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Grandval, tout feu, tout flamme ...


François, le 07/03/2022

A l'occasion de la sortie du troisième album de Grandval, Eau / Feu, le 25 février 2022, nous avons voulu revenir sur cet opus et sur l'ensemble de la trilogie désormais terminée en interrogeant Henri Vaugrand, l'homme derrière le groupe. Une longue interview suivie de la chronique de l'album en question. 

Interview d'Henri Vaugrand


Cette question est un peu devenue un marronnier, mais comment as-tu géré le contexte lié à la pandémie et quelles ont été les conséquences pour Grandval ? Il semble que pour le second volet comme pour le dernier, le programme a un peu été modifié non ?


Vaste question. Comme tu t’en souviens le précédent est sorti en pleine pandémie, ce qui n’était pas simple. La formation avec laquelle on a travaillé, alors que l’album n’était pas encore sorti, semblait fonctionner, et quand la pandémie est arrivée, on s’est mis à travailler sur le suivant. Cela prenait une tournure un peu plus "Metal", mais le soufflé est retombé : le guitariste a déménagé, donc le travail a traîné jusqu’en février 2021, quand j’ai décidé de reprendre les choses en main, de travailler avec Olivier Bonneau de façon plus serrée pour formaliser l’album. On a trié parmi les morceaux et on a demandé à Jean-Pierre Louveton (JPL) s’il voulait travailler dessus, c’est ainsi qu’on a également rappelé Jean-Baptiste Itier pour travailler avec lui, c’était aussi simple. Il n’y a donc pas d’autre guitariste que Jean-Pierre, Olivier et moi. En octobre 2021, l’album était prêt.


En termes de diffusion/promotion, on aurait pu se dire que les gens qui achetaient des albums et allaient aux concerts auraient acheté davantage, mais ça n’a pas été vraiment le cas… Comme si les gens attendaient avant tout la réouverture des salles ou des choses plus festives ou des grands noms et des tribute-band (comme ceux des Pink Floyd qui cartonnent – Australian Pink FLoyd, les Lillois Back to the Floyd). La situation semble amener les gens vers leurs certitudes plutôt que vers l’inconnu.


Peut-on parler de rock progressif pour qualifier cette trilogie ?


Oui et non, bien évidemment (rire). Oui, si on prend le terme générique anglais "progressiste" car les albums ont une identité reconnaissable tout en étant différents, les approches sont variées : le premier est plus spontané, le second est plus progressif canal historique à quelques morceaux près. Le troisième ressemble davantage au premier en intégrant des éléments du second, une synthèse plus pop progressive. Je définis cela comme de l’ "art rock indé francophone" puisqu’il faut coller une étiquette à la con, c’est ce que j’ai trouvé de mieux. Et comme il y a des pommes dans l’alcool de contrebande des Tontons flingueurs, il y a du prog’ dans Grandval …


Un album dialectique donc, comme l’eau et le feu ?


La construction s’est faite petit-à-petit, je ne pensais pas à un triptyque initialement. C’est quand j’ai commencé à écrire le deuxième que je me suis dit « oui, je vais essayer de construire une trilogie ». Mais pas dans le sens de faire trois fois la même chose en changeant la place des virgules, plutôt trouver une unité conceptuelle, ce qui je l’espère se voit autant dans la musique, l’artwork et l’approche, même si le fil d’Ariane, ce sont les textes.


En effet, les titres sont plus longs mais paradoxalement, l’album est davantage tourné chanson-française. Pourquoi cette évolution plus marquée ?


(silence) On a tous un background différent, j’ai déjà dit ici ou là mon amour pour certains musiciens, Thiéfaine, Manset, Daran, Hubert Mounier, mais j’ai d’autres faces où le progressif a son importance, avec des gens qui font le lien entre les deux (Décamps - Ange, Motis, JPL, Lazuli), notamment dans la pop progressive (Downes Braide Associaton dans une style Asia/AOR). Ce n’est pas pour plaire ni pour déplaire, c’est seulement la maturation de ce que je fais.


Je vais te raconter une anecdote. Il est curieux de se rendre compte que dans le milieu du prog’, nombreux sont ceux qui n’écoutent pas de groupes francophones ou sont perturbés par les paroles : ils vont ainsi vers le prog’ anglophone, écoutant la musicalité des textes mais pas les paroles. Ce serait presque l’inverse pour les passionnés de chanson française où la musique prendrait, pour eux, trop de place. Ma réflexion est la suivante : comment fait-on pour lier les deux ? Bon nombre de mes prédécesseurs y sont parvenus mais je ne veux pas les copier, je veux affirmer une personnalité, dire des choses sans être un donneur de leçon. C’est là que se trouve une difficulté.


Les parties instrumentales sont assez diversifiées, entre passages néo-progressifs, inclinaisons jazzy, nappes planantes, mélodies enjouées qu’on aurait pu trouver chez Ange … Tu as voulu diversifier les approches ? Tu peux nous en dire plus sur la partie composition ?


Sur cet album, il y a deux titres dont les musiques sont d’Olivier Bonneau qui amène une autre sensibilité : il est plus jeune, aime le prog’ mais pas seulement, c’est ce qu’on trouve dans son projet solo (Half a Band). Les titres qu’il m’a proposés m’ont tellement plu que j’ai tout de suite composé une ligne mélodique pour le chant et des paroles (ce fut parfois facile, "Erables et Chênes" est une traduction du titre initial en anglais). Il a donc eu davantage de liberté, je lui ai laissé la main aux claviers, pour qu’il exprime ses couleurs.


De toute façon les trois albums sont dans ces différentes palettes, jamais complètement dans un seul style progressif. C’est handicapant pour le classement mais ça évite peut-être l’ennui, j’essaye déjà de ne pas m’ennuyer personnellement et de laisser de la place aux musiciens.


JB Itier a également eu une grande liberté et a fait un travail extraordinaire, de même que JPL qui a montré qu’il était un fabuleux guitariste, ce qu’on savait déjà, qui a une capacité à saisir un projet et traduire une intention, et ce à chaque fois de façon différente. Un vrai sens de l’adaptation.


On se met en danger, on va sur d’autres terrains, celui que les gens n’attendent pas. Alors tu flippes un peu quand ça sort mais c’est de la musique vivante.


Tu as également fait une reprise de Christophe …


Tout à fait, et une autre d’Atoll sur l’album d’avant. On avait envisagé de sortir un EP entre les albums à partir de cette reprise que je voulais faire depuis 2017 je crois. J’en ai parlé avec Olivier qui aime également Christophe et il a été emballé. On a tout fait à deux, je l’ai produit, mais à l’époque le groupe était dans une période compliquée et avec la question des droits… Donc on s’est contenté d’une vidéo avec un clip de Georges Studio dont on a adoré le parti pris. Hélas, ça a fait un flop, peut-être parce que c’était entre deux mondes donc dans les limbes. Mais on recommencera ! Il y a des musiciens qui ont besoin d’être revisités, sans faire un tribute même si on a failli le faire pour d’autres artistes. Tout comme Ange a payé son dû à Jacques Brel, sans comparer bien sûr. Il y a des morceaux, des compositeurs, dont on a envie de triturer un peu la musique pour leur rendre hommage et dire qu’on les aime… Vraiment.


Est-ce qu’il y a une clef d’interprétation pour cette trilogie ? Au moins des indices…


Non (rire), on est dans une époque de prémâché, du « tout-est-dit-avant-que-ce-ne-soit-dit », on écoute l’album avant de l’avoir acheté, le livre avant de l’avoir lu… Les tenants et les aboutissants d’une œuvre ne se racontent pas et c’est bien que l’auditeur fasse l’effort, il y trouvera ses propres interprétations. Certes, il y a des liens, c’est une trilogie des éléments même si les rapports ne sont pas toujours évidents, il faut les chercher, moi j’ai ma petite idée bien entendu, mais je n’ai pas de théorie ni sociologique, ni politique.


Je vais te donner une clef quand même. Je suis un grand fan de 10cc, notamment le hit "I’m Not in Love", le slow ultime qui a sûrement fait des bébés et des rencontres amoureuses… Alors que c’est une anti-chanson d’amour ! Mais qu’est-ce que c’est beau !


Comme on était dans une période difficile, plutôt que d’être dans une tension et de donner un message presque emphatique puis une corde après avoir écouté, proposons quelque chose d’un peu plus guilleret qui peut aller aux gens par la mélodie. Ils peuvent même mal interpréter les textes, parce qu’il y a des choses assez curieuses, ce n’est pas grave. "Il neige encore" peut correspondre à cela, facile d’accès mais c’est un morceau à tiroirs, très triste.


Quelques mots sur la pochette qui est une création personnelle ? Elle est moins représentative du rock progressif que les deux premières non ?


Pourquoi devrions-nous être dans les conventions ? Suite au premier album, quand s’est posée la question du deuxième, je me suis dit : "après une première en photo, une deuxième avec un graphiste de renom et ami (Stan-W Decker, qui travaille pour JPL et Galaad), je vais trouver un autre support pour la troisième". Et j’avais ce tableau que j’avais réalisé et qui me regardait curieusement, qui avait un rapport avec le feu (il s’intitule Désir orange : le grand incendie). L’eau était présente sur les deux premiers albums, tout cela faisait sens.


La rupture picturale avait un autre sens, ne pas faire la même musique donc la même présentation. S’il y a les mêmes thèmes, les éléments, et beaucoup de sujets sur l’exil (intérieur comme celui des migrants), je donne un sens qui me convient et qui me dérange aussi. Si cela suscite de l’étonnement, c’est le principe du registre "progressiste" justement, ne pas rentrer dans des canons esthétiques trop étriqués.


Grandval est-il désormais un groupe à part entière au-delà du seul Henri Vaugrand ? La formation se stabilise-t-elle ?


Ça s’est éclairé très récemment, après les galères autour d’un guitariste pour des résultats décevants en termes de collaboration artistique. Ça n’a pas matché comme on dit aujourd’hui. Donc on a essayé à trois avec Olivier aux claviers et guitares : sur la reprise d’Atoll, toutes les guitares sont faites par Olivier et moi et il en joue pas mal sur le nouvel album. On travaille en trio et ça fonctionne bien, ça donne une autre couleur aux titres qui seront interprétés sur scène ce qui est stimulant (si c’est pour rejouer la même chose en live que sur l’album, autant rester chez soi). Néanmoins, on manque d’occasions pour répéter à cause de problèmes de locaux.


Des projets de concert ? L’interprétation complète de la trilogie sur scène ?


On n’ira pas jusque-là mais on a déjà quelques projets. On est partant pour des premières parties, des festivals ou concerts (c’est un appel vibrant à tous les organisateurs). C’est compliqué localement malgré la présence de plusieurs groupes prog’ en terre auvergnate (JPL, Monnaie De Singe, Jack Dupon).


Comment se passent tes collaborations avec JPL, et comment envisages-tu ton travail avec lui pour la suite ?


Ça se passe très mal bien entendu, il est insupportable, je suis insupportable donc on se supporte (rire). Nan, c’est un bonheur de travailler avec, il a de l’écoute, de la qualité et de l’exigence. On a fait deux albums ensemble et pour l’avenir je crois qu’on ne peut pas savoir, mais on aura peut-être envie de le solliciter avec la nouvelle formule.


Maintenant que la trilogie est close, quelle suite comptes-tu donner à Grandval ?


La première chose, c’est la scène. Pour le reste, on trouve des idées lors de bœufs en répétition mais ce ne fut pas notre méthode de travail sur les premiers albums, on va donc travailler différemment, plus collectif. Ça pourra être un truc prog’ très ambitieux façon Close to the Edge (rire) - toute proportion gardée - car comme tu le sais je suis un grand fan de Yes, mais plus sérieusement je pense que la tendance du troisième album sera peut-être celle de la suite. Mais à trois on peut arriver à mélanger des choses, faire un UK du pauvre (rire), des choses assez recherchées et des "chansons progressives" pour le dire comme Motis.


Grandval c’est également Valis Lupi, quelle est l’ambition du label ?


Le label est né comme un support, comme le font beaucoup d’artistes, pour notre propre production. Olivier avait un projet avec Half a Band, il sort rarement ses albums en cd donc je lui ai proposé et on l’a fait. Du coup, je me suis dit pourquoi ne pas le faire avec d’autres artistes ; on a eu des propositions dont Enneade à Lyon qui sont des amis, l’album sortira fin avril et il marque leur retour à des hauteurs formidables, c’est un album très abouti. On est en discussion avec d’autres. C’est un label ouvert musicalement.


Et pour Henri Vaugrand, en tant que plume du rock progressif ?


J’écris en effet un livre mais entre l’album et le label… J’essaye de le finir dans l’été, et on voit si on bosse avec un éditeur ou avec Vallis Lupi.


Quel regard portes-tu sur la critique rock en général ? Y a-t-il un avenir de ce côté ?


"Demain sera vain" dit Grandval… Pour le dire à la Bourdieu, les chroniqueurs de musique rock c’est comme les journalistes sportifs qui sont des déclassés du journalisme. Ça n’empêche pas d’être un bon chroniqueur ou un excellent auteur d’ouvrage n’est-ce pas ? (rire). Pour autant, depuis quelques années, la multiplication des webzines, des gens qui se revendiquent chroniqueurs, de plus en plus d’individus qui s’autorisent sur les réseaux de donner un avis comme si c’était celui d’un chroniqueur… On se trouve dans un flux d’infos contradictoires, et dans un monde postmoderne où tout semble se valoir alors qu’il y a quand même des avis plus informés que d’autres… Le chroniqueur n’est plus la référence, il est moins audible que celui qui crie au Facebook du commerce ou fait des blagues. C’est donc une position compliquée et je ne vois pas trop comment elle peut évoluer, surtout qu’il y a un manque de professionnalisme à tous les niveaux (travail de préparation, d’écriture, de présentation, tous supports confondus…). Ça devient compliqué de trouver des choses bien sur tous ces aspects, même si on trouve : la preuve on y est (rire). Ça peut paraître prétentieux mais ce n’est pas le but, il y a beaucoup de médiocrité, et ça ne rend service ni à la chronique, ni aux chroniqueurs, ni aux musiciens… Mais restons positif ! Il y a encore des gens formidables qui écrivent, et bien, sur un genre musical qui  les passionnent. Alors, merci à toi et à Album Rock de nous avoir ouvert vos colonnes !

Chronique de Eau I Feu


Nous sommes habitués aux compagnies cinématographiques qui surexploitent des licences livresques en faisant courir sur plusieurs films leur adaptation d’un seul ouvrage afin d’en tirer le maximum de revenus. Les trilogies deviennent facilement des tétralogies, voire davantage … Ainsi, quand le contrat de départ est respecté alors qu’il aurait pu sans problème être rompu avec de solides arguments, il convient de le souligner. 


Granval termine donc ce qu’il avait envisagé dès le départ comme un triptyque, en réunissant les deux derniers éléments, l’eau et le feu, qui succèdent au ciel (l’air ?) et à la terre. Moins opposés qu’ils ne sont complémentaires, ils sont au cœur d’un mouvement dialectique aboutissant vraisemblablement dans une forme de basalte musical, forme solidifiée (par l’eau) mais sublimée de la lave (le feu). La mise en relief de l’Auvergne volcanique, chère au musicien, se poursuit et nous pourrions voir dans cette évocation du feu la volonté de symboliser un geste prométhéen, dernier titan plus "humain" que Gaïa et Ouranos précédemment célébrés. 


La pochette, réalisée par l’artiste, est moins typée rock progressif, école stylistique dans laquelle s’inscrit Grandval depuis ses débuts, mais celui-ci avait pensé un dernier opus un peu libéré de ce genre après tout très codé. Cela se réalise au profit d’une inclinaison vers la chanson française voire la variété (sans aucun jugement de valeur), déjà présente en creux sur les deux premiers albums ; un processus dont on avait eu un témoignage à travers sa reprise de Christophe en guise de mise en bouche. Ainsi, les premières secondes de "Ferimur", où les murmures en latin se perdent dans des cris de cour de récréation, pourraient évoquer Thiéfaine, un artiste qui, semble-t-il, inspire en partie Grandval comme on peut l’entendre sur "Heinrich (Un Monde Bien Etrange)" (avec des paroles alambiquées) ou "Aqua et Igni", mais plutôt dans ses albums les plus récents (plus proches de la chanson française, moins rock et moins hermétiques dans les paroles). On peut également évoquer Miossec, sur la conclusion mélancolique "Fin de Partie", mais on ne se risquera pas à multiplier les références au risque de tomber à côté et de pécher par nos connaissances limitées en la matière. 


En outre, il est vrai qu’un titre comme "Il Neige Encore", jouant sur une mélodie entre majeur et mineur, est résolument du côté de la variété française, de même que "Les Jours Innocents", très années 1980 ; en général, les parties chantées s’inscrivent dans ce genre. Notons que le chant emprunte plusieurs registres, certains moins confortables quand il s'agit de monter dans les aigues ("Les Jours Innocents"), d'autres plus maitrisés quand les titres sont plus graves et scandés ("Aqua et Igni"). 


Tout cela est au service de textes souvent sombres, hantés par la camarde à la présence aussi fugace qu’oppressante. Souvent implicites, en forme de sous-entendus, les paroles mêles références littéraires (on osera un Isidore qui renvoie à Lautréamont ?) ou mythologico-religieuses, où les éléments croisent la route de toute une faune aussi bien humaine qu’animale. Une fin de trilogie qui n’adopte pas le registre irénique de la "Fin de l’histoire". 


Néanmoins, en ce qui concerne les aspects instrumentaux, on baigne toujours dans le rock progressif. Tout d’abord, rappelons que, comme pour brouiller les pistes, celles-ci sont parfois très longues – certes, de même que l’habit ne fait pas le moine, la longueur ne fait pas la progressivité. En l’occurrence, cela laisse le temps pour développer des longues phases instrumentales : "Erable et Chêne" se veut parfois planant, néo-progressif voire jazzy même (dans la seconde partie du titre), "Heinrich (Un Monde Bien Etrange)" avec ses thèmes enjoués s’inscrit dans la scène symphonique française (Ange n’aurait pas renié ce genre de mélodie) et propose des nappes de claviers yessiennes avec de multiples variations. Même un morceau assez court comme "Les Jours Innocents" apporte son lot satisfactions grâce à une très bonne idée : le passage d’un solo aux sonorités de claviers analogiques vers quelque chose de plus synthétique typiquement néo-prog’, comme une transition des années 1970 aux années 1980. De plus, comment ne pas évoquer l’intervention d’un autre Auvergnat (les plus intransigeants diront Velave), Jean-Pierre Louveton, que les amateurs de la scène progressive francophone connaissent bien pour ses travaux sous ses initiales (JPL) ou avec Nemo. Il occupe plusieurs postes sur cet album, mais brille particulièrement sur "Aqua et Igni". Bref, Eau/Feau n’abandonne en rien le rock progressif qui fait le cœur de l’œuvre de Grandval. 


L’eau et le feu, le rock progressif et la variété/chanson française, deux pôles et deux inspirations autour desquels Grandval conclue sa trilogie … Reste à savoir si cette hybridation perdurera ou si des choix seront effectués dans l’avenir, mais ça, c’est encore une autre histoire, peut-être même une autre trilogie …

Commentaires
Loloperso, le 07/03/2022 à 20:22
Très bonne interview. Pointue et passionnante. Et chronique juste. De mon côté je coince un peu sur la voix mais musicalement c'est fort.
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