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Critique d'album

Grand Blanc


Mémoires Vives


(19/02/2016 - Entreprise - New Wave / Chanson française - Genre : Pop Rock)
Produit par Adrien Pallot, Frédéric Deces, Nathan Herveux

1- Surprise Party / 2- Bosphore / 3- Disque Sombre / 4- Tendresse / 5- Evidences / 6- Summer summer / 7- Les Abonnés Absents / 8- Verticool / 9- Désert Désir / 10- L'Amour Fou / 11- L'Homme Serpent / 12- Samedi La Nuit / 13- Montparnasse
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un album puissant nourri d'influence variées: Grand Blanc fait preuve d'une maturité impressionnante pour son premier essai et nous entraîne dans sa danse échevelée."
Raphaëlle, le 19/02/2016
( mots)

En partie originaire de Metz, Grand Blanc a su habilement condenser la frustration du début de la vie d'adulte en une musique à la fois sombre et hypnotique. Depuis la rage du remarqué "Samedi la nuit", leur musique a su se condenser, distillant encore plus de trouble.


Pas de malentendu entre nous: Grand Blanc ne fait pas du rock, en tout cas pas comme Eiffel ou Luke. Pour parler d’eux, la presse reprend les éléments de langage de leur dossier de presse et les présente comme les enfants spirituels de Bashung et de Joy Division. S'ils revendiquent effectivement une filiation, ils passent leurs interviews à prendre leurs distances avec cette étiquette trop vite accolée. Du rock, ils ont gardé des sons de guitares affutés et des lignes de basses décharnées. Mais les réduire uniquement à du post rock, c'est manquer toute une facette de leur musique et ça serait bien dommage. Étant des purs produits de la culture internet, ils ont aussi mixé un grand nombre d'influences qu'on retrouve dans ce premier album: Du r'n'b, de la techno, de la pop française...


A l’écoute de Mémoires Vives, on est d’abord frappé par la maturité de leur musique, venue si rapidement. Les références à Metz, leur ville d’origine, ont disparu. Le goût pour les jeux de mots ne s'est pas tari, mais l'écriture de Benoit s'est considérablement affutée. Ses cabrioles littéraires sont plus discrètes, elles se fondent mieux dans le paysage sonore. Ils ont aussi exploité le potentiel pressenti sur "l'Homme Serpent" et "Degré Zéro", à savoir la présence de Camille et de Benoit. La voix féminine apporte à la fois la douceur et le côté distant de leur musique. Elle sait aussi se faire tranchante lorsqu'elle tombe comme un couperet ("l'Amour Fou", "Tendresse"). Face à cette figure féminine, la voix masculine transpire la frustration et le désespoir ("Evidences", "Désert Désir").


Et alors, ces chansons? De "Surprise Party" à "l’Amour Fou", Grand Blanc fait le grand écart en les aigus de Camille et les graves de Benoit, les mélodies pop et la dureté des sons issus du rock. De la noirceur de leur chanson, souvent liée au chant de Benoit, surgit toujours la lumière portée par la voix de Camille. Avec constance depuis leurs débuts, ils proposent une musique qui nous enveloppe pour mieux nous étourdir.


En s'appropriant es codes de la musique électro, ils réussissent le tour de force de nous faire danser sans rogner sur la qualité des textes."Surprise party"déploie toute sa morgue au ralenti, comme nous narguant avant de lâcher "Bosphore". "Bosphore" ou "Verticool" (dont l’intro rappelle "My Friend Dario" de Vitalic) entrainent dans un tourbillon rudement bien fichu, tout en égrenant les jeux de mots. On apprécie aussi la tension de la voix de Benoit sur "Désert Désir", qui finit par lâcher prise dans une grande apothéose qu’on a hâte de voir en live. Avec "Samedi La Nuit", on a droit à quatre petites bombes à la frontière entre l'électro et la pop.


Ils excellent aussi lorsque leurs chansons sont structurées par de solides lignes de basse : "Disque Sombre" fait de la varape sur les éclats de guitare, avant de prendre du corps dans les refrains. "L’Amour Fou" s’ouvre sur un son de synthé totalement kitsch, qu’une ligne bien sentie vient déchirer comme un rideau pour tenir d’une main de fer tout le reste du morceau. Les montagnes russes de "Evidences" sur la voix de Benoit explosent sur le refrain porté par la rêverie de Camille et c’est plutôt réussi.


Le milieu de l’album est un peu plus calme, comme une respiration entre "Bosphore" et "Verticool". On lorgne vers du r'n'b minimaliste à la FKA Twigs au fur et à mesure de "Tendresse". C’est glaçant comme Grand Blanc sait si bien le faire, mais tellement détaché qu’on reste sur le carreau. Minimalisme aussi pour "Summer Summer", (qu’on entend presque comme "Summer se meurt"), même difficulté à nous emporter. Quant aux "Abonnés Absents", l’alchimie entre synthés et basse est un peu poussive et le refrain presque anachronique sonne comme un Dépeche Mode période Black Celebration.


Au bout du compte, on aimerait dire que le premier album de Grand Blanc est parfait mais vraiment, non, ça serait mentir. On aimerait dire qu’il est lumineux mais vraiment non, il ne l'est pas. S’il n’est pas aussi noir que leurs premiers efforts pouvaient laisser imaginer, il distille tout de même une atmosphère métallique, incertaine, parfois à la limite du malaise. On s’étourdit dans le rouleau compresseur de leur musique en attendant des jours meilleurs, on lâche prise et on se laisse aveugler par les paillettes qu’ils jettent à nos yeux. La maîtrise dont ils font preuve dès leur premier album est époustouflante. On leur souhaite une bien longue carrière pour apprécier ça sur le long terme.


A écouter en priorité: "Verticool", "Désert Désir", "Surprise Party"


En vidéo: l'audio de Suprise Party, le premier single. 

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Commentaires
Archytas, le 21/02/2016 à 11:12
Excellente chronique
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