Cela fait 6 ans qu’
Amphetamin, groupe originaire de Reims, est formé et qu’il compose sa musique et son univers. Le jeune trio exerce dans un style rock progressif aux accents post-rock. Un résultat qui donne souvent, parmi leurs confrères, des pâles copies de ceux qui ont tout inventé :
Porcupine Tree,
Sigur Ròs ou encore
Mogwai. Ces copies sont rarement abouties, souvent produites avec trop de légèreté. C’est donc avec une certaine méfiance et le plus d'objectivité possible qu’on essaie d’écouter ce premier album du groupe rémois, malgré les références flagrantes qu’on trouve ici et là.
Car des références, il y en a !
At the dawn of twilight semble illustrer une mosaïque qu’on peut trouver accrochée sur les murs de fans du genre. On a déjà cité quelques groupes, on n’en trouve encore davantage (chacun trouvera ses références). Première guitare à l’archet, premier carillon, première batterie : et paf ! On est en présence du dernier
Mogwai ("Lunae Lumen"). C'est valable aussi pour la voix, qui fait appel à d’autres chanteurs du même tonneau. Alors on éprouve quelques difficultés à se mettre dans le disque et à l’écouter sans se faire régulièrement un blind-test au fur et à mesure qu’il s’écoule. Malgré tout, il y a du bon, et même du très bon dans ce premier disque. Alors si on regrette les ressemblances trop évidentes, on ne peut qu’applaudir le bon goût pour les bons modèles.
Car associer des ambiances et des talents tout aussi différents que peuvent être ceux cités plus haut (on peut y ajouter aussi du
Opeth version apaisée) laisse présager du bon. Il y a pourtant bien un fil conducteur propre à
At the dawn of twilight, qualifié par les termes de prog, post-rock, mais aussi et surtout mélancolie. Car la particularité de ce premier album est la part belle laissée à la composition, plutôt qu’à la puissance. Les morceaux sont bien écrits. Sensibles et souvent sombres. À l’image du titre éponyme qui se retrouve alors à dérouler ses treize minutes d’un opéra électro-rock en plusieurs parties, alternant énervements, arpège efficace, répétitions bien faites. À la pénombre,
Amphetamin parvient tout de même à unir le rythme et les riffs métal dans "E-Rased". Le rendu global est également porté par une voix, ou plutôt des voix. Celle(s) de Sebastian, particulièrement attachante par son timbre si particulier. Souvent, associée à cette mélancolie significative, sa voix sonne comme celle de Brendan Perry (
Dead Can Dance), Peter Gabriel ou Tom York, parfois dans un même morceau, ce qui renforce la qualité de l’album.
Un "ouf" de soulagement peut alors être lâché. Loin de simplement vouloir jouer la comparaison avec des groupes ayant largement fait leurs preuves, At the dawn of twilight ne souffre d’aucun manque de personnalité ni de pêché de jeunesse. Petit disque par le tracklisting, disque correct par la longueur (les morceaux sont plutôt longs), grand disque par la qualité de production, finalement, il convainc assez largement.
Et pour ne rien gâcher,
At the dawn of twilight est à télécharger sur
Bandcamp pour le prix que vous voulez.