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Critique d'album

Amon Düül II


Carnival in Babylon


(00/04/1972 - - Kraütrock, Kosmiche Musik, Psy - Genre : Autres)
Produit par

Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Amon Fölk II"
François, le 13/08/2022
( mots)

L’esprit occidental est marqué par certaines traditions et certains plis qui favorisent des inclinaisons dans la façon d’appréhender le monde. Pour diverses raisons qui précèdent de loin la trinité chrétienne, le chiffre trois est profondément ancré dans nos consciences et nous nous efforçons à synthétiser le monde sous forme de dissertations (en trois parties et autant de sous-parties) qui s’accordent à formuler le monde à travers ce chiffre (ou à travers ses multiples).


Dans l’histoire du rock, on a ainsi pu démarquer un trio de tête dans le hard-rock britannique des 1970’s (Deep Purple, Led Zeppelin et Black Sabbath), trois grands leaders du rock progressif italien (PFM, Le Orme et Banco), et on pourrait faire de même avec le Krautrock, fameuse scène germanique de cette décennie, avec Can, Tangerine Dream et Amon Düül II.


Bien sûr, cela est fort réducteur (Et Faust ? Et Ash Ra Tempel ? Et Popol Vuh ? me diront les amateurs), mais il est vrai que d’une part ces trois groupes sont de réels pionniers (avec un premier album à la fin des 1960’s), qu’ils font indéniablement partie des grands noms du genre et qu’ils illustrent les différentes directions empruntées par cette scène allemande expérimentale. A Tangerine Dream le goût pour l’électronique, à Can celui pour l’expérimental avant-gardiste, et à Amon Düül II celui des réminiscences psychédéliques et des improvisations interminables. Il semble que pour un béotien qui chercherait à découvrir le Krautrock, cette proposition aurait du sens.


Seulement, si cela est réducteur pour définir une scène après tout opulente en matière de formations, cela l’est également à l’échelle de la discographie du groupe. Ainsi, ce qui est vrai pour Amon Düül II en 1970 ne l’est plus en 1972, année durant laquelle la formation a sorti deux albums bien différents et exploré de nouveaux sentiers.


Au mois d’avril, Carnival in Babylon présentait en effet le groupe sous un visage plus accessible, moins violent et moins extravagant. Le courant folk, plutôt actif outre-Rhin (on citera Hoelderlin, Parzival ou Ougenweide), trouve en Amon Düül II un nouveau et prestigieux compagnon de route. L’évasion est garantie au sein des chœurs ésotériques "C.I.D. in Uruk", un beau titre qui s’abstient presque de tout délire qu’on attendrait de la part du groupe, au profit d’un rock-folk progressif accessible. Associé au chant féminin, on retourne presque dans les 1960’s hippies, au grand temps du Flower-Power ("All the Years Round", au final plus électrique réussi, ou le plus fragile "Tables Are Turned"), Amon Düül II étant une des formations Krautrock les plus influencées par le psychédélisme. Ainsi, le côté folk cohabite avec un registre plus électrique (soli de guitare et claviers) donnant à l’album sa coloration progressive ("Shimmering Sand" illustre bien ceci). Deux exceptions dans des directions totalement opposées, d’une part le titre immédiat et accrocheur "Kronwinkl 12", d’autre part la suite "Hawknose Harlequin", davantage inscrite dans un registre Krautrock (dans un sens expérimental) même si à y regarder de plus près, celui-ci s’avère assez accessible, notamment avec son final en forme de slow space-rock.


Sans renier son psychédélisme expérimental, Amon Düül II adopte un ton plus facile d’accès, teinté de couleurs folks et sans grandes poussées expérimentales, au point de faire de Carnival in Babylon leur album le plus évident à aborder au sein de leur période faste.


A écouter : "C.I.D. in Uruk", "Shimmering Sand", "Hawknose Harlequin"

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