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Critique d'album

Ashbury


Eye of the Stygian Witches


(20/08/2018 - Ashbury South Music / BMI - Hard Rock, Rock Sudiste, Rock - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- End of All Time / 2- Good Guitar / 3- Summer Fades Away / 4- Celtic Cross / 5- Waited So Long / 6- Out of the Blue / 7- Faceless Waters / 8- Searchin' / 9- Amber Glass / 10- Eye of the Stygian Witches / 11- All My Memories
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Trente-cinq ans après leur chef-d'oeuvre, Ashbury sort un album qui pourrait être renommé Endless Sky part. 2, sans pour autant s’apparenter à un bégaiement!"
François, le 24/12/2018
( mots)

Deux baffes pour se réveiller et être certain qu’un nouvel album d’Ashbury a bien vu le jour en 2018, et une grosse claque à l’écoute de ce petit bijou intitulé Eye of the Stygian Witches


On ne peut pas commencer cette critique sans dire quelques mots sur ce groupe qui est devenu une référence (dans le milieu des amateurs acharnés et curieux) après être sorti des eaux du Léthé grâce à l’essor d’internet. Ashbury a composé un chef-d’œuvre en 1983 : Endless Sky. Hélas pour lui, ce fut dans un style un peu à rebours de son époque, aux confins du rock sudiste, de l’Americana, du hard-rock, et du rock progressif, ce qui l’empêcha de décrocher un succès mérité. Comment les décrire ? On peut tenter des comparaisons et souligner des relents de Jethro Tull quant à la voix, de Wishbone Ash pour les guitares, d’Outlaws ou de Gallagher, mais le mieux est encore de l’écouter pour se faire son idée. 


Il est évident cette liste de groupes et de styles ne permet pas de donner une idée précise de la « touche » du groupe, qui tire sa force de l’hybridation entre guitare folk et son saturé, d’un duo de chanteurs aux voix sans âge, et d’une pureté du son de guitare au service de solos mélodiques toujours à propos, qui nous saisissent ici dès le premier titre de leur nouvel opus, "End of All Time". Un bon conseil consisterait à inciter les auditeurs de commencer par "Waited So Long", très représentatif de l’essence d'Ashbury. Dans ce morceau, la douceur mélancolique des arpèges, succédant à une belle introduction, laisse place à un riff plus musclé puis à un solo minutieusement composé. C’est cette harmonie et cette structure qui définissent la signature d'Ashbury


Malgré toutes ces qualités, il était assez invraisemblable, impensable, de trouver une nouvelle production d'Ashbury intégralement neuve (ce que n’était pas réellement Someting Funny Going On en 2010) en 2018 : le groupe semblait condamné à rester membre du club des one-shot. Heureusement, l’histoire nous donne tort et nous pouvons savourer un nouveau chapitre de l’œuvre de cette formation arizonienne. 


Difficile d’être synthétique pour décrire Eye of the Stygian Witches qui est un album incroyablement riche, proposant plusieurs variations autour de la pâte ashburyenne (rien que ça). Ainsi, un hard-rock au rythme très bluesy sur "Faceless Waters" peut côtoyer une courte balade en clôture de l’album ("All My Memories"). Nous ne bouderons pas non plus des titres plus classiques dans la veine sudiste : "Good Guitar" chantée avec une tessiture à la Canned Heat, "Summer Fades Away", balade qui lorgne avec insistance vers Lynyrd Skynyrd ou encore "Searchin’". 


Néanmoins, ce qui fait le charme d'Ashbury, c’est le sens de l’épique et de la mélodie ici toujours très présent avec l’hymne instrumentale qu’est "Celtic Cross", ou, filant la référence irlandaise, l’introduction de "Out of the Blue". Plus encore, c’est le titre éponyme, long de plus de sept minutes, qui s’avère être une perle du genre. Introduction à la mandoline, guitares affûtées dans des riffs travaillés, nombreux ponts qui permettent de varier les plaisirs … L’épique se voit renforcé par des paroles pleines de références mythologiques (Zeus, le Styx …) déclamées par un chant happant le public dans son univers olympien. 


Les frères Davis frappent donc très fort et proposent à nouveau une série de classiques pouvant rejoindre leur panthéon aux côtés de "The Warning" ou de "Vengeance". 


Allons plus loin et permettons-nous, à partir de cet album, une réflexion philosophique sur le genre musical qui nous est cher. Il y a une différence profonde entre le folklore et la tradition. Le folklore fige dans le passé, surligne les traits, caricature, brise tout élan dionysien pour finalement tuer ce qu’il est censé représenter. Les amateurs de rock ne connaissent que trop les conséquences de cette folklorisation pouvant s’abattre sur le genre. Qui n’a jamais eu les yeux et les oreilles baissés de honte face à des stéréotypes vulgaires qui devraient – soi-disant - nous flatter mais ne servent qu’à enfoncer les représentations du quidam sur le rock ? … Des vieux dinosaures aussi bien que des formations neuves sont hélas atteints par ce phénomène. Le folklore est un poison pour la musique, d’autant plus qu’il se nourrit davantage de ses à-côtés (vêtements, manière d’être …). A l’inverse, la tradition puise dans ses racines mais se renouvelle sans se trahir, c’est un élan vital. Pour les chrétiens, le terme renvoie à la fois aux écrits des Pères (passé) et à la dynamique de transmission (présent). Pour les amateurs de rock, cette fois-ci laïcs et de toutes les obédiences, cela signifie l’affirmation d’une esthétique, d’une instrumentation, de références définies petit-à-petit depuis des décennies, mais sans cesse réinventées, réactualisées et non ressassées jusqu’à l’ennui, la stagnation, la performance folklorique. Eh bien, Ashbury perpétue la belle tradition d’un rock varié, mélodique, travaillé et inventif, loin de tout folklore ridicule. 


Pour filer la métaphore religieuse : sans dire qu'Ashbury développe ici un nouvel évangile (ce serait exagéré), au moins la messe est dite. C’est peut-être pourquoi le groupe est brandi comme un étendard par les fers de lance de la dynamique revival (jetez un coup d’œil aux t-shirts des membres de Visigoth dans le livret de leur dernier album) avec, en sous texte, « les vrais sauront ». 


Avec ses références ostensibles au chef-d’œuvre d’antan, que ce soit dans la musique ou dans les paroles (le refrain de "Amber Glass" finit par "Beneath the endless skies"), l’album pourrait être renommé Endless Sky part. 2, sans pour autant s’apparenter à un bégaiement. Ceux qui avaient aimé le premier opus seront comblés, ceux qui ne connaissent pas encore se remémoreront leurs leçons de grec ancien pour s’écrier « Eurêka ». Prenez donc votre billet pour ce voyage d’un peu moins d’une heure dans une sorte de nostalgie heureuse gracieusement offerte par les joyeux troubadours de Tucson, Arizona. 


 

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