qui se dirige tant bien que mal vers la sortie, prête à faire riffer de plus belle les auto-radios pour contrer le temps de chien qui a assailli la région nantaise. Une chose est sûre, il va vraiment falloir que je me replonge dans la tortueuse discographie du Purple. Car au vu de la qualité de ce set aux petits oignons, Dieu seul sait quels morceaux de bravoure se cachent encore dans leurs albums... D'autant que Ian Gillian a confirmé à demi-mot qu'un nouvel opus serait en préparation pour le début de l'année prochaine ! Increvables, qu'on vous dit.

Setlist

- Highway Star
- Things I never said
- Maybe I'm a Leo
- Strange Kind of Woman
- Wasted Sunsets
- Rapture of the Deep
- Fireball
- Contact Lost/Steve Morse solo
- Sometimes I feel like screaming
- Well dressed Guitar
- Wring that Neck
- No one came
- Don Airey solo
- The Battle rages on
- Space Truckin
- Smoke on the Water

- Hush/Roger Glover solo
- Black Night
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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