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Critique d'album

Fogwax


Swimming With Sharks


(13/05/2016 - Klonosphère - heavy rock/néo-grunge - Genre : Rock)
Produit par Guillaume Doussaud

1- Man Of The Year / 2- Face The Sun / 3- Ocelot / 4- Ice Cold Men / 5- Blood Eagle / 6- Fight! Women / 7- Spider Will Have His Revenge Against The Town / 8- Big Black Nowhere / 9- Despotic Anxiety
Note de 5/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Les ex-Last Bärons repartent à l'abordage avec leur heavy rock carnassier"
Maxime, le 19/09/2016
( mots)

Le fait que le dernier album de Faith No More ait été loin de déclencher l’enthousiasme de la rédaction (c’est le moins que l’on puisse dire) ne saurait occulter la fascination que le combo San-Franciscain continue d’exercer sur une frange de la scène rock actuelle, particulièrement les thuriféraires hagards obsédés par l’héritage du rock alternatif américain, faux genre fourre-tout rassemblant aussi bien le grunge que le rock fusion pré néo-metal, embrassant les nostalgiques du binaire so nineties comme les amateurs actuels de stoner rock pris au sens large. Dans le genre, Fogwax se pose autant comme un cas d’école qu’un légataire plutôt doué. Ceux qui savent plonger dans les galeries souterraines du rock français pour en extraire les meilleures pépites esquisseront un sourire ravi en apprenant que ce nouveau groupe est piloté par d’anciens membres de Last Bärons, formidable combo normand qui avait su marier avec une rare efficacité heavy rock et néo-grunge, hélas sabordé dans la fleur de l’âge, après avoir livré un second album (Cheval de Troie, 2012) qui avait déclenché un buzz bien mérité dans la petite sphère de la critique rock en ligne.


Resserré sous forme de trio et reprenant la voix et la guitare de son ancienne entité, Fogwax s’élance en terrain connu pour tous ses orphelins inconsolés. Dès les premières mesures de Swimming With Sharks, on retrouve avec un plaisir goulu le phrasé de Julien Soler, aussi puissant qu’affecté, quelque part entre Scott Weiland en moins poseur et Layne Staley en plus débraillé, tout comme les rafales grondantes admonestées par David Mazeline, puisant dans les préceptes de Kim Thayil ou de Jerry Cantrell cette science du riff aussi intense que ludique, où l’expressivité passe autant par le volume des power chords que par l’empilement des pédales d’effet. Avec son titre très faith-no-morien et ses envolées vocales tour à tour robotiques et lyriques, "Man Of The Year" assure et rassure, joue la continuité tout en pointant vers une nouvelle direction, plus sombre, plus ramassée. Orientation qu’entérinent le lourd "Face The Sun", rappelant Soundgarden dans ses moments les plus ombrageux et introspectifs, "Ice Cold Men" et ses accents martiaux ou encore "Spider Will Have His Revenge Against The Town", aussi tourmenté que sec comme un coup de trique.


Dans ses meilleurs moments, Fogwax sait se montrer grisant, à l’instar d’"Ocelot" et son refrain irrésistible où Soler lâche enfin la bride, tout comme "Fight! Women" avec ses breaks en forme d’uppercuts dévastateurs. Malgré tout, quand on reste, comme ce rédacteur, encore frustré par le potentiel à jamais gâché qu’esquissait Last Bärons, force est de constater que son ombre éléphantesque plane de tout son poids sur son rejeton carnassier. Plus varié, plus excentrique, plus décalé aussi, Cheval de Troie savait se montrer aussi efficace qu’ingénieux, marier les séances de pilonnage heavy tout en risquant le pas de côté, quand Swimming With Sharks se complait parfois dans les pensums lourdauds vaguement bluesy (le baroud final "Big Black Nowhere") rappelant les moments les moins inspirés de l’épopée grunge. Peut-être qu’en passant du quintette au trio Fogwax a préféré gagner en cohésion ce qu’il perd en possibilités. C’est alors qu’on mesure tout l’apport de la bande de Mike Patton à la scène rock d’il y a 25 ans : le clin d’œil rigolard, une certaine distance ironique, quand tant d’autres se complaisaient dans un premier degré parfois bien risible rétrospectivement. Les Last Bärons avaient su s’approprier cet art de la rupture de ton et de l’ambivalence, tout en manifestant un goût moins prononcé que leurs aïeux pour le mariage violent des contraires et se délestant de cette espèce de conscience de soi un peu auto-satisfaite (edgy diraient nos cousins américains) qui flottait au détour des sillons de Angel Dust ou de King For A Day… et qui avait le don d’irriter ses détracteurs.


On ne parlera pas tant de trahison que de légère déception devant ce retour à une forme plus canonique, quand on sent que les musiciens sont capables de faire plus. Reste que l’ensemble demeure bien troussé, bien caréné, une fois de plus bien aidé par une production au cordeau, comme c’est le cas d’ordinaire dans les réalisations de l’écurie Klonosphère. Les mélomanes considérant que le son grunge/alternatif reste toujours d’actualité, eut égard à la bonne tenue des derniers disques d’Alice In Chains, Soundgarden et… Faith No More (nos collègues et néanmoins amis de la rédaction nous pardonneront), auraient bien tort de faire la fine bouche devant ce premier effort qui fait honneur à ses ancêtres. A défaut de s’enthousiasmer d’office, on suivra avec intérêt les futures aventures des riffeurs de Saint-Lô. Ils ont suffisamment de talent pour nous faire languir encore un peu plus avant leur véritable émancipation.     

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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