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Critique d'album

Jefre Cantu-Ledesma


Love Is a Stream


(15/10/2010 - Type - Drone, Shoegaze - Genre : Autres)
Produit par Jefre Cantu-Ledesma

1- Stained Glass Body / 2- Star Garden / 3- Loving Love / 4- Where I End & You Begin / 5- Body Within Body / 6- Where You End & I Begin / 7- Orbiting Love / 8- White Dwarf Butterfly / 9- Womb Night / 10- River Like Spine / 11- Wild Moon and Sea / 12- Mirrors Death
Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Shoegaze maximaliste, à écouter doucement"
Valentin, le 19/01/2026
( mots)

Le nom donné à cet album de 2010 ne permet pas de se préparer aux excès qu’il peaufine pendant plus de quarante minutes. Sans plus de mots que ceux de son intitulé, "Stained Glass Body" plonge dans un océan de distorsion et de réverbération, où chaque mouvement de corde semble avant tout guidé par la force de l’eau. Au fond, on devine des chants d’un autre genre, d’une autre époque : un dialogue difficile débute entre l’auditeur et les guitares, d’une part et d’autre déformé par les vagues. 


L’amour est un courant. Pièce maximaliste qui s’explore comme une œuvre minimaliste : dans le soin et la lenteur, coupée du reste du monde. Essence d’un shoegaze juvénile, total, dont on a retiré le vocabulaire d’une romance naissante, mais pas le grand vacarme. Sentiment d’être pris au piège d’un rêve de Kevin Shields, écrasé par tout ce qu’il est possible d’amplifier, même le temps : un larsen s’étire jusqu’à ce que l’on distingue, dans toutes leurs épaisseurs, chaque signal, chaque vibration, chaque crête. Rien n’est plus flou que ce chaos organisé par Jefre Cantu-Ledesma, multi-instrumentiste américain au catalogue éclectique et débordant. Le flou, le doute, l’imprécision : tout ceci est incarné par une saturation permanente, qui atteint son paroxysme sur "Where I End & You Begin" – véritable flambée de dissonances parsemée d’échos de douceur. Il faut pourtant accomplir le chemin inverse, deux titres plus tard, avec "Where You End & I Begin". Les répétitions et cycles sonores de ce diptyque appellent à se souvenir de ce qui a été consumé, comme si toute métamorphose en cachait une autre.


Plus on avance dans l’écoute, plus on se repère dans le bruit de notre propre esprit. Les distorsions – ces peurs sourdes, déraisonnables, intenses – se calment au fil de l’eau, jusqu’à devenir une nouvelle tendresse, un miroir sur lequel se posent toutes ces voix, les nôtres et les leurs, qui formaient autrefois une cacophonie aveuglante. Le voyage débutait dans le tourment des premières relations, et se termine alors dans la sérénité de l’effacement. 


L’amour est un courant. Un courant immatériel qui se presse à mesure que l’on y pénètre, où l’on ne discerne à première vue que des fins ou des commencements. Entre les deux, les consciences se confondent et s’oublient : les voilà désormais qui se déchirent sur la roche, éclatent en mille couleurs et se recomposent. C’est ce que Jefre Cantu-Ledesma dessine ici : les transformations de soi à travers autrui, conjuguées sobrement à celles des autres.


A écouter : "Stained Glass Body", "Where I End & You Begin", "White Dwarf Butterfly"

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