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Shaka Ponk
The Black Pixel Ape
Produit par
1- On the Ro' / 2- Come on Cama / 3- The Shell Maid Freak / 4- The Way Out / 5- Lucky Boy / 6- Frag Dog / 7- Mocks the Party / 8- Happy Ape Rodeo / 9- Times Has Come / 10- Kitty Call / 11- Yell / 12- 4xGet / 13- Morir Cantando
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“Le critique musical […] se demandera s’il était bien nécessaire de sortir deux albums à quelques mois d’intervalle au vu du premier produit fini, étant bien entendu que la quantité de titres tend à prendre le pas sur la qualité de l’ensemble. Verdict final dans quelques mois et la sortie de The Black Pixel Ape.” Ainsi Matthew concluait-il sa chronique traitant de The White Pixel Ape - qu’il vous est recommandé de lire afin de saisir tous les tenants et aboutissants de celle-ci si ce n'est déjà fait - en mars dernier. Coupons de suite court à toute tergiversation inutile : la réponse est inévitablement non. Non, il n’était absolument pas nécessaire de faire de The Pixel Ape un diptyque, si ce n’est pour satisfaire l’appel du dollar.
Entre démarche ouvertement mercantile déjà connue de tous au travers de cas d’école tels que Mezmerize/Hypnotize, Load/ReLoad ou Use Your Illusion et manque total d’intérêt comme de pertinence, Shaka Ponk esquisse avec The Black Pixel Ape non pas une redite, non pas un plagiat mais bel et bien un lamentable auto-plagiat de son cousin blanc : là où un album lambda nécessite plusieurs écoutes afin de pouvoir être appréhendé avec un minimum de justesse, une ou deux écoutes tout au plus suffisent à Black Pixel pour que la messe soit dite tant celui-ci peine à renouveler le catalogue du groupe, écueil dans lequel tombait déjà White Pixel par moments. Mais, encore plus grave, il ne parvient même pas à proposer ne serait-ce qu'un brin de nouveauté et de fraîcheur à ceux ayant déjà jeté une oreille à White Pixel : tout ce qui figure sur Black Pixel a déjà été entendu sur son prédécesseur dans une forme plus aboutie et de meilleure facture, c’est peu dire.
Ainsi, si vous cherchez une comptine de carrousel autre que “The Shell Maid Freak”, retournez écouter “M0nkey on the Wall” : le vice est tellement poussé que ces deux copies se retrouvent sur la même piste d’un album à l’autre. Si vous n’aviez pas aimé “Wanna Get Free” et son atmosphère electro un peu débile, vous n’aimerez assurément pas l’ignoble “Mocks the Party”. On continue ? Si vous souhaitez trouver à cette “Lucky G1rl” un compagnon de circonstance, présentez-lui un “Lucky Boy” qui lui ressemble. Enfin, last but not least : si vous êtes réceptifs au reggae pop de “Your Time Has Come”, vous vous êtes très probablement déjà déhanchés à l'écoute de “My Name Is Stain” qui, pour sa part, ne remonte même pas à White Pixel mais bel et bien à Geeks. Les exemples sont légion, et finalement, on se laisse prendre au jeu : on essaye d’associer les paires. C’est un peu amusant, à défaut d’être productif ou de présenter un quelconque intérêt.
À la différence de White Pixel qui, bien qu’inégal, proposait tout de même de bonnes choses, quasiment rien n’est à sauver sur ce Black Pixel Ape, qu’il s’agisse de “On the Ro’” et ses guitares pataudes, de ce sacrilège envers Dalida qu’est l'horrible “Morir Cantando” ou de “Yell” et son refrain sans saveur. C’est d’ailleurs de cette manière que l’on pourrait le mieux décrire cette dernière galette des Shaka Ponk : The Black Pixel Ape est un disque sans saveur. Alors que White Pixel réussissait à susciter un ressenti de la part de l’auditeur, Black Pixel n’y parvient tout simplement pas : annoncé comme le miroir qui mettrait à nu le côté sombre du groupe (à l'opposé de White Pixel qui devait refléter son côté plus enjoué), c’est au final un album fade, tacite et incapable d'évoquer - voire même pire, d'invoquer - une quelconque émotion chez l'auditeur. Une preuve de plus que l'exercice du double album, tout aussi déguisé qu'il est, n'est décidément pas à la portée de tous.