↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Billet Albumrock

Edito mai 2016 : Stop ou encore ?


Nicolas, le 09/05/2016

On ne parle plus que de ça sur les réseaux sociaux : Axl Rose est devenu le nouveau chanteur d’AC/DC. Oh certes, à titre transitoire, nous avons tous bien compris que dès que Brian Johnson aura récupéré de ses problèmes d’audition - c’est-à-dire jamais - le meneur des Guns N’ Roses sera délivré de son nouvel engagement. Et alors que commencent à circuler sur le web les images des premières prestations scéniques du californien immobilisé sur une chaise pour cause de fracture du pied, singeant comme il peut l’ancien frontman mais ayant bien du mal, il faut le reconnaître, à apporter toute la superbe que l’on était en droit d’attendre d’un tel projet, alors qu’Angus Young dulk-walke comme un aliéné pour nous laisser entendre que oui, les aussies sont toujours là et que non, le rock n’ roll ne mourra jamais, alors même que seul ce vieil Angus demeure comme membre fondateur du groupe, que le fréro Malcolm est sur la touche pour problèmes de démence et que Phil Rudd se trouve derrière les barreaux, on a un peu envie de leur dire : “Dites, les gars, il ne serait pas temps de raccrocher ?”

 

Axl Rose; AC/DC

 

La question peut dès aujourd’hui se poser : jusqu’à quand AC/DC nous imposera-t-il sa déliquescence ? Bien sûr, Rock or Burst n’était pas du tout déshonorant. On craignait le départ de Malcolm, lui le faiseur de riffs de la maison australienne, mais force fut de constater qu’Angus a lui aussi du répondant en la matière. Sauf qu’au bout d’un moment, et même si des sommes colossales entrent en jeu, il faut savoir dire stop. Il est un fait que la défection de Brian Johnson aurait dû sonner un coup d’arrêt net et définitif à la carrière des vétérans après les coups de semonce successifs précédemment listés. Aujourd’hui, AC/DC n’est plus qu’un tribute band hébergeant un vieillard en culottes courtes, ne nous leurrons pas. Si certains veulent payer pour voir ça, soit, mais la décence ne voudrait-elle pas que l’on arrête les frais avant d'entacher sa propre légende ? Encore heureux que le groupe ait consenti à proposer à ses fans marseillais un remboursement des billets achetés du temps ou Johnson était encore en activité...

 

Afficher l'image d'origine

 

On ne va pas ressasser le passé ni les agonies interminables que furent les fins de carrière de Pink Floyd, Black Sabbath ou Yes parmi les dinosaures à avoir déraisonnablement écumé les scènes mondiales. Rappelons à ce sujet qu’une espèce de grand messe “âge tendre et tête de bois” du rock est prévue en octobre en Californie : le Desert Trip réunira, roulement de tambour, les Rolling Stones, Bob Dylan, Paul Mc Cartney, Neil Young, Roger Waters et les Who - du moins ce qu’il en reste. Nul doute que ce festival de la nostalgie affichera complet et que les billets s’écouleront à prix d’or. N’empêche qu’à un moment, quand on n’a plus rien à dire et qu’on se contente de siphonner le passé pour se remplir les poches, même si nombreux seront ceux à en vouloir encore, on se demande si tout cela est bien raisonnable. Bien sûr, certains argueront, et ils n’auront pas tort, que Dylan a encore quelques cordes à son arc - pour peu que l’on soit en mesure d’apprécier sa voix devenue à la limite du supportable - et que Neil Young n’a probablement pas dit son dernier mot - même si ses plus belles paroles ont sans aucun doute été déjà prononcées. Mais qu’on n’aille pas nous dire que les masses qui se presseront au pied de ces ancêtres le feront pour aller chercher de la nouveauté. Idem pour AC/DC : on va au stade pour pouvoir brailler sur “Back In Black”, sur “Whole Lotta Rosie” ou sur “Highway To Hell”, pas pour entonner “Rock N’ Roll Train” ou “Rock Or Burst”, parmi les plus récents (et pas dégueu) hits des australiens. Et à un certain moment, la nostalgie doit céder face à la réalité physique, tangible. Aujourd’hui, AC/DC n’existe plus, c’est un fait, même si nos écrans veulent essayer de nous prouver le contraire.

 

Afficher l'image d'origine

 

C’est bien joli tout ça, mais quand faut-il s’arrêter, dans ce cas-là ? On peut essayer de soulever quelques éléments de réflexion. Le premier, c’est qu’une carrière courte laisse souvent les meilleurs souvenirs. Exemple typique avec Nirvana. Trois albums définitifs, un suicide, et emballé c’est pesé. Que serait devenu le trio d’Aberdeen aujourd’hui si Kurt était encore en vie ? On frémit rien que d’y penser. Contre-exemple dans la même veine : les Pixies. Quatre albums définitifs, un split, et emballé c’est pesé : les lutins de Boston sont passés à la postérité. S’en suit une reformation nostalgique et pécuniaire, et déjà le bât commence à blesser, même si le jeune français que je suis a pu apprécier de voir au moins une fois sur scène l’un de ses groupes fétiches dans sa configuration historique. Puis survient le faux pas : l’album de trop. Alors pour répondre à certaines personnes outrées par ma prise de position extrême sur cet Indie Cindy, non, le disque n’est pas infâme. Mais il ne fait pas honneur à Surfer Rosa, Doolittle, Bossa Nova et Trompe Le Monde, et par là même il n’apporte rien au groupe ni à sa légende. Il en devient donc au mieux inutile et au pire dérangeant, faisant tâche dans une disco précédemment impeccable, sans même parler de l’insupportable arnaque des 3 EP digitaux vendus séparément avant la sortie de l’album en physique. À ce compte, les Pixies - ou disons Black Francis, Kim Deal n’ayant pas participé cette mascarade - ont (a) tout gâché.

 

Afficher l'image d'origine

 

Quoiqu’il ne soit pas toujours facile de prédire si un groupe en a encore sous la pédale ou non. Les membres de Deftones auraient pu lâcher l’affaire après avoir livré leur manifeste White Pony, et même si leur disco n’est pas exemplaire, les récentes sorties que sont Koi No Yokan et Gore montrent que le combo de Sacramento a encore de belles choses à nous livrer. Idem pour Radiohead, alors que chaque sortie du quintette d’Oxford voit ses détracteurs guetter avec avidité le faux pas qui fera dérailler leur sémillante machine, mais rien à faire : The Moon Shaped Pool, bien que se devant encore d’être digéré, ne souillera pas l’oeuvre de Tom Yorke et consort, le verdict tombant d’ores et déjà après un simple tour de platine. En revanche, on craint déjà de devoir écouter (ou endurer, c’est selon) The Getaway, nouvel album des Red Hot Chili Peppers annoncé pour le 17 juin et qui aura la lourde tâche de faire oublier le pathétique I’m With You. Voilà un groupe qu’on aimerait vraiment voir prendre la poudre d’escampette, sans mauvais jeu de mot.

 

Afficher l'image d'origine

 

Peut-être la clé réside-t-elle justement dans l’effectif des groupes concernés ? Quand AC/DC a-t-il cessé d’être AC/DC ? La seule personne d’Angus Young suffit-elle à légitimer cette appellation ? On peut sérieusement en douter, même si parfois la cassure se montre plus précoce, notamment lorsque les personnalités composant le groupe sont aussi fortes - ou presque - les unes que les autres. Pink Floyd n’a plus d’existence légitime après le départ de Rick Wright, c’est-à-dire après The Wall, les albums suivants étant des disques solo estampillés Floyd - un de Waters, deux de Gilmour. The Who a cessé d’être à la mort de Keith Moon tout comme Led Zeppelin à celle de John Bonham, ces deux batteurs se montrant absolument irremplaçables dans leur genre. Black Sabbath aurait dû changer de nom une fois Ozzy parti, et s’arrêter définitivement après la défection de Bill Ward. Il n’y aurait eu aucune honte à ce que Iommi signe les dix (!) albums ayant suivi Never Say Die! - un titre pour le moins prophétique - sous son nom propre, ce qui aurait évité de brouiller les cartes et d’abîmer l’aura des brummies. La clé se trouve sans doute là. Kim Deal ayant claqué la porte, les Pixies n’avaient plus de raison d’être. John Frusciante ayant déclaré forfait, les Red Hot auraient dû déposer le bilan. Faute d’un remplaçant valable poste pour poste - et en ce sens, Brian Johnson avait brillamment su endosser le costume de Bon Scott, placer un groupe sous perfusion pour le faire survivre à tout prix ne rime à rien, si ce n’est à racler les fonds de poches de ses fans qui, amers et aigris, finiront par le renier. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

Quant aux Stones, ma foi, si ces sémillants septuagénaires ont encore envie de vivre le rock n’ roll way of life, ça les regarde, eux et le portefeuille de ceux qui achèteront leurs tickets à un tarif défiant toute concurrence (et toute logique). Dans le cas de Jagger and co, la légende est toujours là. Sacrément usée, certes, mais sur le papier, la magie peut encore fonctionner. Cela sera-t-il toujours le cas lorsque sonneront les 80 ans de Keith Richards ? Rendez-vous en 2024 pour souffler les bougies. Remarquez, on n’a pas forcément hâte d’y être...

 

Commentaires
Adrock, le 19/05/2016 à 04:54
Bravo pour cet edito à propos d'un sujet assez peu traité au final. Je n'arrive pas à comprendre qu'un groupe comme les Who continue de tourner malgré deux morts et un Townsend à moitié sourd. C'est navrant de voir tous ces groupes singer leurs jeunes années, en essayant de nous faire croire que le temps n'a pas eu d'emprise sur eux. Respect infini pour Plant, qui a toujours refusé une reformation de Led Zep, et Bowie, qui vivait avec son temps et acceptait le fait de vieillir. (Concernant Cobain, il affirmait dans sa dernière interview qu'il n'avait plus qu'un ou deux albums avec Nirvana, car il estimait que l'on ne pouvait pas rester créatif en travaillant éternellement avec les mêmes personnes).
Etienne, le 11/05/2016 à 10:59
U2 est parfaitement légitime en tant qu'artiste encore aujourd'hui. Déjà car il s'agit toujours du même groupe. En plus, même si leurs albums sont clairement en-dessous depuis All That You Can't Leave Behind (en 2000 ^^), ils sont toujours à la recherche de quelque chose. No Line On The Horizon par exemple. C'est un album très courageux, très empreint d'une ambiance orientale particulière. Il n'a pas fonctionné certes mais ils sont toujours à l'affût artistiquement. A mon sens, on ne peut pas les compter parmi ses dinosaures... Regarde par contre un mec comme Sting. Il ne propose plus grand chose depuis un bon moment. Il reforme Police en 2007 pour remplir les caisses, réinterprète ses morceaux avec un orchestre symphonique et maintenant il joue en festival en lissant son ancien répertoire. Ca c'est un vrai scandale... Après c'est un éternel débat. Pendant des années, Elvis a été traité de has-been. Et puis il est revenu en 68 et c'était démentiel... Avant de redevenir ridicule. Éternel débat...
Raphaelle, le 11/05/2016 à 10:38
Ah oui Dylan je confirme, la voix fait quasiment mal aux oreilles en début de concert. (souvenir d'un passage au grand rex il y a quelques années). Par contre j'ai vu les Stones en 2013 et je n'ai pas honte de le dire: c'était de la folie ! Ils ont bien compris comment organiser un vrai show donc le spectacle est total. Et puis c'était à Hyde Park, avec des centaines de milliers d'anglais qui connaissaient chaque couplet sur le bout des doigts... Forcément ça aide. J'ai aussi vu Macca il y a un an au stade de France et il faut reconnaître que son show tient vraiment bien la route. Et je suis étonnée, tu n'as pas cité U2: pourtant, après Achtung Baby, tout aurait pu être dit... Et ils sont revenus en 2002 avec l'exceptionnel All that you can't leave behind (pas vrai Etienne? ;-) ) Donc je suis plutôt d'accord avec toi sur le fond, mais il y a quand même de belles exceptions et heureusement ! D'ailleurs peut-être que nous donnons trop de poids ici à des événements qui finalement n'en sont pas vraiment?
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


"

De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

"
À lire également