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Critique d'album

The Black Angels


Phosphene Dream


(13/09/2010 - Blue Horizon - rock psychédélique - Genre : Rock)
Produit par

1- Bad Vibrations / 2- Haunting at 1300 McKinley / 3- Yellow Elevator #2 / 4- Sunday Afternoon / 5- River of Blood / 6- Entrance Song / 7- Phosphene Dream / 8- True Believers / 9- Telephone / 10- The Sniper
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Un condensé du rock psychédélique digne d'un grand retour vers le futur... "
Marc, le 14/09/2010
( mots)

En l'espace de deux albums incontournables, emplis d'efficacité et d'authenticité, The Black Angels avaient déjà remis le psychédélisme au goût du jour. Là où le Brian Jonestown Massacre n'a toujours laissé que quelques pistes abordables et tandis que Black Mountain vient juste de s'en éloigner en prenant quelques dédales kitsch, le troisième opus des Texans d'Austin est plus que jamais en passe d'ouvrir la voie du rock psychédélique au plus grand nombre. Une entrée totalement libre d'accès sur l'autoroute du désert qu'ils ont empruntée durant l'année 2009 pour nous concocter leur Phosphene Dream. Pour parvenir à nous le fournir enfin, les Black Angels ont migré vers un Blue Horizon (leur nouveau label britannique). Le néo psychédélisme y est toujours aussi ambiant mais il n'est pas question ici de révélations dues à la consommation de substances illicites mais bien d'un changement de lieu et d'action.


Direction Los Angeles où l'éloignement avec Austin et la collaboration avec un producteur, deux premières dans la vie créatrice du groupe, pourraient bien être les principales raisons à la divine réalisation de ce Phosphene Dream (les phosphènes sont ces espèces de flashes de lumière à géométrie variable que l'on perçoit quand on s’appuie sur les yeux ou qu’on les ferme après avoir regardé le soleil...). Aux manettes, il y a donc Dave Sardy (Oasis, Wolfmother, Johnny Cash, LCD Soundsystem... et co-producteur du dernier Black Mountain) qui connaît parfaitement le genre et les origines musicales des anges noirs. Sur la même longueur d'ondes, ses conseils avisés ont permis de garder l'essence du groupe tout en l'exaltant sur des morceaux plus concis. En un peu plus de 36 minutes pour 10 titres, contre près d'une heure pour les deux précédents, ce nouvel album est un condensé psychédélique délivré avec tout le panache technologique du moment. Loin d'avoir perdu les pédales, toutes les distorsions et réverbérations s'y retrouvent pour célébrer ce que les tendances psyché du passé ne cessent d'apporter à la musique actuelle. C'est d'ailleurs ce qu'à voulu faire The Black Angels : préserver fièrement l'héritage texan des 13th Floor Elevators tout en flirtant avec les anciens courants californiens du genre.


Pour preuves, les "Bad Vibrations" du début s'en rapprochent avant que des refrains californiens nous donnent des sensations plus légères avec les trois morceaux suivants dont le brillant et tourbillonnant "Sunday Afternoon". Le puissant "River of Blood" combine un orgue et une rythmique façon Doors avec des éclats électriques du meilleur effet. On y mesure l'influence plus évidente du guitariste Christian Bland par rapport aux deux albums précédents. Même de courte durée, chaque titre recèle au moins deux ambiances distinctes où chaque musicien est à sa place et joue sa partition à la perfection. Le transport est définitif avec "Entrance Song", toute aussi sombre que aérienne, elle montre le chemin que "Phosphene Dream" et "True Believers" approfondissent grâce aux tangibles progrès vocaux d'Alex Maas.


Si les réflexions sur l'époque et le climat politique actuel font toujours partie des intentions du groupe, les paroles traitent plus globalement de la vie en général. A l'instar du tubesque "Telephone" qui sonne comme une chanson légère du début des Beatles et dont le refrain "you never call my name on the telephone" est plus rebelle qu'il n'en à l'air. En ne s'égarant jamais trop loin de sa formule déjà gagnante, mais avec des signes persistants de croissance dans toutes ses chansons, Phosphene Dream nous révèle l'indéniable évolution et progression du groupe. Pour avoir ces airs là en tête il est donc inutile de consommer des produits artificiels, il suffit juste de fermer les yeux et d'ouvrir grand les oreilles, en substitut il y a désormais The Black Angels.

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