↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Avatar


Avatar Country


(12/01/2018 - - Death Mélodique - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Glory To Our King / 2- Legend of the King / 3- The King Welcomes You To Avatar Country / 4- King's Harvest / 5- The King Wants You / 6- The King Speaks / 7- A Statue of the King / 8- King After King / 9- Silent Songs of the King Pt. 1: Winter Comes When the King Dreams of Snow / 10- Silent Songs of the King Pt. 2: The King's Palace
Note de /5
Vous aussi, notez cet album ! (0 vote)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Un peu trop ambitieux, Avatar aurait pu se contenter de nous faire un bon EP. De très bons morceaux par ailleurs."
Erwan, le 05/02/2018
( mots)

"Hail to the king !", chantait en 2013 Avenged Sevenfold dans le premier single de son nouvel album du même nom. Un titre fort qui annonçait un album pensé pour faire basculer le groupe dans la cour des grands et impressionner les puristes. En tournée suite à la sortie de Hail To The King, la bande de potes de Huntington Beach fait halte au Zénith de Paris. Une soirée mémorable que va ouvrir Five Finger Death Punch, qui partage l’affiche avec Avenged Sevenfold. Le Zénith, devant lequel une queue s’étend déjà depuis le milieu de l’après-midi, est très vite bondé. Et s’il serait réducteur de le décrire comme exclusivement adolescent, puisque l’on y croise sans difficulté quelques cinquantenaires à la barbe grise, veste en jean et t-shirt de [insérer ici le groupe de thrash metal de votre choix], force est de constater qu’Avenged Sevenfld plaît quand même vachement beaucoup aux ados. Ils sont nombreux à se presser contre la barrière pour être au plus près du beau Matt Shadows et du non moins élégant Synyster Gates, et ça n’a rien d’illogique. Dans son répertoire des plus fourni Avenged Sevenfolf compte quelques balades larmoyantes de qualité qui ont su nourrir la mélancolie collégienne de beaucoup d’amateurs de metal, à un moment où le groupe se tournait vers un son plus abordable.


Five Finger Death Punch ne leur fait pas peur, à tort puisque le groupe de Las Vegas, s’il doit lui aussi une grande partie de son succès à des morceaux plus sombres que porte à merveille la voix grave d’Ivan L. Moody, a un répertoire globalement plus bourrin que ses copains d’Avenged. Mais il y a une chose pour laquelle aucune de ces jeunes âmes n’était prête : le set du premier groupe de la soirée dont nous n’avons pas encore parlé : Avatar.



Long manteau noir, bretelle rouges, le visage bariolé et tenant dans sa main un sceptre, Johannes Eckerström, chanteur du groupe, retourne ce soir-là le Zénith par son jeu de scène incroyable, tenant presque du théâtre. A l’époque, Avatar est encore dans une période très death mélodique, et commence petit à petit à passer de fierté nationale suédoise à groupe de renommée mondiale, après avoir signé chez Sony pour la sortie de leur quatrième album, Black Waltz. Moment charnière dans la carrière du groupe, car c’est là que Johannes Eckerström décide d’incarner sur scène un personnage, pensé comme un clown tout droit sorti du plus sordide des freak shows. Un imaginaire que l’on retrouve jusque dans les clips tirés de Black Waltz, dont celui du bien nommé "Smells Like A Freak Show".


Black Waltz et son successeur, Hail The Apocalypse (2014), forment ce qu’on peut appeler la période d'explosion d’Avatar, qui a misé sur des disques aux recettes similaires (boom boom la basse et la batterie, grrr grrr les grosses guitares, et que je fais tourner mes cheveux en rythme, et que je bois dans un jerrican d’essence en live…) et un son tendant de plus en plus vers le metal contemporain des Etats-Unis. Mais c’est en esquivant la facilité et en se mettant en danger en 2016 qu’Avatar devient un groupe si intéressant à suivre. Feathers & Flesh, un album concept de près 1h10 qui s’avère être une fable écrite par Johannes Eckerström, mettant en scène tout un tas de petits animaux comme dans vos plus belles poésies de primaire. Un disque surtout sur lequel le groupe prend des libertés, quelques lignes de solo en clair, un chant plus varié que jamais (et ce alors qu’Avatar était déjà réputé pour la variété de son chant), quelques breaks improbables, une piste instrumentale féerique, bref : des morceaux bien moins stéréotypés.



Et alors qu’on pourrait penser qu’après une telle œuvre, Avatar prendrait le temps de se reposer, nous voici donc maintenant début 2018, avec à portée d’oreilles le nouvel album du groupe, lui aussi autoproclamé album concept. Avatar Country, pays imaginaire dans lequel est régulièrement invité le public du groupe durant les concerts, et dont voici l’histoire racontée en une dizaine de morceaux. Mais plus que son royaume, c’est son souverain qu’Avatar met en avant. Chacun des dix morceaux porte d’ailleurs le mot "king" dans son titre. Un roi qui n’est autre que Johannes Eckerström, bouffon promu à la tête du peuple. Le véritable enjeu de ce nouvel album d’Avatar n’est donc pas tant de nous raconter une histoire que d’iconiser son chanteur et, comme Avenged Sevenfold en 2013, d’entrer dans la cour des très grands, ceux qui se battent pour les têtes d’affiche de festival et font la tête d’affiche des Zeniths.


Avenged Sevenfold avait décidé pour ce faire de caresser ses ainés dans le sens du poil, et si Avatar n’a pas fait le même choix, il est amusant de constater qu’Avatar Country s’ouvre sur une ligne solo à deux guitares que le groupe au Deathbat n’aurait pas reniée et qui révèle une filiation discrète mais indéniable. Très vite pourtant la batterie s’emballe et laisse le clin d’œil à l’état de clin d’œil, nous promettant autre chose : Avatar a puisé dans son héritage nordique pour amener une touche d’épique qui fleure bon les roulements de tambour de drakkar.



Malgré un premier couplet décevant, "Legend of the King" est une énorme pièce au refrain surpuissant qui montre une nouvelle fois comme Johaness Eckerström est capable d’écarts vocaux extraordinaires. C’est d’ailleurs en faisant des écarts pour exposer l’éventail de ses influences qu’Avatar a construit un début de disque fort, allant du blues rock aux accents sudistes sur "The King Welcomes You To Avatar Country" au nu metal typiquement US dans "King’s Harvest". Ces influences, loin du death mélodique des débuts du groupe, couplées à un son plus propret qu’il y a 10 ans, font partie de ce qui rebute un peu les fans de la première heure aujourd’hui chez Avatar. Et nombreux étaient les puristes qui déjà en 2016, alors que le groupe se produit au Download Festival de Paris, vont bouder une partie du show du groupe pour aller se masser devant le main stage en attendant Deftones. Ces puristes, Avatar ne les oublie pas non plus, leur offrant de quoi grignoter avec le riff de "A Statue of the King". Mais l’ensemble du disque semble quand même pensé pour draguer un public plus large.


Relativement court sur le papier, Avatar Country l’est plus encore si l’on met de côté certaines pièces rigolotes mais à l’intérêt musical tout relatif. Comme "The King Speaks", un discours du roi expliquant à son peuple l’état de son transit intestinal et les vertus relaxantes de son bain, ou encore "Silent Songs of the King pt. 1 Winter Comes When the King Dreams of Snow", piste instrumentale d’une utilité encore à démontrer.


"J'ai le grand privilège d'annoncer que le lavement royal a été mené avec succès et que ma Majesté n'est plus constipée. Naturellement, c'est particulièrement une bonne nouvelle pour la paysannerie dans notre beau pays, et nous devrions nous attendre à une excellente productivité dans nos champs. En outre, j'ai pris un bain ce matin" "The King Speaks", d'Avatar


Avatar Country ressemble donc finalement plutôt à un EP un peu long qu’on aurait fait gonfler avec de petites astuces pour lui donner l’air d’un album. Son concept se tient pourtant très bien, les astuces ne sont en aucun cas dérangeantes, et le disque contient surtout deux ou trois excellents titres qui valent à eux seuls de s’y plonger ("King After King", juste pour son refrain incroyable). Mais plusieurs réécoutes finissent tout de même par lasser, contrebalançant avec l’engouement qu’un de nos rédacteurs, souvent naïf, a pu avoir dans sa chronique audio (que vous pouvez néanmoins retrouver ici). Et Avatar Country ne sera sans doute pas le disque qui fera d'Avatar une tête d'affiche. Sans foncer l’acheter, on ne saurait que trop vous conseiller de quand même guetter les prochains concerts d’Avatar dans votre région (envoyez "Avatar" au 8 12 12) car à n’en pas douter, "Legend of the King" sera incroyable à vivre en live.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !