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Critique d'album

David Bowie


David Bowie


(02/06/1967 - Deram Records - - Genre : Rock)
Produit par Mike Vernon

1- Uncle Arthur / 2- Sell Me A Coat / 3- Rubber Band / 4- Love You Till Tuesday / 5- There is a Happy Land / 6- We Are Hungry Men / 7- When I Live My Dream / 8- Come And Buy Me Toys / 9- Join the Gang / 10- She's Got Medals / 11- Maid Of Bond Street / 12- Please Mr. Gravedigger
Note de 3/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Aussi savoureux qu'insipides : les débuts hésitants de David Bowie"
Franck, le 09/03/2026
( mots)

Si l’on associe volontiers les débuts de David Bowie aux années 70 - sa notoriété n'arrivant véritablement qu’à partir de 1972 - l’artiste anglais s’est en réalité largement nourri de la décennie précédente, qui constitua pour lui un véritable terrain de jeu. Dès 1962, le jeune musicien, de son vrai nom David Robert Jones, se rêve en vedette pop et abandonne ses études afin de se consacrer pleinement à la musique. Commence alors un long parcours initiatique en quête de célébrité, jalonné de groupes éphémères et d’échecs commerciaux. Jones finit par adopter le patronyme de Bowie, s’évitant ainsi toute confusion avec le teen idol Davy Jones du groupe américain The Monkees. Après plusieurs tentatives infructueuses, il décroche finalement un contrat avec la maison de disques Deram Records et publie son premier album en juin 1967. Mais face à l’effervescence de la scène londonienne et à un manque évident de visibilité, le disque - sorti le même jour que Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band - se solde par un nouvel échec commercial.


Cet échec s’explique d’ailleurs assez aisément à l’écoute de l’album, qui, en dépit de toute l’admiration que l’on peut porter à l’artiste, paraît bien inoffensif au regard de la production de l’époque et de ses incontournables groupes en "The" - The Kinks, The Yardbirds, The Beatles, pour ne citer qu’eux. Pour autant, cet assemblage hétéroclite de morceaux mêlant pop baroque et esthétique de music-hall renferme son lot de passages savoureux - à défaut d’être indispensables - et constitue une curiosité tout à fait recommandable pour les amateurs de l’homme aux multiples facettes (et futurs avatars).


Dans cet esprit, on goûtera volontiers des titres comme "Uncle Arthur" et "Rubber Band", petites escapades pop qui se distinguent par leur théâtralité et leur légèreté, charmantes malgré leur manque évident d’ampleur. L’ensemble ne manque pas d’élégance, et l’on perçoit déjà chez Bowie une réelle aptitude à dénicher la ligne mélodique qui fera mouche. "There Is a Happy Land" se révèle ainsi assez touchant malgré sa linéarité et son final en onomatopées servant quelque peu de bouche-trou. "Sell Me a Coat", de son côté, semble doté d’un fort potentiel mélodique, mais se voit malheureusement plombé par un refrain assez peu inspiré.


La direction artistique, en revanche, demeure parfois floue, à l’image de textes qui oscillent entre l’insouciance de l’enfance et des thématiques plus sombres comme la drogue ou le totalitarisme. Bowie semble d’ailleurs accorder davantage d’attention aux paroles qu’à la musique elle-même, ce qui confère à certains morceaux un caractère très narratif. On y devine déjà une volonté de bousculer les codes, notamment à travers une approche plus orchestrale (cuivres et bois en tête), tout en reprenant sans grand risque les codes stylistiques de ses contemporains. Le très kinkien "Love You Till Tuesday", à l’optimisme résolument insouciant, en est un bon exemple.


Au fond, l’album s’impose surtout comme un laboratoire d’idées. Le jeune Bowie y multiplie les essais, s’amusant notamment à varier les timbres de voix et offrant un premier aperçu plutôt convaincant de ses qualités vocales, comme sur "When I Live My Dream". Plus rythmé, "Join the Gang" s’autorise quelques pitreries au chant et adopte une dynamique plus américaine, avec son parfum de rock de saloon. On y devine déjà la fascination de Bowie pour le pays de l’Oncle Sam, fascination qu’il concrétisera quelques années plus tard avec l’album Aladdin Sane.


Si ce premier opus demeure mineur dans la discographie du chanteur, il n’en reste pas moins le témoignage précieux d’un artiste en pleine recherche, encore loin des métamorphoses flamboyantes qui feront bientôt sa légende.


 


A écouter : "Uncle Arthur", "There is a Happy Land", "Join the Gang"

Commentaires
Amaury de Lauzanne, le 12/07/2024 à 16:28
Absolute beginner. A 20 ans, soucieux de coller à son époque et avide de reconnaissance, Bowie adopte le look des vedettes de son temps et pousse quelques chansonnettes sur son premier album sorti le jour même que le Sergent Pepper Lonely Hearts Club Band...au niveau marketing, c'est un plantage absolu. Quant au plan artistique, cet album se montre naïf, touchant et désuet avec quelques titres marqués déjà par une théâtralité singulière. Silly Boy Blue sort du lot de toute évidence. Animal à maturation lente, Bowie n'a pas encore trouvé sa voix et sa voie. Same player, shoot again... Bowie : "Je ne me souviens même plus pourquoi j’ai commencé à écrire des chansons. La plupart des chansons de mon premier album, sorti en 1967 chez Deram, étaient de petites narrations. Mon ambition était de devenir un conteur. Mes textes étaient si naïfs, si curieux… Pourtant, certains sont beaucoup plus sombres et dérangés qu’ils n’en ont l’air. Je me rappelle avoir écrit une chanson sur un fossoyeur, Please Mr. Gravedigger. Les films et les livres qui me passionnaient influençaient vraiment ma vie, mon écriture. J’ai compris plus tard que j’étais plus doué pour créer des climats, des ambiances que pour la narration simple. Mais là, je me cherchais encore, j’ignorais ce pour quoi j’étais bon. L’important, c’était d’écrire. Déjà à l’école, je griffonnais de petites nouvelles – l’anglais était la seule matière qui m’attirait." Extraits du formidable entretien avec Jean-Daniel Beauvallet, à Londres en juin 1993, pour Les Inrockuptibles.