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Freeways
Dark Sky Sanctuary
Produit par

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En matière de revival (hard-rock 70’s ou Heavy 80’s), la scène canadienne apporte son lot de satisfactions si bien que chaque année, nous sommes amenés à couvrir des formations plus ou moins émergentes qui s’adonnent à l’archéologie sans nostalgie mais avec créativité. Riot City, Traveler, Spell, Crown Lands, Monster Truck, Smoulder, Possessed Steel : l’excellence canadienne a irrigué nos colonnes à de multiples reprises.
Et ce n’est pas près de s’arrêter puisqu’en 2024, Freeways débarque avec son deuxième et excellent album, Dark Sky Sanctuary, le combo ayant déposé son vieux camping-car aux abords d’un lac mystérieux propices aux pires rencontres horrifiques. J’étais passé à côté de True Bearings, sorti en 2020, mais la tournée nord-américaine d’Hällas, pour laquelle Freeways avait été choisi comme première partie, avait sonné comme une invitation à découvrir leur répertoire. Par chance, un nouvel opus était en préparation et offrait une opportunité pour diriger les projecteurs vers eux.
Si leur imagerie motorisée évoque Bachman-Turner Overdrive ou Monster Truck, leur musique est bien plus raffinée et cherche du côté de Wishbone Ash, Thin Lizzy, Scorpions, Motörhead ou Iron Maiden – un panthéon ô combien admirable en guise d’inspiration. Et disons le tout de suite, il y a une réelle capacité à produire des tubes (pour peu que le public daigne y prêter attention) : "Dark Sky Sanctuary", où le chant a quelque chose de Klaus Meine, brille par ses guitares jumelles à la Thin Lizzy dans une version un peu plus Heavy – pensez à Tanith, pour prendre une référence récente. Dans le même registre, "Can’t Deny Destiny" enthousiasme par son riff funk et son refrain imparable à la Blue Öyster Cult ("Burnin’ for You").
Très à l’aise quand il s’agit de composer des mélodies et des refrains captivants, Freeways n’hésite pas à revendiquer un petit côté 80’s : "Fortune’s Favourite" (au solo très gracieux) reprend la touche scorpionesque qu’on retrouve également sur le très accrocheur "Private Myth" aux traits de guitare lumineux et toujours embellis de twin-guitars. Le combo semble aussi marqué par le hard-rock des 70’s à l’écoute de "Cracked Shadow", du pur Thin Lizzy avec quelques surprises (comme un pont très lourd) et de "Travelling Heart" à la base blues ultra cadencée (limite funk). Plus métalliques, le brillant "Forever Protect" (aux claviers bienvenus) et le speed "Give EM the Gears", à la fois motörhead-en et NWOBHM (pensez à Tank ou Tygers of Pan Tang), musclent un peu l’approche du groupe.
Prendre la route avec Freeways revient donc à effectuer une sorte de voyage vers un passé revisité avec beaucoup de talent, où chaque escale de ce road-trip musical vaut vraiment le détour.
À écouter : "Dark Sky Sanctuary", "Can’t Deny Destiny", "Forever Protect"