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Critique d'album

Storm Corrosion


Storm Corrosion


(07/05/2012 - Roadrunner - Steven Wilson + Mickael Ackerf - Genre : Autres)
Produit par

1- Drag Ropes / 2- Storm Corrosion / 3- Hag / 4- Happy / 5- Lock Howl / 6- Ljudet Innan
Note de 3/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Addition de talents = soustraction de résultat"
Nicolas, le 01/06/2012
( mots)

Aïe aïe aïe... qu’on se le dise, Storm Corrosion représente le premier réel faux pas des sieurs Steven Wilson et Mickael Åkerfeldt, pourtant maîtres incontestés dans leur domaine de prédilection : le metal prog. Collaboration inouïe ayant immanquablement déclenché une hyperactivité des glandes salivaires chez tous les adeptes des deux bonhommes à l’annonce de ce projet très attendu, ce premier album déçoit, il n’y a pas d’autre mots.

Il ne déçoit pas forcément en raison du genre auquel il s’attaque, à savoir une musique ambient minimaliste, sombre et à grande affinité expérimentale. Après tout, même les mouvements artistiques les plus inaccessibles possèdent leurs propres chefs d’oeuvre... et certains albums d’ambient type Bass Communion (made by Wilson) s’avèrent plus que recommandables. Par ailleurs, ce n’est pas faute d’avoir été prévenus : les deux intéressés n’ont pas cessé de répéter à tour d’interviews qu’ils allaient partir dans une direction complètement inattendue, et SW nous confiait encore il y a quelques semaines que ce disque avait été conçu et enregistré de façon complètement égoïste. Nous savions tous à quoi nous attendre, et il ne fallait probablement pas s’attendre au disque de pop rock ultime...

Non, là où l’album déçoit, c’est dans son manque de chair et dans des choix de construction très hasardeux. Pourtant, cet éponyme débute sous les meilleurs auspices : "Drag Ropes" parvient très vite à créer son petit effet avec ses cordes contenues, son chant fantomatique (Åkerfeldt au poil), ses choeurs joyeusement allumés et son ambiance à la Dany Elfman : on se croirait dans la B\.O\. d’un Tim Burton mi-naïf, mi-macabre, et on a hâte de poursuivre. Vient ensuite "Storm Corrosion" et c’est Wilson qui prend le relais du lead vocal, tout en retenue et en douceur mélancolique au son d’un accompagnement acoustique délicat. Là encore, le morceau tient la route... jusqu’à ce qu’il se retrouve noyé sous des samples lugubres qui jurent immédiatement avec son corps principal. Un choix bizarre et vraiment laid. On poursuit alors l’écoute avec un peu moins d’enthousiasme pour découvrir quatre morceaux déséquilibrés : Åkerfeldt n’y chante pratiquement plus, réduisant sa participation collaborative à un vague featuring à la guitare acoustique (très sympathique au demeurant, mais tout de même), et l’intérêt de la suite décroît au fil du disque en ne ménageant que quelques passages dignes d’intérêt. On pensera notamment aux belles cavalcades de mellotron rythmées de claquements de mains sur "Lock Howle" où à certains enchaînements atypiques de "Happy", un titre qui, malgré son nom, n’a pas vraiment de quoi rendre heureux tant l’atmosphère dissonante qui s’en dégage se révèle glauque et anxiogène. Le constat est amer : peu de chants, trop peu de cohésion d’un titre à l’autre, trop de facilités dans la construction des lignes mélodiques (le riff de "Lock Howl", encore lui, est inintéressant au possible), trop de réemplois de sonorités déjà entendues ailleurs (“Lock Howl”, toujours lui, décalque tous ses gimmicks de synthé sur l’In Absentia de Porcupine Tree). Même le conclusif "Ljudet Innan" qui lorgne vers une musique ambient détachée finit par ennuyer dans sa redondance.

Dès lors il s’avère difficile de conseiller en toute bonne foi ce disque à qui que ce soit. Les plus patients et les plus curieux d’entre vous pourront s’y risquer, mais qu’ils s’attendent à de (très) nombreuses écoutes perplexes et presque rébarbatives avant de commencer à y déceler une pointe d’intérêt. Bien évidemment, cet échec de la paire Wilson-Åkerfeldt, échec d’autant plus cuisant lorsque placé en perspective avec leurs plus récents travaux studios respectifs (Grace For Drowning et Heritage, pour ne pas les citer), ne nous empêchera en rien de guetter avec avidité le troisième album solo du frontman de Porcupine Tree tout comme les prochaines pérégrinations hors death metal d’Opeth. Storm Corrosion ne permet malheureusement que de vérifier une fois de plus un vieil adage : l’addition de talents équivaut le plus souvent à une soustraction de résultats. CQFD.

 

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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