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Twisted Charm
Real Fictional
Produit par
1- Never Grow Older / 2- Cinema / 3- Socialite / 4- Clone Baby / 5- Layabout / 6- Layabout / 7- Boring Lifestyles / 8- Broken Girl / 9- Phoney People / 10- Happy Alone / 11- Television Nation / 12- Jealousy
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
Depuis combien de temps n’avez-vous pas découvert un album vraiment original ? C’est ce que je me suis demandé en mettant Real Fictional dans mes platines la première fois. Une originalité largement revendiquée sur le myspace du groupe, avec pas mal d’assurance, et sûrement beaucoup d’humour : «il est vraiment rare de trouver quelque chose d’aussi difficile à catégoriser». Twisted Charm s’affirme même carrément comme un groupe en rutpure avec son époque : « peut-être qu’il y a trop de groupes de guitares, trop de vestes en cuir et de prétendus rockeurs… c’est contre cet air du temps que nous opérons ».
Prétentieux ? Peut-être. Néanmoins, l’EP sorti en mars dernier avait déjà de quoi allécher. Et l’album tient toutes ses promesses. Le son de Twisted Charm est en effet détonnant. On y trouve des cuivres, du synthé, des voix étirées, des échos, de belles lignes de basse, une batterie agile. Et, surtout, des morceaux essentiels. L’album est très cohérent, et les titres, courts et efficaces, s’enchaînent avec facilité.
Il y a du bon rock anglais dans Real Fictional, de celui que l’on aime mais que peu de groupes font bien. La preuve avec l’excellent London Scene, sublimé par l’accent bucolique de Nathan Boom, qui fleure bon le centre de l’Angleterre. Twisted Charm ajoute à ce rock anglais une touche inédite. L’album dégage une urgence et une intensité difficiles à expliquer, mais palpables dès le premier titre, "Never Grow Older", qui s’ouvre sur ce saxophone si particulier, aigu et dissonnant. Dans "Cinema" commence à poindre un héritage que les cuivres dissimulent à la première écoute, celui de Blur. L’un des meilleurs titres, "Socialite", rappelle d’ailleurs les sonorités du groupe de Damon Albarn. Malgré cet héritage, sans aucun doute assumé (même si le groupe a plutôt tendance à citer Sonic Youth et The Blonde Redhead), Real Fictional reste foncièrement original. Au-delà de ces cuivres très personnels, la production de l’album est de toute façon unique. Du travail d’orfèvre, savant équilibre entre la distorsion, l’écho et la clarté dépouillée de certaines notes de synthé. "Broken Girl" et le dansant "Happy Alone", en sont de parfaits exemples.
Un bémol, toutefois, à tout cet enthousiasme. S’avaler d’une traite Real Fictional peut se révéler indigeste. Voix nasillarde et distordue, batterie répétitive, cuivres aigus… Même si l’album est très court (40 minutes à peine), le son de Twisted Charm peut agacer. Un conseil : chacun des titres a sa place dans vos meilleures playlists, et c’est un bon moyen d’apprécier ce son sans indigestion.