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Critique d'album

The Move


Shazam


(00/02/1970 - Regal Zonophone - Power-pop - Genre : Rock)
Produit par

1- Hello Susie / 2- Beautiful Daughter / 3- Cherry Blossom Clinic Revisited / 4- Fields Of People / 5- Don't Make My Baby Blue / 6- The Last Thing On My Mind
Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Un condensé de l'esprit musical de l''année 1970 "
François, le 17/06/2020
( mots)

Dans votre existence de mélomane, vous avez sûrement été confronté au moins une fois à un album bancal. Shazam, le second album de The Move (1970), fait partie de cette catégorie. Néanmoins, malgré cela, c’est un disque plutôt convaincant, en témoigne sa forte popularité. Un mystère qui mérite quelques lignes. 


Si vous ne connaissez pas ce groupe éphémère du tournant de la décennie, le nom de Roy Wood vous est peut-être plus familier. C’est un individu assez extravagant – caractéristique favorisée par l’usage intense de stupéfiants – qui se donna à cœur joie dans la théâtralité au sein de Wizzard mais surtout, qui fonda Electric Light Orchestra. Ce dernier est en fait une refonte de The Move dont il est ici question, avec de nombreux musiciens en commun. Voilà pour le background, passons maintenant à Shazam


S’il est bancal, c’est d’abord par l’usage caricatural qu’il fait de la seconde face : alors que la première est entièrement consacrée à des pièces originales (et encore, certains titres sont en soute depuis longtemps), la deuxième est constituée de reprises issues d’un répertoire assez divers (du psyché américain avec Ars Nova, des chanteurs américains Tom Paxton et Frankie Laine). Caricatural puisqu’à l’époque, il était une mauvaise tradition d’utiliser la seconde face avec des titres moins bons ou moins commerciaux. Ici, c’est clairement du remplissage en bonne et due forme. Une des explications vient d’une négociation difficile entre le tout-single dont le groupe était friand et la nouvelle mode de l’album complet. 


Ensuite, c’est parce que le groupe manque de direction artistique et se tâte entre la pop-rock des 1960’s (pensez Beatles, mais plus saturé, ce qu’on a pu appeler "power-pop"), le hard-rock et le rock progressif qui émergeaient, les délires expérimentaux à la mode à l’époque, les jeux avec la musique classique. Bref, tout ce qui pouvait se faire en 1970 se retrouve dans Shazam : un condensé de l’année. Le côté patchwork est alors inévitable …  


Pourtant, le génie du groupe et le talent des musiciens font que l’album fonctionne très bien, même sur la seconde face. Certes, « Fields of People » traine en longueur, et ses passages folks ou hindous sont datés, mais il s’écoute sans sourciller. Plus intéressant, "Don’t Make my Baby Blue" possède des guitares bien heavy, dans l’esprit de ce que fait Rumplestiltskin la même année, et le solo, plein d’effets, est très bon. C’est d’ailleurs le seul point qu’on relèvera vraiment sur "The Last Thing on my Mind" qui clôt l’album. Les tentatives progressives et hard-rock sont plutôt bien amenées quoique velléitaires. 


De plus, la première face est un quasi sans-faute. D’ailleurs, qui lancera Shazam serait immédiatement emporté par l’excellent "Hello Susie", un titre de power pop à l’intro incroyable et assez subtile. Si The Move peut paraître un peu en retard sur d’autres pistes, il est ici à l’avant-garde. De même, "Beautiful Daughter" est plutôt convaincant dans son style à la Moody Blues (entre chant typique des 1960’s et orchestrations pompeuses). Enfin, "Cherry Blossom Clinic" commence sur une dynamique power-pop au rythme marqué pour passer à Bach dans un arrangement absolument remarquable. 


Avide d’expériences musicales, la bande de Roy Wood innove tout en mélangeant les genres dans un esprit de liberté esthétique propre au début des années 1970. Si le résultat rend parfois interrogatif, il est certain que les bonnes idées sont tellement nombreuses que Shazam est incontournable. Bancal certes, mais très attachant. 


 

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