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Klaxons
Surfing The Void
Produit par
1- Echoes / 2- The Same Space / 3- Surfing The Void / 4- Valley Of The Calm Trees / 5- Venusia / 6- Extra Astronomical / 7- Twin Flames / 8- Flashover / 9- Future Memories / 10- Cypherspeed

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Cette chronique vient illustrer un phénomène étrange, qui s'explique à la fois difficilement et simplement. Si la chroniqueuse ici présente était un peu moins feignante, elle aurait pu être écrite trois fois. La première quelques jours après la première écoute, la deuxième quelques semaines plus tard et la troisième aujourd'hui. A ces trois moments, elle aurait été différente. Au final, comme la chroniqueuse est une feignasse, seule la troisième impression va rester, la dernière, la définitive. Mais malgré tout, une petite volonté persiste de s'amender un peu, d'avouer que si le temps ou l'occasion s'étaient présentés il y a quelques semaines, cette critique de Surfing The Void aurait été plus tendre avec les Klaxons. Sauf que cet album ne supporte pas le passage du temps et les réécoutes successives. Dommage pour lui.
Surfing The Void est arrivé avec un plomb dans l'aile bien avant l'atterissage. Quelques mois avant sa sortie, on apprend que la maison de disques des Klaxons a demandé sa refonte complète, insatisfaite du résultat studio du trio anglais. Polydor connaît l'attente des fans, plutôt excités après un premier essai certes criticable, mais d'une originalité et d'une énergie rares. Avec Myths Of The Near Future, les Klaxons avaient créé une alliance inédite, sorte de garage électro pop, à la fois inspiré et à la limite du trop plein musical. Le fil était mince mais l'album tenait la traversée avec l'élégance du funambule. Pour Surfing The Void, l'objectif était à l'évidence le même, sauf que le trio a décidé d'handicaper son équilibriste de douze colliers de perle autour de cou, d'une perruque rose et de poids de cinq kilos aux poignets et aux chevilles. Qui veut parier sur la réussite de la traversée ?
Les premiers pas semblent plutôt sûrs. "Echoes" reprend les rythmiques et les sonorités entendues sur le précédent opus, l'ensemble a un vrai potentiel de single et fonctionne bien. Un bon démarrage est important, le fil ne tangue pas et c'est d'un pas ferme et presque martial que le trio entame "The Same Space". Le titre se démarque des tons habituels, plus lent, plus grave, privilégiant l'efficacité binaire aux envolées synthétiques. Une prise de confiance un peu grande qui pousse à la distraction, aux premiers tangages, à la perte d'équilibre, presque à la gamelle monumentale avec "Surfing The Void", titre bruyant et agaçant, tempête de cris saturés, de piques au synthé suraigü, bref, un bordel monstre inécoutable. A partir de là, les gymnastes le savent, une fois l'équilibre perdu, difficile de le retrouver. D'autant plus quand on a frôlé la gamelle à ce point.
Le reste de l'album n'est donc que tentatives pour retrouver un semblant de cohérence musicale. "Valley Of The Calm Trees" en est la meilleure, parvenant à surmonter l'apparent chaos avec une bonne construction et une boucle synthétique minimale. "Venusia", "Flashover", "Cypherspeed" agressent tout simplement les oreilles, bordel permanent mêlant sans aucune cohérence les sons les plus improbables. "Extra astronomica" aurait été réussi avec beaucoup plus de retenue. Et si les Klaxons en font presque preuve dans "Twin Flames" ou "Future memories", c'est pour sombrer dans une pop assez pauvre, où l'on sent la recherche sans pour autant trouver le résultat à la hauteur.
On l'aura compris, la seconde traversée ne s'est jamais terminée, le fil est vide, le funambule à terre, en sang, et le spectateur l'observe avec pitié. Le second album des Klaxons s'est empêtré dans trop d'emphases, trop d'effets, peut être trop d'ego. On regrette l'inspiration du premier opus, mais on peut encore espérer la revoir un jour.