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Critique d'album

The Stranglers


Rattus Norvegicus


(15/04/1977 - Emi - Post-Punk - Genre : Rock)
Produit par

1- Sometimes / 2- Goodbye Toulouse / 3- London Lady / 4- Princess of the Streets / 5- Hanging Around / 6- Peaches / 7- (Get a) Grip (on Yourself) / 8- Ugly / 9- Down in the Sewer / 10- Choosey Susie (Bonus Track) / 11- Go Buddy Go (Bonus Track) / 12- Peasant in the Big Shitty (Live) (Bonus Track)
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un premier album exceptionnel pour inaugurer un groupe ovni : The Stranglers. "
François, le 09/05/2020
( mots)

Voilà un album qui fait étrangement écho à la période. Par son titre d’abord, le Rattus Norvegicus étant le rongeur porteur des puces par lesquelles la peste se diffusa. Un choix teinté d’humour noir et de transgression qui participe à la réputation sulfureuse de groupe, les hommes en noirs travaillant cet aspect de leur légende. L’album se serait-il appelé Pangolin s’il était sorti en 2020 ? En tout cas, cette maladie a participé à la mort du claviériste Dave Greenfield qui a fait toute l’originalité du groupe complètement inclassable et unique dans la galaxie chargée du rock. 


Rappelez-vous, 1976-1977, c’est la vague punk qui déferle, d’abord sur le Royaume-Uni. Un état d’esprit – bien que dandys, les Stranglers en partagent des traits - et surtout, une musique qui remet en cause la direction virtuose prise par le rock : il est question d’une simplicité brute et primitive qui laisse exploser une rébellion jusqu’alors enfouie. Il est clair que le groupe est inscrit dans son époque et que ses riffs efficaces et parfois énervés peuvent laisser envisager une parenté avec le punk rock. Mais le groupe dépasse largement cette scène : rien que par la présence de claviers, le goût pour les expérimentations, une certaine attention pour la finition des arrangements (alors que l’album a été enregistré en peu de temps), la longueur des titres, les chorus …


Bref, les Stranglers, c’est bien plus que du punk, c’est également beaucoup plus que la New-Wave, elle aussi naissante, bien que les sons des claviers ou le chant parfois langoureux puissent l’évoquer. C’est un groupe qui, dès le premier album, a trouvé sa particularité, son identité, tout à fait unique. Et pour convaincre le public, il s’est décidé à peupler ce premier volume avec des titres tous plus excellents les uns que les autres, qui furent rapidement amenés à devenir des tubes. 


Faut-il présenter "Peaches", surement un des plus connus ? La basse ronde et agressive, de l’excellent Jean-Jacques Burnel (les parents sont Normands, cocorico) qui officie au chant, est un autre trait important du groupe, et elle est ici magnifiée. Quant aux paroles, très grivoises, elles sont scandées presque comme du rap, organisées autour d’un petit trait de guitare plein de groove. 


Ce morceau est entouré de deux autres qui font partie du meilleur de la discographie du groupe. "Hanging Around", dévoile tout ce que les Stranglers possèdent dès son introduction : des claviers au riff extrêmement efficace et la basse robuste, c’est un morceau puissant qui se déroule comme un rouleau compresseur. Le refrain est d’une force sans faille, sans parler de l’excellent solo dialogué entre guitare et synthé. "(Get a) Grip (On Yourself)" est beaucoup plus punk, avec une forte  présence de Greenfield qui témoigne d’une vélocité imparable sur ses touches. Il s’accoquine d’un saxophoniste pour un résultat très convaincant. Ce seront des incontournables sur scène durant toute leur carrière. 


Mais soyez rassurés, il ne faut pas attendre cette deuxième partie d’album pour se laisser convaincre. "Sometimes", en ouverture, est comme un manifeste : si la guitare et le chant, ici parfois criard, sont dans l’air du temps – entendre punk, quoique la basse est presque boogie -  les nombreux passages instrumentaux et les synthés omniprésents signalent leur envie de se démarquer. Bon, le vice est poussé jusqu’ à "Down in the Sewer", presque huit minutes et une division en plusieurs mouvements (une fantaisie progressive), qui tente des variations : ce sont surtout les claviers qui sont mis en avant, rappelant parfois les Doors. 


L’album comporte aussi des titres de très bonne qualité qui ont moins traversé les âges : le soft-punk "Goodbye Toulouse" à la mélodie accrocheuse, ou le blues lascif "Princess of the Street" et ses soli tout en finesse. 


La réception fut très bonne, en France (sa terre d’accueil) comme au Royaume-Uni, malgré quelques polémiques. Un des plus grands groupes de l’histoire du rock est né. 


 

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