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Critique d'album

The White Buffalo


Love and the Death of Damnation


(21/08/2015 - Unison Music Group - American Folk / Country - Genre : Chanson / Folk)
Produit par Ryan Dorn

1- Dark Days / 2- Chico / 3- Go The Distance / 4- Radio With No Sound / 5- Home Is In Your Arms / 6- I Got You / 7- Modern Times / 8- Last Call To Heaven / 9- Where Is Your Saviour / 10- Rocky / 11- Come On Love, Come On In
Note de 5/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"La folk américaine a trouvé sa voix, ce malgré un bison blanc un peu terne"
Etienne, le 05/01/2016
( mots)

Quand on écoute ce grand gaillard bourru qu'est Jake Smith, alias The White Buffalo, on ne se doute pas un instant de toute la sensibilité qui transpire à l'écoute des disques du bonhomme. Repéré après de superbes interprétations des grands standards rock-folk et quelques compositions parmi les plus marquantes de la série télévisée Sons Of Anarchy, The White Buffalo avait frappé un grand coup dans la sphère folk americana en 2013 avec le superbe Shadows, Grey & Evil Ways, pièce d'une subtilité charnelle et disque ô combien adéquat pour accompagner les longues attentes hivernales au coin d'un feu régénérateur. Troisième effort en quatre courtes années, Love And The Death Of Damnation aurait pu accomplir l'exploit d'adouber enfin cette voix inimitable qu'est White Buffalo. Pourtant et malgré quelques belles réussites, il reste largement en-deçà de son prédécesseur et ne marquera que peu les esprits pourtant largement enclins à vouer une admiration sincère à l'américain.


Jake Smith est au folk ce qu'Eddie Vedder est au rock: une voix hors-du-commun chargée de tout un pléthore d'émotions diverses qui retourne l'esprit, l'estomac et le cœur. On accordera pourtant au leader de Pearl Jam un talent d'auteur bien supérieur à celui de White Buffalo, tant les compositions pêchent ici par un manque d'originalité criard dans leurs paroles. En atteste, un "I Got You" à la fragilité palpable qui ne survit pas aux textes peu inspirés de Smith, englués dans un pseudo-romantisme maniéré: "I got you, in my veins, in my blood, i got you". Idem pour le refrain pop de "Home Is In Your Arms", arrivé comme un cheveu sur la soupe après plusieurs couplets réussis dans la pure tradition folk, qui s'affranchit d'un piètre "Home is in your arms I'm all alone without you darling" en guise de plat de résistance. De la part de celui qui a magnifié le final de Sons Of Anarchy avec son "Come Join The Murder" aussi poignant qu'envoûtant, on attendait beaucoup mieux.


Heureusement que White Buffalo peut compter sur ses formidables qualités de conteur d'histoires, si tant est qu'il y en est une correcte à raconter. "Where Is The Saviour" voit Smith s'interroger avec candeur sur la présence de Dieu avec des mots parcimonieux et des rimes percutantes: "Where is your savior He ain't in the clouds He ain't in the heavens He ain't making you proud". La voix rocailleuse d'une profondeur abyssale de Smith résonne avec une ampleur inégalable et on se délecte de la prose lancinante de l'américain dans un "Last Call To Heaven" aux allures de chant du condamné, magnifié par des arpèges minimalistes octroyant au bison blanc un serein et inflexible magnétisme. C'est par ailleurs ce qui fait la principale matière des compositions de White Buffalo, cette masse vocale si imposante et boursouflée qu'elle occupe sciemment la majeure partie de l'espace sonore des titres de l'album quitte à parfois prendre le pas sur les arrangements, comme au long du bluesy "Come On Love, Come On In", pièce éparse aux arpèges diffus et claviers religieusement effacés. Malgré quelques beaux moments instrumentaux à base de cuivres et d'orgues, la voix de Buffalo est omniprésente et se veut autant la principale originalité de l'artiste que son utilisation abusive se révèle un écueil qu'il est difficile d'éviter.


On ne peut pourtant pas reprocher à White Buffalo de faire de sa gouaille vocale unique son atout principal, surtout lorsque celui-ci sert sur un plateau un "Radio With No Sound" mélancolique où quelques douces notes de piano juste appuyées accompagnent l'ambiance funeste de la prose grave et éraillée du chanteur. Mieux, le bison gratifie son auditoire de quelques chevauchées fantastiques dans les collines de l'Ouest sauvage dans un "Chico" entraînant dont les allures hispaniques siéraient parfaitement à une poursuite endiablée en diligence, ou encore lors d'un "Modern Times" enjoué qu'on associerait sans mal à une bonne grosse baston alcoolisée de saloon. Le sentiment d'immersion est total à l'écoute de Love And The Death Of Damnation et voilà vos oreilles plongées dans les jours sombres et tumultueux de l'Amérique sans foi ni loi du western. "Dark Days" ajoute au tableau un morceau plein d'envie et de fougue, qui ouvre paradoxalement l'album sur une note optimiste ("Dark days behind me, hope the good days don't blind me") ce malgré un artwork terne aux allures de baptême dans le Jourdain troublant. Indéniablement et malgré le road-trip simpliste quoiqu'efficace de "Go The Distance", il faut reconnaître à Jake Smith un talent certain pour créer des ambiances americana immersives comme personne.


Étonnamment, à terme, les sentiments se tassent et se font moins émergents à l'écoute répétée de ce Love And The Death Of Damnation, et si l'on s'enthousiasme toujours autant des qualités précédemment énoncées, on peine à distinguer les moments forts d'un disque redondant en son sein autant que dans la discographie auquel il appartient. Comme un dernier baroud d'honneur, on ne peut s'empêcher de sourire à l'écoute du son massif et percutant de "Rocky", assénant crochet à la slide guitar comme uppercut de caisse claire claquante, morceau qui se voit pourtant comme l'oasis salvatrice au milieu d'un désert trop commun. Le titre est remarquable par sa structure plus alambiquée, moins homogène que tout ce que propose Smith le long de Love And The Death Of Damnation, bien qu'il reste objectivement diablement simple. Et c'est cette indéniable impression de facilité émanant du disque dans sa globalité qui scelle écoute après écoute le sort de cet album pourtant bien embarqué. Car c'est là le plus grand manquement de ce Love And The Death Of Damnation, une absence quasi-totale de surprises et un sentiment d'unité trop flagrant entre ses pistes, au demeurant réussies lorsqu'évaluées à l'unité. Certes le genre ne permet pas de nombreuses circonvolutions et encore moins de métamorphoses, mais il manque à cet album cette force de caractère qu'avait son prédécesseur, cette intensité permanente et cette qualité de composition autrement supérieure. Il n'est pas à proprement parler convenable de toujours comparer une galette à son ou ses prédécesseurs, mais force est de reconnaître que Shadows, Grey & Evil Ways peine à quitter l'esprit des mélomanes adeptes des litanies graves et troublés du bison blanc, alors que s'achève Love And Death Of Damnation.


Les attentes placées en Smith sont énormes car le talent du bonhomme est aussi imposant que sa carrure de trappeur. Ce dernier effort est un bel album qui pêche par abus de confiance, certainement. Un peu de temps pour digérer tout ça ne ferait pas de mal. Et malgré lui, en dépit de sa voix unique, The White Buffalo pâtira toujours du succès monstrueux de la série dont il a accompagné avec un immense brio le final grandiose.


Chansons conseillées: "Rocky", "Last Call To Heaven"

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Barème
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Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Oct. 2017
13
Sortie d'album

The White Buffalo


Darkest Darks, Lightest Lights


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