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Critique d'album

King Hannah


Big Swimmer


(31/05/2024 - City Slang - Rock indépendant - Genre : Rock)
Produit par

1- Big Swimmer / 2- New York, Let's Do Nothing / 3- The Mattress / 4- Milk Boy (I Love You) / 5- Suddenly, Your Hand / 6- Somewhere Near El Paso / 7- Lily Pad / 8- Davey Says / 9- Scully / 10- This Wasn't Intentional / 11- John Prine on the Radio
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le duo britannique marche sur l'eau une seconde fois"
Quentin, le 14/06/2024
( mots)

On le sait, beaucoup de groupes ayant rencontré le succès avec un premier album encensé par la critique redoutent de boire la tasse sur le second album. Passées la surprise d’une réception élogieuse, l’expérience de la vie de musicien et les premières tournées, quelle recette faut-il privilégier à l’heure de retourner en studio une seconde fois ? Faut-il s’engouffrer dans le sillon encore frais du précédent opus, quitte à se voir reprocher un manque de prise de risque et une performance déjà désuète, ou bien tout renouveler avec de nouvelles perspectives, quitte à risquer de perdre de vue l’essence personnelle de sa musique ainsi que sa base d’auditeurs déjà si récemment acquise ? Plus particulièrement dans le champ mouvant de l'indie-rock, combien de groupes fraîchement propulsés "nouvelle sensation rock" ont connu des réussites restées éphémères une fois la fraîcheur fugace de la nouveauté et de l’effet de mode envolés ?


A cette question, le duo de Liverpool a répondu de manière politicienne, privilégiant le changement dans la continuité. Les ingrédients originaux qui ont façonné leur identité et motivé la cascade de superlatifs accompagnant la sortie de leur premier album sont toujours présents, pour notre plus grand bonheur. C'est un vrai plaisir de célébrer à nouveau le mariage de la voix sensuelle et vénéneuse d’Hannah Merrick et des textures de guitares saturées de Craig Whittle, qui s’accommodent aussi bien des ambiances brumeuses et mélancoliques que plus directes et rageuses. Mais, malgré ce terrain (re)connu, le ton général de l’album a changé. Sans complètement nager à contre-courant, Big Swimmer fait le choix de naviguer sur des eaux plus tranquilles, moins agitées par les soubresauts du vague à l’âme. Exit les ambiances sombres et torturées et cette angoisse latente qui prenait aux tripes, King Hannah explore de nouvelles facettes de sa musique. Plus lumineux, plus apaisé, plus influencé par l’americana des grands espaces que par la noirceur et le spleen du trip-hop bristolien, la gestation de ce second album a été largement façonnée par la longue tournée du groupe aux Etats-Unis, voyage initiatique qui lui a permis de pleinement s’immerger dans la musique folk américaine.


Ce n’est donc pas une surprise si Sharon Van Etten, soutien des premiers instants du groupe (elle avait déjà cosigné leur EP de 6 titres sorti en 2021), ouvre l’album en duo sur le titre acoustique éponyme, à la fois intimiste et rassérénant, s'électrifiant progressivement pour laisser la place aux premiers tressaillements de guitares de Craig Whittle. Le duo nous offre sur cet opus son lot de ballades sereines et lumineuses, à l’instar de la lancinante "This Wasn’t Intentional" (là encore en duo avec Sharon Van Etten), ou encore avec le touchant morceau conclusif "John Prine On The Radio" qui nous invite dans l’intimité du duo avec la description d’une scène de la vie quotidienne, la préparation d’un repas après une longue période de route.


Amateurs du petit comme du grand écran, Merrick et Whittle rendent également hommage à X-Files sur le court instrumental "Scully" et s'attachent une nouvelle fois à narrer des tranches de vie dans un style très cinématographique. Hannah Merrick se mue en conteuse troublante sur "New York, Let's Do Nothing" qui alterne couplets nonchalants en spoken word et refrains plus saturés ou encore sur "Milk Boy" qui décrit une altercation entre un petit garçon et un homme près de Philadelphie, conférant au titre une atmosphère pesante et menaçante jusqu'à sa conclusion électrique. Malgré son approche plus acoustique, le duo n'a rien perdu de son mordant, comme le rappelle l'incisif "Lily Pad" qui permet à Whittle de s'exciter un peu sur sa 6 cordes ou sur le joyeux garage rock "Davey Says", ode nostalgique et vibrante à l'imagerie de l'indie rock américain des années 1990.


Mais où le duo de Liverpool excelle, c'est lorsqu'il prend le temps de faire décoller ses morceaux avec des crescendos prenants qui se déploient en plein cœur de l'album, d'abord avec "Suddently Your Hand", ballade lumineuse et habitée que viennent faire voler en éclat les fulgurances orageuses et saturées de la guitare qui étirent le morceau dans une frénésie envoûtante. Dépeignant une certaine image du Texas à travers ses chambres d’hôtel et ses stations-service mal fréquentées et aussi dégueulasses que les panneaux délabrés jalonnant la route de leur tournée en mini-van, les Britanniques livrent à coup de lignes de guitares distordues une bande-son de l'Amérique en perdition particulièrement hypnotisante sur "Somewhere Near El Paso" Enfin, le groupe signe une prestation parfaite avec "The Mattress" et son atmosphère trouble et brumeuse portée par la sensualité ténébreuse d'Hannah Merrick, qui explose une nouvelle fois sous les coups de butoir électriques de son camarade. Chapeau.


Bien loin du naufrage tant redouté, King Hannah surpasse ainsi son œuvre précédente avec une inspiration renouvelée et un album parfaitement maîtrisé dans ses diverses facettes. Le duo signe une nouvelle fois un album de référence en ces temps de disette pour l'indie-rock britannique. Sans aucun risque de pouvoir toucher le fond, nous vous invitons dès lors à plonger tête la première dans ce Big Swimmer.


 

Commentaires
DiegoAR, le 28/06/2024 à 18:27
Définitivement une des très belle réussite de cette année !