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Critique d'album

Indochine


Paradize


(01/03/2002 - Columbia - rock français - Genre : Rock)
Produit par

1- Paradize / 2- Electrastart / 3- Punker / 4- Mao Boy! / 5- J'ai demandé à la lune / 6- Dunkerque / 7- Like a monster / 8- Le grand secret / 9- La nuit des fées / 10- Marilyn / 11- Le manoir / 12- Popstitute / 13- Dark / 14- Comateen 1 / 15- Le doigt sur ton étoile / 16- Un singe en hiver
Note de 4.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Retour sur un come-back inattendu, que beaucoup n'espéraient pas. Vraiment pas."
Elise, le 18/03/2010
( mots)

Voilà un succès que tous les critiques rock auraient préféré ne jamais voir arriver (et pas seulement eux). Un succès synonyme de mea culpa, de couleuvres avalées cul-sec et de retournement de vestes comme on en rarement vus. Car en 2002, parmi les succès annoncés et les sorties attendues, on trouvait surtout le dernier Red Hot Chili Peppers, le nouvel opus de The Chemical Brothers, ou encore le Discovery de Daft Punk. Et puis commence à se propager sur les ondes une mélodie anodine, où l'on reconnait une voix oubliée depuis 10 ans, réveillant un petit coin de cerveau chez ceux qui sont assez vieux pour avoir connus les années 80. Le texte comme l'air ne laisse aucun doute, revoilà Indochine. Et ça, ceux qui ont connus les années 80, ça leur a fait peur. Pourtant...

Paradize sera un énorme carton. Un come-back foudroyant, où des parents abasourdis virent leurs rejetons écouter le même groupe que Maman à leur âge. Dans la presse, un seul constat, Indochine a changé. Fini les années 80, place au vrai rock, à un son plus évolué, plus lourd, plus accrocheur. Chez les critiques, on se rattrape comme on peut pour éluder le boycott média du groupe dans les années 90, et parler d'un véritable renouveau. A partir de là, on croit à une véritable résurrection miraculeuse, à l'illumination divine qui a transformé des has-beens en nouveaux rois du rock populaire français, et l'on s'extasie devant une telle unanimité d'éloges. Nicola Sirkis retrouve le devant de la scène, redonne des interviews minimalistes, et affiche de nouveaux fièrement sa mèche bien aimée.

Sauf que Paradize n'est pas né par hasard, et n'est pas, contrairement aux apparences, le fruit d'un changement de cap brutal. Pour comprendre comment le groupe a abouti à un son aussi bien calibré, il faut justement retourner dans ces années 90 où plus personne, ou presque, ne voulait savoir ce que faisait Indochine. Car pendant ces années là, Nicola Sirkis, encore accompagné de son frère Stéphane et de Dominique Nicolas, décide de commencer une trilogie d'album axés sur des thèmes aujourd'hui toujours associés au groupe : l'adolescence, le sexe, le mal-être qui va avec les deux, l'infantilisme, la peur de vieillir, et par conséquent, la peur de la mort. La première pierre est posée avec Wax, album pop-rock plutôt joyeux, où sur de faux airs innocents, Sirkis délite tous ces thèmes. Le son a oublié les rythmiques des 80's, se fait plus orchestré... et n'est pas au goût de Dominique Nicolas. Il quitte le groupe, laissant les deux frères en duo pour composer la prochaine étape, Dancetaria.

Là, c'est la futur noirceur d'Indochine qui se révèle. Tentés par un électro sombre, les deux frères construisent un album de mélodies longues et travaillées. Le son est plus dur, la poésie plus noire, Dancetaria s'impose que le meilleur album du groupe. Toujours dans l'indifférence générale. Et si le son n'est pas encore celui de Paradize, il inspire un fan très inventif, qui avait déjà contacté le groupe pour un artwork du titre "Satellite" tiré de Wax. Le patriache adore, et l'embauche. La dernière pierre est posée, Oli De Sat devient la nouvelle tête pensante bis du groupe.

Nous revoilà donc en 2002. Le fan qui n'a pas abandonné Indochine pendant la traversée du désert se précipite chez son disquaire, et découvre le nouveau visuel indochinien (indochinois c'est pris par les anciens habitants de l'Indochine, fallait trouver autre chose) évidemment provocateur. En rouge et noir, Indochine exile sa peur, et livre un album sans retenue ni tabou. Résolument tourné vers le présent et les sons qui cartonnent, influencé par un petit jeune qui aime Marilyn Manson et Nine Inch Nails, Sirkis voient ses éternelles obsessions boostés dans les basses et électrisé dans les aïgus. Le plus étonnant ? Tout cela reste foncièrement fidèle à la personnalité d'Indochine. Résultat, ceux qui n'ont jamais aimé n'aimeront toujours pas, mais la critique devient moins facile.

Car musicalement, il y a de bonnes choses dans ce Paradize. Alors oui, à première vue, ce n'est pas flagrant. Il faut dire qu'avec des titres "franglais" qu'on croiraient piqués à Jean-Claude Van Damme ("Electrastar", "Comateen", "Popstitute"), Sirkis tend, comme à son habitude, le bâton pour se faire battre. Et à l'écoute de ses rimes toujours douteuses, et autres phrases incompréhensibles à la lecture, on pourrait se laisser aller à une critique facile. Sauf que tout cela cache un travail sur le son indéniable, essentiellement réalisé par Oli De Sat, auteur de 11 des 15 titres de l'album. Ses différents bidouillages font l'efficacité de "Paradize", la lourdeur poisseuse de "Dunkerque" ou la magie sombre de "Le manoir".

Mais l'important chez Indochine reste l'émotion qui se dégage de l'alchimie entre paroles hermétiques et envolées musicales, et à ce titre, l'alliance d'Olivier Gérard (véritable nom d'Oli de Sat) et de Nicola Sirkis se révèle très fructueuse. La plupart des titres fonctionnent bien, c'est indéniable. Certes, les trames restent simples mais l'efficacité prévaut. Et cela donne parfois de petits bijoux, comme le très beau duo avec Melissa Auf Der Maur sur "Le grand Secret", ou la balade de fin écrite par Jean-Louis Murat ("Un singe en hiver").

Avec le recul, Paradize semble également incarner une sorte de balbutiements du mouvement "émo" version populaire (rien à voir avec le punk hardcore et Jimmy Eat World bien sûr), ou pour faire simple, l'explosion d'ados en rouge et noir, amoureux de la bisexualité et de la rebelle attitude romantico-sexuelle (en oubliant le non-sens). L'explosion se fera des années plus tard avec Tokio Hotel, mais déjà, des titres comme "Marilyn", "Dark" ou "Popstitute" incarnait à la perfection le leitmotiv adolescent. Bien sûr, le visuel autour du groupe, notamment le clip de "Marilyn", n'est pas innocent dans cette transformation. D'incarnation de la mode honnie des années 80, Indochine devient le modèle vestimentaire des ados rebelles, et les sosies de "Sirkis à mèche" fleurissent dans les cours de lycées. C'est l'aboutissement ultime pour le groupe, mais également un signal, celui d'une évolution nécessaire, au risque de rester coincé en 2002 comme il l'a été dans les 80's.

A bien des égards, Paradize est donc plus symbolique d'un moment M dans le paysage du rock populaire français en mal d'icônes identifiables, qu'un véritable aboutissement dans la carrière d'Indochine. Car avec du recul, on se rend compte que leurs meilleurs albums restent le précédent et le suivant, plus élaborés, plus personnels. Paradize est lui l'incarnation de tout ce que Sirkis voulait exposer et revendiquer, une manière de s'imposer après des années de reniement. Le résultat donne un album efficace mais un brin racoleur, une recette gagnante. Depuis, Indochine a retrouvé son public, rempli les stades et les Bercy, profite de la notoriété, quitte à sombrer dans la facilité (La République des Météors, dernier opus qui retrouve les vieux défauts). Peut-être faudrait-il à Sirkis une nouvelle traversée du désert ? Cela lui a toujours réussi.

Note de 4.0/5 pour cet album
Tonio, le 29/07/2003

Et pourtant... et pourtant, je n'aimais pas ce groupe. La cause : adorer les Inconnus durant ma jeunesse et donc comme eux assimiler Indochine à un groupe avec des mèches, dansant comme des beaufs, avec des chansons sans texte, et ne pas avoir suivi l'Indo-mania des 80's/90's. C'est donc sans grande conviction que j'écoute une première fois cet album. Et ... oh mon dieu ... mais c'est du bon rock ! J'ai toujours pensé qu'Indochine était un groupe de variété et en fait non, leur prestation live le prouve tout comme ce dernier album, c'est bel et bien un groupe rock. Paradize est vraiment une très belle réussite, en effet des chansons telles que "Marilyn" (d'ailleurs une ressemblance sonore et visuelle avec Marilyn Manson ne serait pas fortuite, avec notamment un clip très gothique), l'excellent "Mao Boy!", l'énorme succès "J'ai demandé à la lune" (merci Michael Furnon, chanteur de Mickey 3D ) le titre qui a relancé Indochine auprès du grand public, la superbe ballade "Le grand secret" où Nicola Sirkis chante en duo avec Melissa Auf Der Maur (Hole, Smashing Pumpkins), et pleins d'autres bijoux electro/pop/rock (un album de 1h16 quand même !) en font un album complet et de qualité. Le fait de trouver aussi très souvent des arrangements électro (par l'ingénieur du son de Depeche Mode) ainsi que la présence sur un titre de Melissa Auf Der Maur font de ce disque un album envoûtant et expérimental. Voilà donc après 20 ans de carrière, Indochine poursuit son chemin, assuré par d'excellentes prestations live et un public fidèle composé de différentes générations, et nous livre ici, avec Paradize, un très bel opus ecclectique.

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